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C'est en tout cas le nouvel élément qu'affirme l'ancien coach du boxeur pro qui a molesté un policier samedi. Christophe Dettinger s'est rendu à la police. Il est en garde à vue, selon BFM TV.

Les images sont fortes. Symboliques, même. D'un côté, un civil, équipé de seuls gants, sans protection, qui boxe violemment un CRS lors des derniers affrontements entre les forces de l'ordre et les gilets jaunes, sur la passerelle Léopold Sédar Senghor, à Paris. De l'autre, le CRS, casqué, protégé par son bouclier, qui recule. Et qui déguste. Pour d'aucuns, la métaphore de la lutte des gilets jaunes contre l'autorité, le gouvernement, le pouvoir, la police, ne pouvait bénéficier d'un meilleur story-telling.


En attendant, la vidéo est devenue virale en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. L'homme, lui, a été identifié : il s'agit de Christophe Dettinger, ancien champion de France dans la catégorie des lourds-légers en 2007 (entre 79 et 90 kg). Titre qu'il a défendu en 2008. Mesurant 1m92 pour plus de 90 kilos, celui qui se fait surnommer "le gitan de Massy" s'est illustré sur deux vidéos diffusées samedi : celle où il fait reculer la charge des CRS à la force de ses poings, une autre où il frappe, à coup de pieds, un agent en difficulté, au sol.


Dans le même temps, à 800 km de là, du côté de Toulon, la violence prouvait qu'elle n'avait pas choisi son camp avec certitude, puisque le policier décoré (en janvier 2019) Didier Andrieux, commandant divisionnaire et responsable des policiers en tenue de Toulon, s'illustrait, lui aussi à visage découvert, en train d'asséner de violents coups de poing, tour à tour, à un manifestant plaqué contre un mur et à un autre allongé sur le pare-choc d'une voiture.


Le préfet du Var a saisi l'IGPN (la police des polices hexagonale) pour faire la lumière sur le second individu, policier. Le premier, le boxeur pro, restait introuvable à l'heure d'écrire ces lignes. Un syndicat de commissaires de police ainsi que le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner ont réagi dans la soirée sur les réseaux sociaux, en dévoilant sa photo, et en promettant une suite judiciaire à l'affaire. La fédération française de boxe a condamné le geste de celui qui n'est plus licencié depuis 2013 déjà.

Voyou ou héros ?

Alors que les avis divergent quant à la motivation réelle de l'ex-champion de boxe Dettinger, un nouvel élément est apporté ce lundi matin, notamment sur les ondes de RMC, au micro de Jean-Jacques Bourdin : l'ex-coach de Christophe Dettinger, Jacky Trompesauce, s'est dit "complètement surpris" par les images de son ex-protégé, "c'est un garçon que j'ai eu très jeune, il était irréprochable. Il respecte tout à fait et le noble art et les valeurs de vie.  Les images que j'ai vues ne montraient pas le Christophe Dettinger que je connais. Et je comprends désormais pourquoi : il y a eu un élément déclencheur à son attitude, dont j'ai pris connaissance cette nuit. On m'a téléphoné en me disant "le boxeur m'a défendu". Une femme aurait été agressée par les CRS."

Jacky Trompesauce, qui n'est pas parvenu à joindre son ancien protégé, a dirigé la dame vers l'avocat de l'ex-boxeur. "Je conseille à Christophe de se rendre auprès de la police le plus vite possible", a-t-il encore précisé au micro de "Bourdin matin".

Christophe Dettinger, 37 ans, risque jusqu'à 5 ans de prison. Il s'est fianlement rendu à la police ce matin, et serait, selon les infos de BFM TV, actuellement placé en garde à vue.