En Europe, qui recense plus de 6,2 millions de cas de Covid-19 et près de 240.000 morts, la situation ne cesse d'empirer.

Couvre-feu en Allemagne 

L'Allemagne a recensé ce samedi 4.721 nouvelles contaminations au coronavirus, selon l'Institut de santé Robert Koch. Depuis le début de la crise du coronavirus, l'institut a comptabilisé 319.381 infections en Allemagne. 9.604 personnes personnes sont décédées et 273.500 personnes ont guéri du coronavirus. Des chiffres qui inquiètent: la chancelière Angela Merkel a prévenu que si le nombre des contaminations ne se stabilise pas dans les dix jours, le pays prendra de nouvelles mesures restrictives.

Confrontées à une hausse inquiétante des infections, de grandes villes allemandes dont Berlin instaurent à partir de ce samedi un couvre-feu qui alarme bars et restaurants.

A Berlin, les établissements devront fermer leurs portes à partir de samedi soir entre 23H00 et 06H00, une tranche horaire qui voit habituellement déambuler chaque week-end des dizaines de milliers de personnes dans la capitale où de nombreux bars restent ouverts toute la nuit.

Ce couvre-feu, qui concerne tous les magasins sauf les pharmacies et stations-service, sera en place au moins jusqu'au 31 octobre. La vente d'alcool dans les stations-service sera également prohibée.

Francfort a pris une mesure similaire, entrée en vigueur vendredi soir, avec la fermeture des bars et restaurants et l'interdiction de vente d'alcool entre 22H00 et 06H00.

Et samedi matin, c'est Cologne, la capitale de la région la plus peuplée, la Rhénanie du nord-Westphalie, qui a annoncé une mesure similaire à partir de 22H00.

Autre grande ville allemande, Hambourg a elle opté pour le port obligatoire du masque dans les lieux publics à partir de lundi.

Dans la Pologne voisine, également en proie à une hausse record du nombre d'infections, le port du masque dans les espaces publics sera obligatoire à compter de samedi, dans tout le pays.

"La deuxième vague est arrivée chez nous et nous devons l'affronter de manière ferme", a déclaré jeudi le Premier ministre Mateusz Morawiecki, expliquant que l'ensemble du pays de 38 millions d'habitants serait désormais considéré comme une "zone jaune".

Quelque 38 municipalités seront également considérées à partir de samedi comme des zones rouges, où des restrictions plus strictes s'appliquent aux rassemblements publics et familiaux.

La Pologne avait enregistré jeudi 4.280 contaminations et 76 décès, portant les chiffres globaux pour ce pays respectivement à 111.599 et 2.867.

En Tchéquie, les contaminations augmentent également rapidement. Samedi, 8.618 nouveaux cas ont été rapportés. Il s'agit du quatrième jour consécutif d'infections records. A partir de lundi, les théâtres, cinémas, musées, galeries et installations sportives seront fermés pour deux semaines afin de tenter de contenir la propagation du virus. Un confinement total n'est pas exclu par le gouvernement du Premier ministre Andrej Babis bien que le président Milos Zeman a déclaré dans un journal, samedi, que le pays ne pourrait pas supporter un nouvel arrêt de l'économie.

Le nombre d'infections journalières a atteint un record samedi en Autriche avec 1.235 contaminations. Le ministre de la Santé a indiqué que Vienne demeurait la zone la plus touchée avec 511 nouvelles infections en 24 heures. La situation dans les hôpitaux du pays reste toutefois stable.
Actuellement, il y a 10.800 cas actifs de coronavirus en Autriche.

Bouclage partiel à Madrid

La situation s'aggrave aussi en France : 20.339 nouveaux cas en 24 heures, un nouveau record, selon des chiffres officiels vendredi soir. Le conseil scientifique du gouvernement n'a pas exclu la possibilité de reconfinements locaux "si nécessaire".

Conséquence : quatre villes de l'Est et du Nord (Lyon, Grenoble, Saint-Etienne et Lille) passeront samedi en zone d'alerte maximale, synonyme de nouvelles restrictions, comme c'est déjà le cas à Paris et Aix-Marseille (sud).


Le gouvernement espagnol a de son côté décrété vendredi l'état d'urgence sanitaire dans la région de Madrid pour tenter de freiner l'augmentation du nombre des cas (+10.000 quotidiennement en moyenne ces derniers jours), rétablissant un bouclage partiel de la capitale annulé la veille par la justice. Les habitants de Madrid et ses environs ne peuvent plus sortir de leur ville que pour des raisons de première nécessité depuis le 2 octobre.

Au Royaume-Uni, de nouvelles mesures de restriction sont attendues pour lutter contre la propagation du virus, où le Premier ministre Boris Johnson doit détailler sa stratégie devant les députés lundi. Accusé de ne pas suffisamment informer les parlementaires de ses plans pour lutter contre le virus, le gouvernement a cette fois préparé le terrain.

Le conseiller stratégique de Boris Johnson, Edward Lister, a écrit aux députés du nord-ouest de l'Angleterre, particulièrement touché par la pandémie, pour les prévenir qu'il était "très probable" que des règles plus strictes soient appliquées dans "certaines régions".

"Le gouvernement discutera d'un ensemble de mesures avec les élus locaux qui présentent toutes des choix difficiles", ajoute-t-il dans cette lettre.

Situation catastrophique en Amérique latine

Dans le monde, la pandémie a fait au moins 1.063.346 morts et contaminé plus de 36,5 millions de personnes depuis fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP.

Elle a nettement accéléré dans presque toutes les régions du monde ces sept derniers jours (+315.000 nouveaux cas par jour au niveau mondial, soit 6% de plus que la semaine précédente), Europe en tête (+28%), à l'exception de l'Asie (-7%).

Globalement, ce sont l'Amérique latine et les Caraïbes qui connaissent "les pires conséquences économiques et sanitaires" de la planète en raison de la pandémie, a jugé vendredi la Banque mondiale, qui prévoit une baisse du PIB régional de 7,9% en 2020.

Sur ce continent, le Brésil devrait dépasser samedi le seuil des 150.000 morts du coronavirus, près de huit mois après l'apparition du premier cas, alors que le nombre de décès quotidiens continue lentement de baisser.

La moyenne quotidienne des nouveaux cas sur une semaine s'affaisse également, à 27.477 contre plus de 40.000 début septembre.

Ce pays immense de 212 millions d'habitants est le deuxième plus endeuillé au monde après les Etats-Unis, avec 149.639 morts et 5.055.888 personnes contaminées.

Aux Etats-Unis, le président Donald Trump va reprendre la campagne présidentielle interrompue par son infection au Covid-19 dès samedi à la Maison Blanche, avant un meeting lundi en Floride, alors qu'il est distancé dans les sondages par son adversaire démocrate Joe Biden et que le prochain débat présidentiel a été annulé.

Plans de relance

Une question cruciale restait toutefois sans réponse vendredi: Donald Trump, qui "pense" ne plus être contagieux, a-t-il été testé négatif?

Son pays reste le plus touché au monde, tant en nombre de morts (213.570) que de contaminations (plus de 7,6 millions), qui continuent d'accélérer.

La Russie a également battu vendredi un record de nouveaux cas quotidiens (+12.126). Les autorités russes disent actuellement ne pas prévoir de mesures de confinement majeures.


La pandémie a dévasté l'économie mondiale, poussant de nombreux pays à mettre sur pied des plans de relance.

Le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d'Europe, a ainsi annoncé vendredi de nouvelles aides ciblant les entreprises forcées de rester fermées à cause des restrictions, dont les employés seront indemnisés à hauteur des deux tiers de leur salaire.

Aux Etats-Unis, la Maison Blanche a grossi vendredi à près de 2.000 milliards de dollars son enveloppe pour un nouveau plan de relance de l'économie, espérant ainsi un accord avec les démocrates à trois semaines de l'élection présidentielle.