Le cap des 200.000 décès liés au Covid-19 a été franchi dimanche dans toute l'Union européenne ainsi que la Norvège, l'Islande, le Liechtenstein et le Royaume-Uni, qui forment l'Espace économique européen (EEE), selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Les chiffres publiés dimanche par l'ECDC rapportent un total de près de 4,8 millions de cas de contamination au coronavirus et de 200.587 morts.

C'est au Royaume-Uni que sont survenus la plus grande part des décès, avec plus de 43.000 personnes ayant perdu la vie. Il est suivi par l'Italie (36.474 décès), l'Espagne (33.775) et la France (33.392). La Belgique se trouve à la 5e place, avec 10.392 morts.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) compte quelque 53 pays dans la région "Europe". Le nombre de cas s'élève dans cette zone à 7,8 millions et le nombre de décès à 255.000. Des chiffres qui incluent notamment la Russie et l'Ukraine.

Israël s'apprête à lever certaines mesures de confinement

Israël s'apprête à lever à partir de dimanche certaines restrictions, dont un confinement, décidées il y a un mois pour contenir un taux de contamination au nouveau coronavirus qui était alors parmi les plus élevés au monde. "Nous sortons (du confinement) cette fois-ci avec prudence, selon le plan qui a été établi par les experts de santé et le ministère de la Santé", a déclaré samedi soir M. Netanyahu lors d'une conférence de presse diffusée par les médias locaux. "Si tout le monde suit les règles, je suis sûr que cela marchera", a-t-il ajouté, avertissant toutefois qu'en cas de détérioration de la situation, les restrictions seraient immédiatement rétablies.


Cette "première phase" de la levée des restrictions, qui doit s'étaler sur plusieurs mois jusqu'en février 2021, a été approuvée jeudi par le comité ministériel chargé du coronavirus et par le ministère de la Santé.

Selon la première étape du déconfinement qui débutera dimanche matin, les Israéliens pourront circuler en dehors de leur domicile au-delà d'un périmètre d'un kilomètre, se rendre les uns chez les autres en respectant les limitations de moins de 10 personnes à l'intérieur et 20 à l'extérieur, acheter des plats à emporter.

Les crèches et écoles maternelles pourront rouvrir, ainsi que les plages, les parcs nationaux, le mur des Lamentations, lieu de prière le plus sacré pour les Juifs, l'esplanade des Mosquées et l'église du Saint-Sépulcre.

Le confinement restera cependant en vigueur au moins jusqu'à mercredi minuit dans certaines villes "rouges", principalement ultra-orthodoxes, où les taux de contamination sont encore importants. Les crèches et écoles maternelles pourront cependant rouvrir dès dimanche dans ces villes, selon un communiqué conjoint samedi des services du Premier ministre et du ministère de la Santé.

Alors que le nombre de contaminations quotidiennes se situait entre 8.000 et 9.000 fin septembre, il est retombé sous la barre des 2.000 depuis mercredi, selon les chiffres du ministère de la Santé. Le ministère israélien de la Santé a officiellement recensé 301.896 malades, dont 2.141 décès depuis le début de l'épidémie et 1.695 nouveaux cas vendredi.

Israël s'était vanté de sa gestion de la pandémie lors de la première vague de contamination et avait rapidement levé les restrictions afin de remettre l'économie sur les rails. Mais le pays de neuf millions d'habitants a enregistré un des plus fort taux de contamination au coronavirus mondiaux en septembre, selon les données de l'AFP, et a imposé un confinement généralisé le 18 septembre, durci une semaine plus tard.

La Suisse impose des mesures pour endiguer un rebond des cas de Covid-19

Le port du masque sera obligatoire dès lundi dans les lieux publics fermés dans toute la Suisse, a annoncé dimanche le gouvernement fédéral, parmi d'autres mesures pour tenter d'endiguer le bond inquiétant des cas de Covid-19. "La forte augmentation du nombre de contaminations de ces derniers jours est inquiétante", note le Conseil fédéral dans un communiqué, qui précise qu'outre les masques, les rassemblements spontanés de plus de 15 personnes dans l'espace public seront interdits et que les manifestations privées de plus de 15 personnes seront également réglementées. Le gouvernement recommande aussi de recourir au télétravail.


Nouveau record de contaminations en Allemagne, le président en quarantaine

Un nombre record de nouvelles contaminations par le coronavirus en 24 heures a été enregistré en Allemagne pour le troisième jour consécutif, selon l'Institut de santé allemand Robert Koch (RKI). Au total, 7.830 personnes ont été diagnostiquées positives au cours des dernières 24 heures, a-t-il indiqué samedi.

Le nombre total de cas de contaminations au coronavirus en Allemagne s'élève désormais à 356.387. Au total, 33 patients sont décédés du Sars-CoV-2 au cours des dernières 24 heures, portant le total des décès à 9.767.

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier, autorité morale du pays, s'est mis en quarantaine samedi après que l'un de ses gardes du corps a été contrôlé positif au nouveau coronavirus, a annoncé l'un de ses porte-parole.

"Le président fédéral s'est mis en quarantaine aujourd'hui parce qu'un garde du corps a été testé positif au Covid-19", a indiqué son porte-parole à l'AFP.

Un premier test effectué samedi par le président s'est révélé négatif, a-t-il ajouté un peu plus tard.

La personne infectée fait partie du commandement de l'Office fédéral de la police criminelle et il s'agit d'une personne de contact au premier degré du président allemand âgé de 64 ans.

M. Steinmeier a été en contact avec cette personne "plusieurs jours" la semaine dernière, a précisé son bureau.


Fin mars, la chancelière Angela Merkel avait également pris la précaution de se mettre en quarantaine pendant près de deux semaines après avoir été en contact avec un médecin infecté.

Durant cette période, elle avait effectué trois tests au nouveau coronavirus, tous négatifs.

Selon son agenda, M. Steinmeier devait initialement remettre le Prix de la paix des libraires allemands dimanche, lors de la clôture de la Foire du livre de Francfort. De nouvelles mesures draconiennes entrent en vigueur en Europe

Interdiction de socialiser à Londres, couvre-feu en France, écoles fermées en Pologne: une nouvelle série de mesures draconiennes entre en vigueur samedi en Europe dans l'espoir de juguler la deuxième vague de la pandémie de Covid-19.

A Londres, il est interdit à partir de samedi de socialiser en intérieur avec des personnes extérieures à son foyer. Plus de 15.000 nouveaux cas ont été enregistrés vendredi au Royaume-Uni, le pays le plus endeuillé d'Europe (43.400 morts).

En France, les habitants d'une dizaine de grandes villes, dont Paris et sa banlieue, ont vécu vendredi leur dernière soirée de liberté avant l'instauration samedi d'un couvre-feu entre 21h et 6h. Cette mesure, qui restera en vigueur pendant au moins quatre semaines, a été prise alors que la circulation du virus s'emballe dans le pays: encore plus de 25.000 cas positifs ont été détectés en 24 heures vendredi.

Vendredi vers 22h00, les terrasses des brasseries et restaurants encore ouverts place de la République, dans le centre de la capitale, débordaient de tablées de jeunes, de bouteilles ouvertes et d'éclats de rire.

Des plus jeunes vers les plus âgés

"On va profiter le plus possible, un resto, tournée des bars et une petite marche avec les copains sur les Champs-Elysées", répond au nom de ses quatre amis Kurtys Magdelon, un étudiant de 19 ans. Un dernier selfie de groupe, tous apprêtés et masqués au pied de la statue de la République, et le petit groupe s'éloigne dans la nuit.

L'épidémie continue à se diffuser "des plus jeunes vers les plus âgés", a observé vendredi l'agence Santé publique France, jugeant cette évolution "très préoccupante".

De nouvelles restrictions entrent également en vigueur à Varsovie et d'autres grandes villes de Pologne considérées comme "zones rouges": les collèges et lycées seront fermés et pratiqueront l'enseignement à distance, les restaurants devront fermer à 21h, les cérémonies de mariage seront interdites et le nombre de personnes admises dans les magasins, les transports publics et les offices religieux sera limité.

Dans le monde, tous les indicateurs sont au rouge: plus de 1,1 million de décès ont été recensés, selon un comptage réalisé vendredi par l'AFP à partir de sources officielles. Et pour la seule journée de jeudi, le chiffre des nouvelles contaminations a atteint 400.000 nouveaux cas.

Quelque 38,99 millions de cas ont été officiellement comptabilisés, dont plus de 26,6 millions ont été guéris.

L'Italie a enregistré vendredi 10.010 nouveaux cas, le chiffre le plus haut jamais atteint en 24 heures par ce pays.

En Belgique, un couvre-feu est mis en place de minuit à 05H00 du matin, et tous les cafés et restaurants du pays devront fermer lundi pour au moins un mois.

"Semaine après semaine, les chiffres doublent, ils montent en flèche (...) c'est une hausse exponentielle", a justifié le Premier ministre Alexander De Croo, alors que la Belgique est un des pays européens les plus endeuillés par la pandémie (plus de 10.300 morts).

Hôpitaux belges engorgés

"Nos hôpitaux sont engorgés (...), les chiffres sont aussi élevés qu'ils ne l'étaient au mois de mars quand on a décidé d'un lockdown (confinement, ndlr)" pour deux mois, a affirmé le ministre belge de la Mobilité Georges Gilkinet.

Le virus continue de perturber la vie politique, provoquant le départ de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et de la cheffe du gouvernement finlandais, Sanna Marin, d'un sommet à peine entamé à Bruxelles pour se mettre en quarantaine après avoir été en contact avec des personnes testées positives au Covid-19.

Seule note d'espoir, les laboratoires américains Pfizer et Moderna ont annoncé qu'ils prévoyaient de demander l'autorisation de leurs vaccins d'ici fin novembre aux Etats-Unis, ce qui marquerait un record de vitesse pour le développement d'un vaccin.

Toutefois, le lancement éventuel de la vaccination d'ici la fin de l'année sera trop limité pour contenir à lui seul l'épidémie, qui en est à son troisième rebond aux Etats-Unis, avec une hausse alarmante des contaminations, des hospitalisations et des décès.

Au Venezuela, "à la pêche au wifi" pour assister aux cours à distance

Le matin, l'unique souci de Jonathan est de trouver la connexion wifi que sa voisine lui prête pour télécharger ses devoirs sur WhatsApp. En pleine pandémie, les écoliers vénézuéliens ont cours à distance, mais ils doivent composer avec la désastreuse couverture internet.

"C'est compliqué. Parfois je ne comprends rien du tout", souffle Jonathan Figueroa, 14 ans, élève dans un établissement public de Caracas. Et cela fait plus de six mois que cela dure.

Mi-mars, lorsque le président Nicolas Maduro a décrété un confinement pour lutter contre la propagation du coronavirus, les 8,2 millions d'élèves vénézuéliens ont été exemptés de cours "en présentiel" et les classes à distance par internet ont été généralisées.

Mais la famille de Jonathan, comme la majorité des Vénézuéliens, n'a pas les moyens de lui payer un ordinateur.

Jonathan vit dans un appartement d'un quartier populaire composé d'une seule pièce qu'il partage avec sa mère Viviana et le chat, Chocolat. Pour accéder à internet, il doit s'asseoir chaque matin sur le pas de sa porte, en espérant récupérer le wifi.

Ses échanges avec ses professeurs se limitent à des messages, quelques lectures et l'envoi de devoirs sur WhatsApp.

Au début du confinement, Jonathan n'avait que le téléphone de sa mère pour étudier. Puis, des employeurs de Viviana, qui travaille comme employée de maison, lui ont offert une tablette d'occasion.

Mais avec une connexion aléatoire et un cadre de travail précaire, Jonathan se sent de plus en plus "largué". "Non seulement je fais mal mes devoirs, mais en plus je perds du temps", se lamente-t-il.

Comble de malchance, Jonathan et sa mère ont contracté le coronavirus en juillet. Ils s'en sont sortis depuis.

Officiellement, quelque 85.000 cas de Covid-19 ont été recensés au Venezuela, pays de 30 millions d'habitants, pour un peu plus de 700 décès liés à la maladie. Des chiffres dont l'opposition et certaines ONG affirment qu'ils sont délibérément sous-estimés.

"Nous avons eu le Covid-19, et puis Dieu a voulu que nous connaissions certaines personnes", avance Viviana, en pointant la solidarité de voisins qui l'ont soutenue en lui apportant de la nourriture et de l'eau alors qu'elle souffrait du virus avec son fils.

Salaire mensuel de 2,5 dollars

Au Venezuela, pays plongé dans une très grave crise économique, quand internet fonctionne, la connexion est l'une des plus lentes du monde. Selon le site Speedtest, le pays sud-américain était en août à la 169e position sur 174 pays testés en termes de débit fixe.

Luzmar Rodriguez et Francisco, un couple de médecins, en savent quelque chose. Ils vivent dans un quartier de la classe moyenne de Caracas et leur connexion devrait permettre à leurs enfants inscrits dans le privé de suivre les cours à distance, organisés par téléconférence.

Sauf que... il leur arrive de circuler en voiture dans Caracas "à la pêche" à une connexion wifi acceptable.

"Tu leur achètes (aux enfants, ndlr) un ordinateur, une imprimante, internet et un portable", et puis à cause de quelque chose d'aussi anodin que la pluie, "rien ne fonctionne plus", soupire Luzmar.

Son fils aîné Francisco Junior a assisté à sa rentrée des classes en étant connecté sur son ordinateur... depuis le parking d'une pharmacie. Et quand il doit passer un examen, Luzmar ne va pas travailler, au cas où elle devrait le conduire à travers Caracas en espérant trouver une connexion wifi.

A l'autre bout de la connexion, les enseignants disent avoir d'autres raisons de se plaindre. A la rentrée en septembre, certains ont manifesté pour réclamer des "salaires dignes" et se sont mis en grève.

A l'image de Morelis Carruido, professeur d'histoire-géographie dans le public à Caracas.

Avec l'hyperinflation, son salaire équivaut "à 2,5 dollars par mois", raconte-t-elle à l'AFP. Elle vit dans une telle précarité qu'elle doit aussi "coudre, tricoter, préparer des gâteaux, cuisiner, enfin tout ce qui permet de me maintenir".

Selon José Gregorio Castro, directeur du lycée où enseigne Mme Carruido, "plus de 70% des élèves n'ont pas internet".

"Certains n'ont même pas le gaz, ils cuisinent au feu de bois", renchérit Morelis Carruido. "Comment peuvent-ils progresser via l'éducation en ligne s'ils n'ont pas de quoi satisfaire leurs besoins les plus élémentaires ?"