WASHINGTON L'aventure a bien failli tourner court.

Le candidat Clinton avait promis de mettre en oeuvre un ambitieux programme de réforme d'un système de santé laissant trop d'Américains sur le carreau. Le président Clinton n'a pas oublié cette promesse. La First Lady en personne est même chargée de superviser cette ambitieuse réforme. Et pourtant, en septembre 94, les époux Clinton doivent s'avouer vaincus.

Le retour de bâton est terrible. En novembre, les républicains s'offrent une écrasante victoire lors des élections de mid-term. Ils prennent pour la première fois depuis 40 ans le contrôle de la Chambre et du Sénat. Maison-Blanche et Congrès se tancent. En décembre 1995, la guerre de tranchée débouche sur des hostilités ouvertes: les administrations doivent mettre la clé sous la porte en raison de l'impasse budgétaire opposant le président démocrate à la majorité républicaine. C'est à cette occasion que Bill Clinton croisera le regard de Monica Lewinsky.

A l'époque, plus personne ne misait sur les chances de Bill Clinton de remonter le courant. Et pourtant, il prouvera bien, deux ans plus tard, que son surnom de come-back kid n'est vraiment pas usurpé.

Pour cela, Bill Clinton met résolument le cap vers le centre, s'écartant des idées trop libérales défendues au début de sa présidence. L'hôte de la Maison-Blanche s'inspire alors de thèmes chers aux républicains, en se faisant notamment le champion de l'équilibre budgétaire et de la réduction des services gouvernementaux, et en démantelant partiellement le système d'aide sociale. Il y a d'ailleurs aujourd'hui plus d'Américains sans couverture sociale qu'en 1992.

Une défaite d'Al Gore à l'élection présidentielle serait également un échec pour Bill Clinton, qui s'est attelé de longue date à placer son vice-président sur une rampe de lancement. L'hôte de la Maison-Blanche n'a d'ailleurs pas ménagé ses efforts au cours des derniers jours afin de pousser la communauté noire, par exemple, à se rendre massivement aux urnes afin de soutenir son poulain.

Une victoire de George W. Bush et le maintien d'une majorité républicaine au Congrès seraient une petite catastrophe car ce scénario permettrait au GOP de détenir pour la première fois depuis 1954 les trois branches du pouvoir exécutif et législatif. Même si une certaine Hillary Clinton devrait sauver l'honneur.