C'est dans l'Etat de l'Oregon -- où se situe la ville de Portland -- que l'on s'inquiète le plus. Le Bootleg Fire, un brasier déjà plus grand que la ville de New York, ne cesse de grossir, sans signe de répit à venir. Plusieurs habitations ont déjà été détruites.

"J'ai vu les flammes se propager sur le flanc de la falaise à environ un kilomètre de chez nous et j'ai reçu l'appel me disant de plier bagage et de partir. Alors j'ai mis ce que je pouvais dans le camion avec les deux chiens et nous sommes partis", a confié à l'AFP Frank Lee Smith, habitant du comté de Klamath.

"Nous continuons d'utiliser toutes les ressources, des bulldozers aux bombardiers d'eau, pour intervenir là où c'est possible", a assuré Rob Allen, en charge de la gestion des feux de la zone. Mais il prédit que les "conditions chaudes, sèches et venteuses vont s'aggraver pendant le week-end", rendant leur tâche encore plus ardue.

Très proche de la Californie, l'incendie menace aussi le réseau électrique de cet Etat et les autorités veulent à tout prix éviter que des millions de personnes soient plongées dans le noir, comme ce fut le cas les années précédentes.

Le gouverneur californien Gavin Newsom a donc annoncé l'envoi de renforts dans l'Oregon, tout en s'alarmant des multiples incendies auxquels les pompiers de Californie doivent déjà faire face.

Orages secs

"Le changement climatique favorise le développement d'incendies de plus en plus dangereux et destructeurs à travers l'Ouest américain", déplorent les services californiens de gestion des urgences.

D'autant qu'au cercle vicieux dans lequel l'Ouest américain est plongé cet été -- des canicules à répétition et une sécheresse qui transforment la zone en poudrière -- devrait s'ajouter un nouvel élément perturbateur ce week-end: la foudre.

"Je suis assez inquiet des orages secs qui pourraient tomber dimanche et lundi", a fait savoir Daniel Swain, spécialiste du climat à l'Université de Californie Los Angeles (UCLA).

Ces orages, non accompagnés de pluie, sont souvent à l'origine de nouveaux départs de feux.

La situation n'était pas beaucoup plus clémente de l'autre côté de la frontière, au Canada. Chaleur, incendies... un cocktail comparable faisait redouter le pire aux autorités.

Plus de 100 pompiers mexicains doivent arriver samedi à Toronto pour combattre les incendies du nord-ouest de l'Ontario. Cette province, la plus peuplée du Canada, comptait plusieurs dizaines de feux de forêt, dont certains s'étendaient sur quelque 20.000 hectares.

Des avertissements de chaleur ont aussi été émis pour plusieurs provinces, de l'Alberta à l'Ontario. Des alertes sur la qualité de l'air, liées à la fumée des incendies, ont été déclenchées dans la moitié des dix provinces du pays.