Etats-Unis

Les Etats-Unis, le pays du monde le plus durement frappé par le Covid-19, a enregistré vendredi un nouveau record de cas quotidiens et le candidat démocrate Joe Biden, bien placé pour emporter la Maison Blanche, a promis de s'attaquer de front à la pandémie dès le "premier jour" de sa présidence.

L'épidémie explose aux Etats-Unis, de loin le pays le plus endeuillé au monde avec 236.025 décès dus au nouveau coronavirus. Un total de 127.021 nouveaux cas positifs au Covid-19 en 24 heures ont été recensés vendredi, le troisième record quotidien d'affilée, selon l'université Johns Hopkins.

Sûr de sa victoire face à Donald Trump, Joe Biden a promis de mettre en oeuvre dès le "premier jour" de sa présidence son plan d'action contre le virus.

"Cela ne pourra pas sauver les vies qui ont été perdues mais cela sauvera des vies ces prochains mois", a-t-il affirmé vendredi soir lors d'une brève déclaration, sa colistière Kamala Harris se tenant à ses côtés, masquée.

Selon les médias américains, le chef de cabinet du président Donald Trump, Mark Meadows, a été testé positif au coronavirus, s'ajoutant à la dizaine de hauts responsables de la Maison Blanche contaminés depuis début octobre.

Selon le Washington Post, M. Meadows, 61 ans, faisait partie mercredi à l'aube des quelque 150 personnes qui ont assisté dans une salle de la Maison Blanche à la première déclaration publique de M. Trump après l'élection présidentielle du 3 novembre.

Rétif au port du masque et minimisant régulièrement la gravité de l'épidémie, Donald Trump avait lui-même contracté le Covid-19 début octobre, de même que son épouse Melania. La porte-parole Kayleigh McEnany ainsi que les conseillers politiques Stephen Miller et Hope Hicks ont eux aussi été atteints par le virus.

Iran

L'Iran a annoncé samedi un énième record de plus de 9.000 contaminations au coronavirus en 24 heures dans le pays, le plus touché au Moyen-Orient, et de nouvelles restrictions pour les commerces. Les autorités ont enregistré ces dernières 24 heures 9.450 nouvelles infections, et 423 décès, après avoir recensé plus de 8.000 cas quotidiens ces six derniers jours.

Le bilan total de l'épidémie en Iran s'élève désormais à 673.250 contaminations, dont 37.832 morts, selon le ministère de la Santé.

Face à la recrudescence de l'épidémie, le président iranien, Hassan Rohani, a annoncé de nouvelles mesures de restriction pour contenir le virus lors d'une réunion de l'unité de lutte contre l'épidémie.

Les commerces non essentiels comme les centres commerciaux, les petits commerces, les cinémas et les salles de sport devront fermer à 18H00 heures tous les jours à partir de mardi, et ce pendant un mois, a annoncé samedi M. Rohani lors d'une allocution télévisée.

Ces mesures s'appliqueront à Téhéran, ainsi qu'aux autres capitales de provinces et aux "villes avec des populations élevées", a-t-il précisé.

Les derniers records de contamination ont poussé des experts et responsables à réclamer un confinement total de Téhéran.

Aucun confinement n'a été imposé depuis l'apparition en février de l'épidémie en Iran, le président affirmant que l'économie du pays, frappée de sanctions internationales, ne pouvait se le permettre.

En Europe, le cas de la Grèce

Après l'Irlande, la France et l'Angleterre, c'est au tour de la Grèce et d'une partie de l'Italie de reconfiner leur population pour tenter de freiner l'épidémie.

Selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles, la pandémie a fait plus de 300.000 morts sur le continent européen, pour plus de douze millions d'infections. C'est la deuxième zone du monde la plus endeuillée, derrière l'Amérique latine et les Caraïbes (près de 410.000 décès).

A partir de samedi, les Grecs devront montrer patte blanche pour quitter leur domicile: pour chaque sortie, il faudra indiquer par SMS le motif et l'horaire, et attendre le feu vert des autorités, également par SMS.

Vendredi, la circulation était dense à Athènes, où les habitants s'empressaient de procéder à leurs derniers achats ou de se faire couper les cheveux chez des coiffeurs pris d'assaut.

Couettes et oreillers, notamment, se vendaient comme des petits pains. "Les gens recherchent un confort psychologique et veulent acheter quelque chose pour rendre leur logis plus confortable, maintenant qu'ils vont y passer tant de temps", avance Olympia Kapelaki, qui travaille dans un magasin de literie.

Le confinement, qui devrait durer trois semaines - peut-être davantage -, épargnera supermarchés, épiceries, stations-service, pressings et animaleries. Mais, comme en France, les librairies devront baisser le rideau.

Pologne

En Pologne, une nouvelle batterie de restrictions entre en vigueur samedi: fermeture des cinémas, théâtres et autres institutions culturelles et de la plupart des magasins dans les galeries marchandes, ainsi que passage total à l'enseignement à distance.

Le Covid-19 a fait au moins 1.235.148 morts dans le monde et officiellement infecté plus de 48,7 millions de personnes depuis le début de la pandémie, selon un comptage réalisé vendredi par l'AFP à partir de sources officielles.

Face à cette deuxième vague, un couvre-feu national de 22H00 à 05H00 est entré en vigueur vendredi en Italie jusqu'au 3 décembre. Comme en Grèce, les lycées passent à l'enseignement à distance, et les musées sont fermés, de même que les centres commerciaux durant le weekend.

Allemagne

Un nombre record de nouvelles infections au Covid-19 a été enregistré en Allemagne pour le troisième jour consécutif, a annoncé samedi le radiodiffuseur allemand ARD, qui cite les chiffres de l'Institut Robert Koch, l'établissement responsable du contrôle et de la lutte contre les maladies.

Un total de 23.399 nouvelles infections au coronavirus ont été enregistrées en un jour, contre 21.506 vendredi et 19.990 jeudi.

Depuis le début de la pandémie, 642.488 cas de Covid-19 ont déjà été diagnostiqués en Allemagne.

En un jour, 130 nouveaux décès ont été enregistrés, portant le total à 11.226.

France

Une semaine après l'entrée en vigueur du confinement, le nombre de nouvelles contaminations s'envole, faisant craindre des jours difficiles avant que les premiers résultats des mesures pour ralentir la circulation du virus ne se fassent sentir.

Au moins 60.486 cas positifs au Covid-19 ont été enregistrés entre jeudi et vendredi, selon Santé publique France (SpF). Un nouveau record et une accélération brutale puisque c'est le double des niveaux constatés à la mi-octobre.

La situation pourrait être plus grave qu'annoncée, l'agence sanitaire SpF ayant prévenu que les données sur les contaminations sont incomplètes depuis plusieurs jours, en raison d'un embouteillage informatique, qui gêne la remontée des résultats de tests.

La pression s'accroît mécaniquement sur les services de réanimation, qui comptaient vendredi 4.321 patients, contre 3.721 au début de la semaine. La capacité totale d'accueil a été elle portée de 5.000 à 6.400 lits, avec un objectif à 7.500, qui pourrait encore être relevé à 10.500 lits.

Nettement au-dessus du pic d'"environ 6.000" patients que le ministre de la Santé Olivier Véran a dit attendre jeudi, dans l'hypothèse d'un confinement "bien respecté".

La pression sur les services hospitaliers n'en reste pas moins préoccupante, comme témoignent les premiers transferts de patients Covid-19 entre régions françaises, et jeudi et vendredi de malades de la région Grand-Est vers l'Allemagne.

L'épidémie a fait 405 morts à l'hôpital en 24 heures, a indiqué l'agence sanitaire. Le coronavirus a causé 39.865 décès en France depuis le début de l'épidémie.

"60.000 (cas) positifs par jour c'est un niveau catastrophique, c'est énorme", a estimé samedi matin sur France Inter la Pr Karine Lacombe, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine.

"On ne comprend pas comment on a pu en arriver là, alors qu'on a connu la 1ère vague, qu'on a maintenant beaucoup d'outils de prévention", a ajouté l'infectiologue, en supposant qu'ils ont été "mal utilisés".

Dès jeudi, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, avait jugé impératif de "freiner la propagation du virus vite et fort".

De nouvelles "zones rouges"

Lombardie, Piémont, Val d'Aoste et Calabre - ont été déclarées "à haut risque" et 16 millions d'Italiens renouent avec le confinement, plus léger cependant qu'au printemps dernier.

En France, reconfinée depuis le 30 octobre, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 a franchi le cap des 60.000 au cours des dernières 24 heures et le bilan total des décès depuis le début de l'épidémie s'approche des 40.000, selon les autorités.

L'Angleterre est elle aussi confinée depuis jeudi: les commerces non essentiels ont dû fermer, et les restaurants, pubs et cafés ne peuvent proposer que des livraisons ou ventes à emporter. Les écoles, elles, restent ouvertes.

A Liverpool, les autorités ont lancé vendredi un programme de dépistage massif, voyant dans cet essai pilote une porte de sortie possible au confinement. "Faites-le pour vous-même, votre famille, vos collègues et votre ville", a encouragé le très populaire entraîneur du club de football, Jürgen Klopp.

Face à la progression de la pandémie, une poignée de pays mise sur le vaccin russe Spoutnik V, dont Moscou avait annoncé le lancement début août.

C'est le cas de l'Argentine, dont le président Alberto Fernandez a annoncé vendredi être proche d'un accord avec la Russie pour obtenir suffisamment de doses pour vacciner 10 des 44 millions d'habitants du pays à partir de fin 2020.

La Russie a soumis fin octobre à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) une demande de préqualification du vaccin Spoutnik V, perçu avec scepticisme dans le monde, notamment parce qu'il n'avait pas atteint la phase finale des essais au moment de l'annonce de son lancement.