Le président du Conseil européen, Charles Michel, a qualifié d'"inacceptable" l'interpellation de l'opposant russe Alexei Navalny à son arrivée à Moscou. "J'appelle les autorités russes à sa libération immédiate", a-t-il écrit dimanche soir sur Twitter.


"Notre message est fort au sujet de l'arrestation d'Alexei Navalny. Ses droits doivent être respectés. Il doit être libéré", a tweeté dimanche soir la ministre belge des Affaires étrangères, Sophie Wilmès.


"L'arrestation d'Alexei Navalny est une offense à la communauté internationale et à l'Europe qui a contribué à lui sauver la vie", a tweeté de son côté le président du parlement européen David Sassoli en assurant être prêt à inviter l'opposant russe au parlement européen.


"M. Navalny doit être libéré immédiatement, et les auteurs de cette attaque scandaleuse contre sa vie doivent être tenus responsables", Jake Sullivan, futur conseiller à la sécurité nationale du président élu américain Joe Biden. "Les attaques du Kremlin contre M. Navalny ne sont pas seulement une violation des droits humains, mais un affront au peuple russe qui veut que sa voix soit entendue", a-t-il tonné sur Twitter.


Plusieurs parlementaires américains ont également condamné cette interpellation et appelé à la remise en liberté de l'opposant de 44 ans. Le gouvernement américain n'avait, lui, pas encore réagi à la nouvelle. Sollicité par l'AFP, le département d'Etat n'a pas donné suite immédiatement.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a appelé lundi la Russie à "libérer immédiatement" l'opposant Alexei Navalny à la suite de son arrestation dimanche dès son arrivée à Moscou depuis l'Allemagne. Alexei Navalny, rétabli après un empoisonnement présumé en août, "a pris la décision consciente de retourner en Russie parce qu'il y voit sa maison personnelle et politique", et le fait qu'il ait été arrêté par les autorités russes dès son arrivée "est totalement incompréhensible", selon M.Maas.

"Il restera en détention jusqu'à la décision du tribunal"

Les services pénitentiaires russes (FSIN) ont confirmé dans un communiqué avoir arrêté M. Navalny, à qui ils reprochent d'avoir violé les conditions d'une peine de prison avec sursis dont il a écopé en 2014, alors qu'il se trouvait ces cinq derniers mois en convalescence en Allemagne suite à un empoisonnement présumé.

Le FSIN a précisé que M. Navalny, 44 ans, "figure sur une liste des personnes recherchées depuis le 29 décembre 2020 pour de multiples violations de sa période probatoire". "Il restera en détention jusqu'à la décision du tribunal" sur son cas, ajoute-t-il, sans préciser à quelle date elle pourrait avoir lieu.


Plusieurs proches alliés de M. Navalny ont également été arrêtés dimanche à Moscou.

Charismatique militant anti-corruption et ennemi juré du Kremlin, M. Navalny estime qu'il a été en victime en août d'un empoisonnement par les services de sécurité russes (FSB) sur ordre du président Vladimir Poutine.