Le variant indien “Delta” fait craindre aux gouvernements un nouvel emballement de l’épidémie de Covid-19, qui a déjà fait quatre millions de morts dans le monde et pourrait forcer un nouveau tour de vis à la rentrée. L’agence européenne chargée des maladies (ECDC) prévoit un fort rebond du nombre de cas, avec près de cinq fois plus de nouveaux cas d’ici au 1er août. Le nombre d’hospitalisations et de décès devrait toutefois augmenter moins vite, selon l’ECDC, grâce aux vaccins.

Des tests Covid de moins de 24h

En Grèce, Mykonos, l’île de la fête, devra cesser de danser à partir de 01h du matin, au lendemain de l’imposition d’un couvre-feu nocturne similaire en Catalogne (Espagne).

La France, elle, impose depuis samedi minuit des tests Covid vieux de moins de 24 heures aux voyageurs non vaccinés en provenance du Royaume-Uni, d’Espagne, du Portugal, de Chypre, de Grèce et des Pays-Bas. Jusqu’à présent des tests de 72 heures étaient acceptés, sauf pour ceux venant du Royaume-Uni qui devaient présenter un test de moins de 48h.

Alors que les contaminations grimpent rapidfement sous l’effet du variant indien “Delta”, le port du masque en extérieur fait aussi son retour dans certaines régions de l’est et du sud-ouest de la France.

Manifestations contre la “dictature”

Le durcissement des mesures sanitaires annoncé lundi dernier par le président Emmanuel Macron – élargissement du pass sanitaire notamment aux commerces, restaurants, lieux de culture, avions ou trains, ainsi que l’obligation vaccinale pour certaines professions – a suscité la colère d’une partie de la population. Plusieurs cortèges ont défilé samedi à Paris et dans plusieurs grandes villes pour dénoncer la “dictature” sanitaire et des mesures “liberticides”. Ces dernières sont toutefois admises par une très large majorité de Français, selon un sondage publié mardi dernier.

En revanche, au Royaume-Uni – un des pays les plus touchés en Europe avec 128 600 morts – où le nombre de contaminations grimpe depuis des semaines (plus de 54 000 cas samedi), le gouvernement s’apprête à lever ce lundi – baptisé “Jour de la liberté” – la quasi-totalité des restrictions (y compris le port du masque et la distanciation sociale), conformément à un plan fixé de longue date. Le Premier ministre préfère s’en remettre à la “responsabilité individuelle” de chacun.

Londres supprime les restrictions

Le Premier ministre Boris Johnson (comme son ministre des Finances Rishi Sunak) est lui-même cas contact. Les deux dirigeants devront s’isoler – mais uniquement quand ils ne travaillent pas car ils participent à un programme pilote, a annoncé Downing Street dimanche. Le ministre de la Santé Sajid Javid a dit samedi avoir été testé positif.

Dans le même temps, Londres se dit inquiet de la “présence persistante” en France du variant sud-africain Beta et soumet ceux qui en viennent à une quarantaine même s’ils sont vaccinés. Ce variant est présent dans le territoire français d’outre-mer de La Réunion, mais très minoritaire en métropole.

Dans le Pacifique, les autorités australiennes ont ordonné samedi de nouvelles restrictions, plusieurs semaines de confinement à Sidney ne parvenant pas à empêcher une recrudescence de la pandémie.

Outre les lieux touristiques, les grands rassemblements font craindre un emballement de l’épidémie. À cinq jours de l’ouverture des Jeux Olympiques, les organisateurs ont détecté deux sportifs infectés au sein du Village olympique, après avoir annoncé la veille le premier cas positif, un membre de l’encadrement.

Le pèlerinage annuel de La Mecque s’est ouvert samedi, mais restreint à un quota de 60 000 participants, uniquement des Saoudiens et étrangers résidents dans le royaume dûment vaccinés ; 2,5 millions de pèlerins étaient venus en 2019.


On n’aurait jamais éradiqué la variole

Aux États-Unis, qui avaient pris de l’avance, la campagne de vaccination s’enlise, échouant à convaincre les plus récalcitrants. Samedi, le conseiller anti-Covid de la Maison Blanche, le Dr Anthony Fauci, a estimé sur CNN : “Si nous avions eu le rejet des vaccins que nous voyons dans certains médias, je ne pense pas qu’il aurait été possible d’éradiquer la variole”. Et l’immunologue d’ajouter : “Nous aurions probablement toujours la variole, et nous aurions probablement toujours la polio dans ce pays, si nous avions eu le genre de fausses informations qui sont répandues actuellement”.

Les réseaux sociaux “tuent des gens”

La veille, le président Joe Biden avait accusé les grands opérateurs de réseaux sociaux de “tuer des gens” en laissant circuler de fausses informations sur les vaccins. Facebook avait balayé ces critiques, se targuant plutôt de “sauver des vies” avec des mesures qui permettent à ses utilisateurs d’avoir un meilleur accès au vaccin.

La variole qui a fait environ 300 millions de morts au XXe siècle, plus que les conflits armés, a été déclarée officiellement éradiquée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1980 grâce à l’effort global de vaccination engagé après la Seconde Guerre mondiale.

La poliomyélite, officiellement éradiquée depuis août 2020 d’Afrique grâce au vaccin, fait de la résistance en Asie, au Pakistan et Afghanistan où cette maladie reste endémique. L’échec des campagnes de vaccination s’y explique notamment par la méfiance des populations rurales et la croyance en des théories du complot contre les musulmans.