Christiane Taubira pourrait-elle être la sauveuse de la gauche, véritablement à la peine dans les sondages? Depuis quelques jours, les rumeurs vont bon train concernant une éventuelle candidature de l'ancienne ministre de la Justice à la présidentielle de 2022.

"Elle réfléchit à la situation politique", a en effet confié une source proche de Christiane Taubira à nos confrères de BFM TV ce mardi. "Christiane ne peut pas regarder Villepinte (où s'est tenu le premier meeting de campagne d'Eric Zemmour, ndlr) et se dire que la situation ne la concerne pas", a encore témoigné une autre source anonyme au média français.

L'ancienne garde des Sceaux aurait ainsi récemment quitté sa Guyane natale pour rejoindre Paris, où elle multiplierait les rendez-vous et les appels téléphoniques avec des grands noms de la gauche pour réfléchir à une stratégie commune. Parce que si Christiane Taubira se présente, ce ne serait pas pour faire de l'ombre aux autres candidats de gauche, mais bien pour unifier le mouvement. L'ex-ministre souhaiterait en effet organiser une "primaire populaire", une initiative qui permettrait d'obtenir une candidature unique et ainsi tenter de faire barrage à l'extrême-droite.

Les derniers sondages en date ne font en effet pas la part belle aux candidats de gauche. Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise), Anne Hidalgo (PS) ou encore Yannick Jadot (EELV), crédités respectivement de 8, 7 et 3% des intentions de vote, ne ferait en effet pas le poids face aux candidatures des extrêmes Marine Le Pen (15%) ou Eric Zemmour (14%), et encore moins face à celles du président sortant Macron (23%) et de la candidate fraîchement désignée des Républicains Valérie Pécresse (20%), de plus en plus populaire dans le paysage politique français.

Réticences du PS et des Verts

Toutefois, à gauche, la candidature surprise de Christiane Taubira ne semble pas la bienvenue. "Une candidature de Christiane Taubira ne ferait qu'ajouter une nouvelle prétendante", ont ainsi déploré des cadres du PS à BFM TV. "Elle avait une opportunité il y a six mois. On ne va pas à la présidentielle à reculons", a pour sa part fustigé un membre de la campagne de l'écologiste Yannick Jadot.

Si la candidature de Christiane Taubira venait à être officialisée, encore faut-il qu'elle fasse mieux qu'à la présidentielle de 2002, où elle n'avait recueilli que 2,32% des suffrages.