La couverture montre Erdogan en slip dans son fauteuil, une canette à la main, alors qu'il soulève avec son autre main la robe d'une femme voilée. Cette dernière, en arrière-plan, s'écrie "Ouuuh! Le Prophète! ". La Une est titrée "Erdogan, dans le privé, il est très drôle".


Ces derniers jours, des propos violents ont été échangés entre M. Erdogan et son homologue Français Emmanuel Macron, après la décapitation d'un professeur d'Histoire qui a montré, lors d'un cours, des caricatures de Mahomet réalisées par Charlie Hebdo. Les mots de M. Macron sur le sujet ont été désapprouvés par Ankara, et M. Erdogan a appelé mardi au boycott des produits français.

M. Macron a défendu à plusieurs reprises la liberté d'expression et la liberté de publier des caricatures.

Début septembre, Charlie Hebdo a réédité ses caricatures de Mahomet, controversées dans certaines parties du monde musulman.

La rédaction de l'hebdomadaire a fait l'objet d'une attaque terroriste en 2015 par des islamistes radicaux dans lequel 12 personnes sont décédées.

Vive réaction d'Ankara

La Turquie a vivement réagi mardi à la caricature, accusant l'hebdomadaire satirique français de "racisme culturel". "Nous condamnons cet effort tout à fait méprisable de la part de cette publication pour répandre son racisme culturel et sa haine", a déclaré le principal conseiller pour la presse du président turc, Fahrettin Altun, sur Twitter.

Il a présenté cette publication comme le résultat du "programme anti-musulman du président français Macron". La caricature, diffusée en ligne mardi soir, montre M. Erdogan, en T-shirt et sous-vêtements, en train de boire une bière et de soulever la jupe d'une femme portant le voile, dévoilant ainsi ses fesses nues.

Une polémique très vive oppose depuis des semaines le président Emmanuel Macron et son homologue turc, ce dernier étant allé jusqu'à mettre en doute "la santé mentale" du président français à propos de ses prises de position sur l'islamisme radical et la liberté d'expression.

Charlie Hebdo avait publié des caricatures du prophète Mahomet en 2006 -- comme d'autres journaux européens -- pour défendre la liberté de la presse après que leur publication par un quotidien danois avait provoqué la colère de nombreux musulmans. L'hebdomadaire avait été victime en 2015 d'un attentat djihadiste qui avait fait 12 morts dont des journalistes et caricaturistes du journal.