Le couvre-feu prolongé à Washington après une nouvelle nuit de troubles.

Le couvre-feu décrété à Washington après une nouvelle nuit de troubles a été prolongé et avancé de quatre heures, a annoncé lundi la maire de la capitale des États-Unis, Muriel Bowser. "Tous les Américains devraient être révoltés par le meurtre de George Floyd. Toutefois, les fenêtres brisées et les pillages sont en train d’éclipser (la conversation sur) les systèmes dysfonctionnels qui ont fait que nous en sommes là", a-t-elle dit en conférence de presse.

Des émeutes se sont déroulées aux abords de la Maison-Blanche, où le locataire a été mis un temps à l’abri.

Tiraillé, hésitant, les yeux rivés sur sa base électorale, Donald Trump cherche le ton juste face à la colère et aux manifestations, parfois violentes, qui secouent l’Amérique de Minneapolis à Los Angeles.

Au lendemain d’une sixième nuit de troubles marquée par des scènes de chaos, il a, d’un tweet laconique, "3 NOVEMBRE", affiché sa préoccupation centrale : l’élection présidentielle. Depuis des jours, le Président envoie des messages contradictoires face à l’embrasement des villes après la mort de George Floyd, Afro-Américain de 46 ans devenu le symbole des violences policières et des injustices raciales aux États-Unis.

Depuis samedi soir et le retour de Trump de Cap Canaveral, Washington bruisse de rumeurs d’une allocution présidentielle solennelle, dans un pays par ailleurs secoué par la pandémie de Covid-19 qui a provoqué une brutale crise économique et fragilisé les plus démunis.

Mais, reclus dans la Maison-Blanche, Donald Trump est resté invisible et muet dimanche, si l’on excepte une série de tweets visant tour à tour les médias ou les élus démocrates manquant à ses yeux de fermeté. Les images de l’extinction en fin de soirée d’une partie des lumières extérieures de la Maison-Blanche ont contribué à renforcer l’image d’un Président coupé du reste du pays. "Une allocution depuis le Bureau ovale ne va pas arrêter Antifa", a avancé Kayleigh McEnany, la porte-parole de la Maison-Blanche, en référence à la mouvance d’extrême gauche à laquelle Trump attribue les violences des derniers jours.

Dans ses autres tweets matinaux, le milliardaire n’a pas, loin s’en faut, opté pour un registre apaisant. Il a cité un animateur de Fox News mettant hors de cause les suprémacistes blancs dans les violences. Et il a attaqué son adversaire démocrate Joe Biden, assurant que ses proches étaient des membres de la "gauche radicale" qui essayent "de faire sortir les anarchistes de prison, et probablement plus".

Dimanche, la maire démocrate d’Atlanta, Keisha Lance Bottoms, s’est alarmée du manque de "leadership" du locataire de la Maison-Blanche en cette période de violentes secousses pour l’Amérique. "Il aggrave la situation […] C’est comme si Charlottesville recommençait", a-t-elle estimé.

Tim Scott, seul sénateur républicain noir, a estimé ce week-end que certains des tweets présidentiels n’étaient "clairement pas constructifs".