"Le gouvernement fera de nouveaux pas dans le sens d'une politique de différenciation bilatérale et multilatérale à l'égard des colonies israéliennes. Il travaillera au niveau multilatéral et de l'UE ou, le cas échéant, avec un groupe significatif d'États partageant les mêmes vues, sur une liste de contre-mesures efficaces et proportionnées en cas d'annexion du territoire palestinien par Israël et sur une possible reconnaissance en temps utile de l'État palestinien", est-il écrit dans l'accord négocié entre socialistes, libéraux, écologistes et le CDV.

L'an passé, le Haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borell, avait annoncé l'élaboration d'une liste de contre-mesures proportionnées. Cette liste fait toujours défaut alors que le conflit israélo-palestinien connaît une recrudescence inquiétante. "Si l'UE se montre trop lente, nous devons rechercher une coalition d'Etats membres qui sont sur la même longueur d'ondes pour être en mesure de prendre ces sanctions. On peut continuer à condamner les violations mais il s'agit maintenant d'une mise au défi permanente", a souligné Mme Van Hoof.

La députée démocrate-chrétienne appelle le gouvernement à prendre l'initiative au sein de l'UE. "Les temps sont mûrs pour demander à l'Union européenne l'état des lieux de cette liste. Et si celle-ci ne vient pas, nous devons jouer un rôle précurseur", a-t-elle ajouté.

Le PS demande à la Belgique de poser des actes forts. "La Belgique et l'Union européenne doivent désormais aller au-delà des postures et des condamnations de principe! La radicalisation israélienne rend les déclarations de principe totalement dérisoires! Nous devons agir rapidement en posant des actes forts en mettant rapidement en œuvre l'accord de gouvernement. Il est urgent d'établir une liste de sanctions, y compris économiques, efficaces contre la politique d'annexion des territoires palestiniens et d'approfondir les mesures de différentiation pour exclure les colonies israéliennes des relations bilatérales entre Israël, la Belgique et l'Union Européenne. Le PS demande également à ce que la Palestine soit, enfin, reconnue comme un État à part entière par la Belgique et les communautés européenne et internationale", a déclaré le député Malik Ben Achour.

Ecolo appelle aussi à des sanctions, par la voie internationale mais également bilatérale, en impliquant la Belgique. "C'est un engagement clair dans l'accord de coalition. Les réactions tièdes de la communauté internationale n'ont rien donné. Cette impunité doit cesser", a déclaré le député Simon Moutquin.

Les Verts demandent également la reconnaissance de l'État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale et une politique de différenciation entre Israël et les territoires illégalement occupés. "L'interdiction des importations ou l'étiquetage de produits des colonies, ainsi que des sanctions contre les décideurs israéliens associés à la politique d'occupation, peuvent créer une pression efficace. Dans tous les traités bilatéraux entre notre pays et Israël, une distinction doit également être faite entre Israël et les territoires occupés", a ajouté M. Moutquin.

Jusqu'à présent, la Belgique n'a pas évoqué la possibilité de sanctions contre Israël. "La violence à Jérusalem-Est est inacceptable. La Belgique appelle au respect du statu quo des lieux saints, du droit international et des droits humains. Nous condamnons les tirs de roquettes depuis Gaza et les raids israéliens. Nous en appelons à une désescalade immédiate", a déclaré sur Twitter la ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, en début de journée.