La troisième captive de Cleveland , Michelle Knight, est sortie vendredi de l'hôpital


CLEVELAND La police fédérale à Cleveland a lancé vendredi un appel à témoins concernant deux autres disparitions d'adolescentes dans cette ville de l'Ohio (nord des Etats-Unis), où trois femmes séquestrées et violées pendant une décennie viennent d'être libérées. "A la lumière des événements récents à Cleveland, Ohio, avec le retour chez elles de Michelle Knight, Amanda Berry et Gina DeJesus, le FBI et la police de Cleveland ont reçu de nombreuses demandes concernant la disparition de Christina Adkins et de Ashley Summers", selon un communiqué du FBI.

Christina Adkins a été vue pour la dernière fois le 10 janvier 1995 à Cleveland, alors qu'elle avait 18 ans et était enceinte de cinq mois.
Ashley Summers a quant elle disparu près de son domicile de Cleveland le 6 juillet 2007, à l'âge de 14 ans.

Les forces de l'ordre "appellent le public en aide" pour progresser dans leurs enquêtes, ajoute le communiqué. Trois jeunes femmes, retenues captives depuis une décennie, ont été libérées lundi soir, quand l'une d'entre elles, Amanda Berry, a réussi à alerter un voisin.

Leur tortionnaire, Ariel Castro, a été inculpé mercredi de viols et de quatre séquestrations: celles d'Amanda Berry et de sa fille de 6 ans Jocelyn née pendant la captivité, de Gina DeJesus et de Michelle Knight.

La troisième captive de Cleveland est sortie de l'hôpital

La troisième captive de Cleveland (Ohio, nord des Etats-Unis), Michelle Knight, est sortie vendredi de l'hôpital où elle avait été admise lundi juste après sa libération, a confirmé un porte-parole de l'établissement.

La jeune femme de 32 ans "a bon moral et voudrait faire savoir combien elle est reconnaissante de la masse de fleurs et de cadeaux qu'elle a reçus", a annoncé par ailleurs le MetroHealth Medical Center de Cleveland, sur sa page Facebook.
"Elle demande que l'on continue à respecter sa vie privée", a ajouté l'hôpital.
Michelle Knight avait été libérée lundi soir par la police après qu'une des trois captives eut réussi à alerter un voisin de la maison dans laquelle elles étaient séquestrées depuis une dizaine d'années.

Leur tortionnaire, Ariel Castro, a été inculpé mercredi de viols et de quatre séquestrations: celles d'Amanda Berry et de sa fille de 6 ans Jocelyn née pendant la captivité, de Gina DeJesus et de Michelle Knight.
Michelle Knight avait été vue pour la dernière fois près de sa maison de Cleveland le 23 août 2002. Des trois jeunes femmes, elle a été le plus longtemps captive, près de 11 ans.

Elle a raconté aux policiers qu'elle était tombée enceinte "au moins cinq fois", selon CBS News. "Ariel Castro lui a fait perdre le bébé", selon le rapport de police qui fait référence au moins à une grossesse. "Il l'a affamée pendant au moins deux semaines et lui a donné des coups dans le ventre jusqu'à ce qu'elle fasse une fausse couche", selon CBS.

La Maison de l'horreur par Ariel Castro

Un accouchement le jour de Noël dans une piscine gonflable, de multiples fausses couches, des viols répétés et des coups: les trois jeunes femmes séquestrées par Ariel Castro à Cleveland dans l'Ohio, ont vécu des années de cauchemar avant leur libération lundi.

Ces violences "dépassent l'entendement", a renchéri le procureur Timothy McGinty, qualifiant la maison du suspect de "chambre des tortures".

Amanda Berry a d'abord cru que son tortionnaire voulait la "tester" quand il a oublié de fermer le cadenas de sa chambre lundi. Il avait sévèrement battu ses compagnes d'infortunes lorsqu'elles avaient tenté de s'enfuir par le passé. Mais Amanda, 27 ans, a décidé de prendre le risque de s'enfuir alors qu'Ariel Castro était parti au McDonald's, selon un premier rapport de police consulté par de nombreux médias locaux.

Enlevée la veille de son 17e anniversaire, Amanda Berry, qui durant sa captivité a donné naissance à une petite fille âgée aujourd'hui de six ans, s'est toutefois retrouvée bloquée devant la porte d'entrée, que Castro avait, elle, bien verrouillée.

Heureusement à cet instant, un voisin, Charles Ramsey, l'a entendue crier et est venue l'aider à enfoncer le bas de la porte pour qu'elle puisse s'enfuir. Amanda a alors pu appeler la police, qui s'est rapidement rendue sur place.

Les agents ont fini de défoncer la porte pour aller inspecter la maison. A leur arrivée en haut des escaliers, Michelle Knight, enlevée en 2002 à l'âge de 21 ans, "s'est précipitée dans les bras de l'agent Espada", poursuit le rapport de police, selon WKYC news.

Elle a alors commencé à pleurer en disant "Vous m'avez sauvée, vous m'avez sauvée!".

Les policiers lui ont demandé s'il y avait quelqu'un d'autre dans la maison, c'est alors que Gina DeJesus, kidnappée en 2004 à l'âge de 14 ans, est sortie de la chambre.

Enchaînées au sous-sol

Michelle Knight, la seule des trois jeunes femmes encore hospitalisée jeudi, a raconté aux policiers qu'elle était tombée enceinte "au moins cinq fois" durant ses presque 12 ans de captivité, selon CBS News, qui cite également le rapport de police.

"Ariel Castro lui a fait perdre le bébé", selon le rapport de police qui fait référence au moins à une grossesse. "Il l'a affamée pendant au moins deux semaines et lui a donné des coups dans le ventre jusqu'à ce qu'elle fasse une fausse couche".

Ce chauffeur de bus au chômage âgé de 52 ans et qui a fait profil bas jeudi matin lors de sa première présentation à un juge, a aussi acheté une petite piscine gonflable pour enfants dans laquelle Amanda Berry a accouché le 25 décembre 2006, selon ce que les jeunes femmes ont raconté à la police.

Il a contraint Michelle Knight à l'assister lors de l'accouchement, menaçant de "la tuer si le bébé ne survivait pas".

Selon Amanda Berry, Ariel Castro sortait parfois de la maison avec la petite Jocelyn, aujourd'hui âgée de 6 ans, mais il s'était assuré qu'elle ne connaissait pas les vrais noms de Michelle Knight et de Gina DeJesus pour éviter de faire naître les soupçons.

Les trois jeunes femmes ont aussi raconté qu'elles étaient enchaînées dans le sous-sol durant les premières années de leur captivité, avant d'être autorisées à vivre à l'étage sans être entravées, mais avec les portes fermées à clé.

A deux occasions seulement, elles ont pu sortir de la maison mais leur tortionnaire les avait déguisées avec des perruques pour les déplacer vers le garage.

La police reste cependant perplexe: comment se fait-il que les gens rendant visite à Ariel Castro au 2207 Seymour street n'aient jamais rien remarqué de suspect? Pourquoi les voisins n'ont-ils jamais rien entendu? "Ariel tenait tout le monde à distance", avait souligné mercredi le chef adjoint de la police de Cleveland, Ed Tomba.

"On ne sait pas encore à quel point Castro contrôlait ces jeunes femmes. Il va certainement nous falloir beaucoup de temps pour comprendre tout ça", avait-il ajouté.

Pour la mère du ravisseur, son fils est "malade"

Selon Kathleen DeMetz, avocate commise d'office du suspect, Ariel Castro devait être placé sous surveillance particulière pour éviter toute tentative de suicide.

Dans une lettre datant de 2004, retrouvée chez lui par la police, Ariel Castro affirmait être un "prédateur sexuel" et exprimait le désir de mettre fin à ses jours, ont rapporté des médias locaux.

"Je suis un prédateur sexuel. J'ai besoin d'aide", indique la note.

Dans une apparente référence aux victimes, la note dit: "Elles sont ici contre leur volonté parce qu'elles ont commis l'erreur de monter dans la voiture d'un total étranger". "Je ne sais pas pourquoi j'en cherche une autre, j'en ai déjà deux". Scott Taylor affirme aussi que le suspect exprime dans cette lettre sa volonté de se suicider et de donner toutes ses économies à ses victimes.

Lors de la brève audience de jeudi, les deux frères d'Ariel Castro, interpellés en même temps que lui mais contre lesquels aucune charge n'a été retenue dans cette affaire, ont été remis en liberté.

Ariel Castro avait été inculpé mercredi de viols et de quatre séquestrations: celles d'Amanda Berry et de sa fille de 6 ans Jocelyn, de Gina DeJesus et de Michelle Knight, libérées lundi soir grâce à l'aide d'un voisin.

La mère du suspect, Lillian Rodriguez, a déclaré aux médias locaux que son fils était "malade". "J'ai un fils malade qui a commis quelque chose de très grave. Je demande pardon aux mères" des trois jeunes femmes, a-t-elle dit.

© La Dernière Heure 2013