Interpellé par les autorités ce mercredi 12 février à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), le rappeur Sadek avait reconnu son implication dans l'agression de l'influenceur Bassem Braiki. Que risque-t-il ? L'avocat de la victime réagit!

Confronté à la police ce jeudi 13 février, le rappeur a confirmé son implication dans cette violente bagarre. Pour rappel, le parisien Sadek et sa bande se sont rendus au domicile de Bassem Braiki à Vénissieux (Lyon) dans la nuit du 10 au 11 février et l'ont tabassé à l'aide de matraques et d'armes de poing. Ce passage à tabac, dont Sadek s'est vanté sur ses réseaux sociaux, et que plusieurs vidéos circulant sur le web montrent, a eu lieu après de nombreux conflits via réseaux sociaux interposés.

D'ailleurs, l'une des dernières en date apporte de nouvelles révélations dans cette affaire macabre. David Metaxas, l'avocat de Bassem Braiki a révélé à Lyon Capitale que les agresseurs de son client possédaient des armes à feu. "Dans une nouvelle vidéo de la scène, qui vient de m'être communiquée, on peut voir l'un des agresseurs brandir une arme de poing au-dessus de la tête de mon client. Des douilles auraient été retrouvées. C'est une tentative de meurtre", a-t-il affirmé.

Aujourd'hui, Bassem Braiki est dans un état préoccupant, bien que son pronostic vital ne soit pas en danger. Il est toutefois sorti de l'hôpital.

Les excuses de Sadek, Metaxas s'en moque

Le lendemain des faits, Sadek a présenté ses excuses sur Instagram. Dans une longue vidéo, il explique que ce qu'il a fait était "de la merde".

Mais ces excuses, l'avocat de Bassem Braiki s'en moque éperdument. Lui, ce qu'il veut, ce sont des décisions rapides de la justice française. “Je veux qu'il entende que ses excuses, je les rejette catégoriquement. Qu'il les réserve pour la justice. Je demande au procureur d'agir vite parce que peu importe ce qu'il s'est dit et les clashs qu'il y a eu avant l'agression, ce qui s'est passé est inacceptable”, poursuit-il dans le média français. “Sa place n'est pas à dire sur Instagram qu'il a fait une connerie. Sa place est en garde à vue. Je lui demande d'arrêter toutes ses vidéos et d'aller voir les services de police. Je ne veux pas que ça s'envenime. Il y a des Lyonnais qui lui en veulent sur les réseaux sociaux”, a déclaré l'avocat.

"Il ne mérite pas de finir dans un bain de sang"

En revenant du passage à tabac, Sadek et sa bande se filmaient, fanfaronnant et chantant "Hey Ho, Hey Ho, on rentre du boulot" dans leur voiture, en affichant leurs mains pleines de sang en évidence.


Un comportement que l'avocat de Bassem a du mal à comprendre. “Le mec prend la pause, fier de lui avec du sang sur les mains, alors que quelqu’un est sur un lit d'hôpital. Je ne vois pas, même dans le « rap game », la fierté à retirer de ça. Bassem ne fait pas l'unanimité. Preuve en est, je l'ai défendu à plusieurs reprises. Et je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il dit. Loin de là. Mais il ne mérite pas de finir dans un bain de sang devant chez lui”, confie-t-il encore à Lyon Capitale.

Jusqu'à dix ans de prison et de lourdes amendes

David Metaxas a expliqué que le parquet s'est auto-saisi, étant donné que Bassem Braiki était dans l'incapacité physique de porter plainte. “Bassem n'a pas porté plainte parce qu'il n'en est pas capable physiquement du fait de son état de santé”, ajoute-t-il.

Sadek et sa bande encourent jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende.

Regain de tension et risques de vengeance : le concert de Ninho à Lyon ciblé ?

Au-delà du différend entre les deux hommes, dont l'origine repose dans le fait que Bassem se serait interposé alors que Sadek devait se produire en showcase à Lyon, il est à craindre que l'affaire, très suivie sur les médias sociaux, ne vire à la vengeance. De multiples appels en ce sens sont en train de tourner. 

Le concert de Ninho, star parisienne du rap français et proche de Sadek avec qui il a signé le featuring Madre Mia, est d'ailleurs sous haute-tension. Ninho doit se produire ce jeudi soir à la Halle Tony-Garnier de Lyon dès 20h. "Rdv devant à 18h, impossible de le laisser chanter, c’est une manifestation non pacifique on est clairs" peut-on notamment lire sur internet. "On va allumer la foule au mortier (feux d’artifice ndlr), ne soyez pas dans les parages", préviennent encore certains comptes sur Snapchat. Pour le moment, le concert semble maintenu malgré les craintes de débordements. La sécurité aux abords de la plus grande salle de concerts de Lyon devrait être renforcée, relate Lyon Mag.