A Paris, où quatre cortèges devaient arpenter les rues, quelques milliers de personnes, dont de nombreux "gilets jaunes", ont manifesté entre la gare de Lyon (XIIe arr.) et le Sacré Coeur (XVIIIe), alors que d'autres ont répondu à l'appel de Florian Philippot (extrême droite) dans l'ouest plus cossu.

Au total, entre 60.000 et 80.000 personnes devaient se mobiliser à travers 185 cortèges dans toute la France, marquant un net fléchissement par rapport au début du mouvement, entamé mi-juillet.

"Je manifeste contre Macron et ses mesures liberticides. Moi je ne suis pas vacciné, je n'ai pas confiance, mais je serai peut-être obligé si les tests deviennent payants", a relaté Tristan, retraité de 72 ans, "gilet jaune de la première heure", dans la manifestation parisienne.

Dans le cortège, selon un journaliste de l'AFP, un homme déguisé en Jésus Christ portait une croix en forme de rails sur laquelle était écrit "Halt pass" ainsi que "Arbeit Macht Frei" (Le travail rend libre), inscription qui figurait à l'entrée de camps de concentration et d'extermination nazis.

A Marseille, quelque 800 manifestants, selon la préfecture, ont défilé dans le centre-ville depuis le Vieux-Port. Il s'agit de la plus faible participation pour ces manifestations contre le pass sanitaire dans la cité phocéenne depuis le premier épisode de ce mouvement, le 17 juillet. Il y a une semaine, il y avait encore 1.500 manifestants, contre jusqu'à 6.000 en août.

La mobilisation était également en baisse à Nantes (1.100) et Rennes (650).

A Bordeaux, plus d'un millier de personnes ont défilé, selon la police -contre près de 3.000 au début du mois- derrière une banderole géante "Liberté, vérité, souveraineté".

Pour Aurore Laurent, une vendeuse de 24 ans, l'application du pass sanitaire s'apparente à "un chantage inadmissible" de la part du gouvernement, pour un résultat qui "ne fonctionne pas, comme on le voit en Israël, où beaucoup de vaccinés transmettent le virus", selon elle.

Selon les chiffres communiqués par les préfectures, 2.000 personnes ont manifesté à Montpellier, 1.200 à Strasbourg, un millier à Lyon, 950 à Metz, 900 à Lille (contre 2.1000 la semaine dernière) et 650 à Nancy.

A Reims, la préfecture a décompté 650 manifestants. Selon France Bleu, le chanteur Francis Lalanne y a pris la tête du cortège.

Un projet de loi pour proroger le pass sanitaire au-delà du 15 novembre sera présenté le 13 octobre en Conseil des ministres.

Ce pass est devenu obligatoire le 21 juillet dans les lieux accueillant plus de 50 personnes. Il a ensuite été étendu aux hôpitaux sauf urgences, aux bars et restaurants, aux grands centres commerciaux sur décision préfectorale et le 30 août aux 1,8 million de salariés au contact du public.

Le 30 septembre, il doit être étendu aux 12-17 ans.

Cette nouvelle journée de mobilisation intervient alors que plus de 50 millions de français ont reçu au moins une injection du vaccin et que la décrue des malades du Covid-19 se poursuit en France: vendredi 8.107 personnes étaient hospitalisées contre plus de 9.000 une semaine auparavant. Parmi ces patients, 1.586 se trouvaient en soins intensifs.

Le gouvernement a annoncé mercredi la levée à partir du 4 octobre de l'obligation du port du masque à l'école primaire dans les départements les moins touchés par l'épidémie du Covid-19.