Qui fait quoi à l'ambassade du Congo à Bruxelles?

BRUXELLES L'ambassade de la République démocratique du Congo (RDC) ne quitte décidément plus le devant de la scène. Au lendemain de l'annonce de la saisie par la justice belge de la villa de l'ancien ambassadeur de la RDC en Belgique, c'est le fonctionnement même du poste diplomatique congolais qui suscite quelque étonnement.

Début juillet dernier, l'ambassadeur Kisonga Manzakila est rappelé à Kinshasa. Par cette mesure, le régime Kabila entend protester contre le mandat d'arrêt international lancé par le juge Damien Vandermeersch contre le ministre congolais des Affaires étrangères Abdoulaye Yerodia.

Avant de quitter Bruxelles, l'ambassadeur désigne M. Kasongo Numbi en tant que chargé d'affaires comme la loi l'y autorise tant qu'il est en poste. Nous sommes mi-juillet. Un mois plus tard, changement total de cap. L'ex-ambassadeur nomme M. Hamuli Mupenda comme nouveau chargé d'affaires. Le hic, c'est qu'à cette époque, M. Kisonga n'est plus en mesure légalement d'entreprendre une telle démarche. Pour l'ambassade du Congo à Bruxelles, pas de doute, M. Hamuli devient pourtant le nouvel homme fort des lieux.

Les autorités belges, censées recevoir une notification de leurs collègues congolais sur ces jeux de chaises, ne voient jamais rien venir. `Nous avons reçu un courrier de l'ambassade fin août. Rien venant de Kinshasa´, confirme-t-on simplement au ministère des Affaires étrangères. Conclusion: officiellement la Belgique ne peut reconnaître ni M. Kasongo ni M. Hamuli. Officieusement, à l'ambassade, deux chargés d'affaires se sont déjà succédé.

Enfin la notification officielle!

Lundi dernier, tout est de nouveau chamboulé. Le ministère belge des Affaires étrangères reçoit une notification émanant du vice-ministre congolais des Affaires étrangères désignant M. Kasongo au poste de chargé d'affaires. `Nous avons reçu ce courrier lundi matin par fax, enchaîne-t-on chez Louis Michel. Nous avons demandé à notre ambassade à Kinshasa de prendre des renseignements sur place pour savoir exactement ce qui se passait´. Pourquoi cette précaution? `Ces informations, qui nous sont parvenues en bonne et due forme, étaient contraires aux dernières données qui nous étaient parvenues de l'ambassade de la RDC à Bruxelles´, continue-t-on à la chancellerie belge. `Un complément d'information qui ne doit en aucun cas être regardé comme une volonté de s'immiscer dans la politique congolaise´, insiste le porte-parole des Affaires étrangères qui insiste sur le souhait belge de pouvoir enfin disposer d'un interlocuteur officiel à Bruxelles.

M. Kasongo serait-il ce nouveau chargé d'affaires? Pas si simple évidemment! Entre-temps, un nouveau courrier serait arrivé à l'ambassade du Congo. Son contenu? Motus et bouche cousue à l'ambassade. M. Hamuli se contente de confirmer: `J'ai été confirmé dans mon poste par le ministre des Affaires étrangères (Nd lR: M. Yerodia). Actuellement, je ne veux pas aller plus loin dans les commentaires, c'est un problème qui ne concerne que l'autorité congolaise. C'est un simple problème administratif qui a été réglé. Actuellement, c'est le statu quo. Un courrier officiel devrait parvenir dans les prochains jours au ministère belge des Affaires étrangères.´

Un simple problème administratif réglé en deux coups de cuiller à pot? Pas vraiment! Si la Belgique doit reconnaître un interlocuteur, elle ne peut actuellement que supporter M. Kasongo (qui a refusé tout commentaire). Mais à l'ambassade du Congo, on ne reconnaît que M. Hamuli, un homme `qui a reçu tout récemment ses papiers diplomatiques en tant que ministre conseiller

Une fois de plus, tout cela ne fait pas très sérieux. Qui pourrait avoir intérêt, à Kinshasa, à compliquer ainsi les relations belgo-congolaises?

Les affaires étrangères ripostent