Etats-Unis

Joe Biden a annoncé la mise en place dès lundi d'une cellule de crise sur le coronavirus, tandis que les restrictions continuent de se multiplier en Europe et provoquent des manifestations de rejet, voire des violences comme à Leipzig (Allemagne).

Dans son tout premier discours après l'annonce des résultats de la présidentielle à Wilmington (Delaware), le démocrate Joe Biden a déclaré que cette future cellule de crise, composée de scientifiques et d'experts, serait chargée de bâtir un "plan qui entrera en vigueur dès le 20 janvier 2021", jour de son investiture. Il prend ainsi le contrepied de son rival Donald Trump, qui a toujours minimisé la pandémie.

Le pays, déjà le plus touché au monde, fait face à une nette recrudescence de l'épidémie, avec des nombres records de nouvelles contaminations depuis plusieurs jours. Les Etats-Unis ont enregistré ces dernières 24 heures plus de 122.000 nouveaux cas positifs et 991 décès, portant le bilan total à plus de 237.000 morts.

En Europe

L'Allemagne

La ville allemande de Leipzig (est) a été le théâtre de violences entre les forces de l'ordre et des manifestants "anti-masques" alors que la police avait ordonné la dissolution d'un important rassemblement contre les restrictions imposées pour parer à la pandémie de coronavirus.

La police, qui par crainte de débordements s'était déployée en masse dans le centre-ville où se sont rassemblées quelque 20.000 personnes, a indiqué à l'AFP avoir procédé à "des arrestations" sans plus de précisions. Des heurts se sont poursuivis dans la soirée.

L'Espagne

A Madrid, des centaines de complotistes et activistes anti-vaccins ont manifesté samedi le long de la promenade du Prado contre la "dictature" du virus Covid-19 et les restrictions imposées par les autorités espagnoles pour tenter d'endiguer l'épidémie.

"Ils ont besoin de réduire la population" et "ils ont commencé par tuer les vieillards dans les maisons de retraite", a affirmé à l'AFP une manifestante, Chelo Sánchez.

"La peur a pour conséquence une baisse de nos défenses (immunitaires)", a assuré de son côté une autre manifestante, Maribel García, qui dit ne porter de masque que si son interlocuteur "a peur".

La Pologne

Les confinements décrétés dans toute l'Europe pour juguler cette nouvelle vague, s'ils sont moins stricts qu'au printemps, sont aussi moins bien acceptés.

"Nous sommes fatigués par le Covid, par les restrictions", résume Anna Piotrowska, architecte polonaise de 35 ans.

De nouvelles mesures sont entrées en vigueur samedi en Pologne, qui compte un demi-million de cas: cinémas, théâtres ont fermé leurs portes. Dans les centres commerciaux, seuls les magasins jugés essentiels sont ouverts. L'enseignement à distance a été étendu au primaire.

Le Portugal

Le Portugal aussi rejoint les pays ayant décrété un couvre-feu pour parer à la résurgence du virus, a annoncé samedi le Premier ministre Antonio Costa.

La Grèce

La Grèce a introduit samedi un deuxième confinement, marchant dans les traces de la France, l'Angleterre, l'Irlande et une partie de l'Italie.

Pour chaque sortie, les Grecs doivent obtenir un feu vert des autorités, par SMS. Des barrages routiers vérifient les permis spéciaux nécessaires pour se déplacer. L'amende pour ceux qui ne portent pas le masque a doublé, à 300 euros.

Anticipant ce reconfinement, plus de 70.000 voitures ont quitté la capitale vendredi, provoquant d'énormes embouteillages, selon la police.

Selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles, la pandémie a fait plus de 300.000 morts sur le continent européen, pour plus de douze millions d'infections.

C'est la deuxième zone du monde la plus endeuillée, derrière l'Amérique latine et les Caraïbes (plus de 410.000 décès).

La France

La France va-t-elle bientôt voir les premiers effets du confinement ? Rien n'est moins sûr alors que l'épidémie accélère, avec des indicateurs qui s'aggravent de jour en jour et un bilan qui dépasse désormais les 40.000 morts.

D'après les données publiées samedi par l'agence sanitaire Santé publique France (SpF), 306 morts supplémentaires de malades du Covid-19 ont été recensés en 24 heures, portant le bilan total à 40.169 morts.

Avec 4.410 patients en réanimation et soins intensifs, contre 3.721 au début de la semaine, la pression est considérable sur ces services hospitaliers.

La capacité totale d'accueil a été portée de 5.000 à 6.400 lits, avec un objectif à 7.500 ces jours-ci, qui pourrait encore être relevé à 10.500 lits. Cependant, la situation est tendue dans plusieurs régions, comme en témoignent les premiers transferts de malades du Covid-19 organisés au sein du pays, et, depuis jeudi et vendredi, de la région Grand Est vers l'Allemagne.

Le nombre de nouvelles contaminations n'a en revanche pas été communiqué samedi, après un embouteillage informatique provoqué par l'afflux de tests, qui avait rendu leur recensement incomplet ces derniers jours. Des données corrigées seront publiées lundi par SpF.

Vendredi, l'agence sanitaire avait fait état d'un nouveau record avec plus de 60.000 cas positifs, soit deux fois les niveaux constatés à la mi-octobre.

En visite auprès des soignants dans la Loire, département où la situation sanitaire est la plus dégradée de France, le Premier ministre Jean Castex a répété samedi que "la meilleure chose est d'éviter que des malades arrivent à l'hôpital, plutôt qu'ils en soient évacués. Et pour ça, il n'y a pas d'autre solution que de respecter strictement le confinement et les gestes barrières".

"La situation est très préoccupante", face à une deuxième vague "très violente", a réaffirmé samedi le ministre de la Santé Olivier Véran devant les députés, qui ont validé dans un vote ultime la prolongation de l'état d'urgence sanitaire.

Comme au printemps, le ministère de la Santé a pris des mesures pour permettre la continuité des traitements et des soins durant le confinement, mais aussi la prise de contraception, la pratique des IVG médicamenteuses et les traitements de substitution aux opiacés, afin de préserver la santé des patients tout en allégeant les sollicitations du système sanitaire.

Royaume-Uni

En Grande-Bretagne, la reine Elizabeth II s'est rendue en toute discrétion sur la tombe du Soldat inconnu, ont annoncé samedi ses services. Virus oblige, les commémorations des soldats morts à la guerre seront marquées par la sobriété cette année.

Elevages touchés

Sur le plan scientifique, des inquiétudes sont nées après la découverte chez douze personnes au Danemark d'une version mutante du SARS-CoV-2 transmissible à l'homme, issue d'élevages de visons. Par précaution le Royaume-Uni a annoncé samedi fermer ses frontières aux voyageurs de ce pays.

La mutation d'un virus est banale et souvent anodine, selon la communauté scientifique. Mais dans le cas de cette souche, appelée "Cluster 5", elle implique, d'après les premières études, une moindre efficacité des anticorps humains, ce qui menace la mise au point d'un vaccin contre le Covid-19.

Six pays, le Danemark, les Pays-Bas, l'Espagne, la Suède, l'Italie et les Etats-Unis, ont rapporté à l'OMS des cas de Covid-19 dans des élevages de visons. Tous les visons élevés au Danemark, soit 15 à 17 millions d'animaux, vont être abattus.

Le Covid-19 a fait au moins 1.243.513 morts dans le monde et officiellement infecté plus de 49,3 millions de personnes depuis le début de la pandémie, selon un comptage réalisé samedi par l'AFP à partir de sources officielles.