Plus de 1,3 million de décès dus au nouveau coronavirus ont été officiellement recensés dans le monde, selon un comptage réalisé par l'AFP à partir de sources officielles samedi à 09h30 GMT.

Au total, au moins 1.303.783 morts, pour 53.380.442 cas, ont été déclarés.

Près d'un décès sur cinq a eu lieu aux États-Unis, le pays le plus endeuillé au monde avec 244.345 morts pour 10.739.614 cas. Suivent le Brésil avec 164.737 décès et 5.810.652 cas, l'Inde (129.188 morts, 8.773.479 cas), le Mexique (97.624, 997.393) et le Royaume-Uni (51.304, 1.317.496).

Les Etats-Unis face à l'embrasement du virus

Les États-Unis ont battu vendredi un nouveau record d'infections quotidiennes au coronavirus. Il y a ainsi eu 184.514 nouveaux cas enregistrés, soit environ 10.000 de plus que la veille, selon les données de l'université Johns Hopkins de samedi. Aux États-Unis, qui comptent environ 330 millions d'habitants, plus de 10,7 millions de personnes ont été infectées par le coronavirus depuis le début de la pandémie. Quelque 244.300 patients en sont morts.

Face à cette explosion des cas de coronavirus dans tous les Etats-Unis, New York se préparait à refermer ses écoles mais Donald Trump, misant sur la distribution prochaine d'un vaccin, se refusait vendredi à envisager le confinement du pays.

Les mesures de restriction, comme celles introduites en Europe ces dernières semaines, semblent pourtant avoir des résultats, la pandémie montrant quelques signes de ralentissement sur le Vieux continent.

Ville américaine la plus touchée par la première vague au printemps, New York a jusqu'ici résisté à son retour en force. Mais le taux de positivité des tests - longtemps resté proche des 1% - augmente désormais quotidiennement et a dépassé vendredi pour la première fois le seuil critique des 3%.

Le gouverneur de New York Andrew Cuomo a annoncé la fermeture dès 22H00 des bars et restaurants à partir de ce vendredi - mesure globalement bien acceptée dans une ville où le déconfinement a été très progressif et ce type d'établissement fermait déjà pour la plupart avant minuit.

Le maire Bill de Blasio, qui avait rouvert les écoles publiques fin septembre selon un modèle partiellement présentiel, a appelé les parents d'élèves à "se préparer" à leur fermeture lundi.

"Je pense que la deuxième vague arrive (...), j'espère juste qu'elle ne sera pas aussi terrible que la première", a indiqué à l'AFP John Ryan, quinquagénaire en patientant devant un centre de tests à Manhattan.

Le souvenir des camions-morgue et des tentes dressées devant les hôpitaux en mars-avril, avec plus de 23.000 morts recensés dans la métropole, est encore dans tous les esprits.

Inquiétude avant Thanksgiving

New York semble désormais comme une forteresse assiégée, tant le virus se propage à toute allure partout dans le pays.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens aux Etats-Unis ne cesse d'augmenter: il a approché les 189.000 entre jeudi et vendredi, pas loin du record enregistré en début de semaine.

Et près de 1.600 nouveaux décès ont été recensés, selon l'université Johns Hopkins, portant le total dans le pays à plus de 10,7 millions de cas et 244.200 morts du Covid-19.

Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés est aussi au plus haut depuis le début de la pandémie, à plus de 67.000, selon le Covid Tracking Project.

"Il va falloir qu'on ferme tout", a prévenu vendredi Michael Mina, épidémiologiste à Harvard, lors d'un point presse téléphonique. "Et si on ne ferme pas tout ou si on ne trouve pas autre chose à faire, Thanksgiving va conduire à une nouvelle explosion massive de cas".

Mais dans sa première intervention publique depuis l'annonce de sa défaite samedi à la présidentielle - qu'il refuse de reconnaître -, Donald Trump a fermement exclu cette hypothèse.

"Quoi qu'il se passe à l'avenir (...) cette administration n'imposera pas de confinement", a déclaré le président républicain. A la place, il a promis que la distribution des premières doses d'un vaccin pour les personnes à risque était "une affaire de semaines".

L'annonce lundi par les laboratoires Pfizer et BioNTech de tests prometteurs pour un vaccin "efficace à 90%" contre le Covid-19 a fait naître une vague d'espoir.

"Nous allons travailler pour leur donner une autorisation en urgence, qui va venir extrêmement vite et mon administration pourra alors coordonner la distribution du vaccin", a assuré M. Trump.

S'exprimant après lui, le Dr Moncef Slaoui, médecin en chef de l'opération "Warp Speed" qui coordonne la stratégie vaccinale du gouvernement fédéral sur le virus, a espéré pouvoir vacciner 20 millions d'Américains dès décembre.

Contestations en Europe

En attendant, les autorités européennes écartent presque partout l'idée d'un assouplissement des restrictions, et les durcissent par endroit.

Ainsi au Portugal, après le couvre-feu nocturne instauré lundi dernier, un couvre-feu le weekend est entré en vigueur samedi pour 70% de la population. La semaine prochaine, 80% de la population sera concernée.

Dans l'après-midi, 500 manifestants ont bravé les restrictions à Lisbonne pour une "marche pour la liberté". "La pandémie est là et il faut nous protéger, mais sans tuer l'économie", a témoigné Carla Torres, 33 ans, qui travaille dans la communication pour des chefs cuisiniers, des restaurants et des hôtels. "Nos clients ne peuvent plus nous payer et ils seront nombreux à devoir licencier des employés dès le mois prochain".

En Allemagne, près d'un millier d'anti-masques ont défilé à Francfort (centre) à l'appel d'un collectif "Libre penseur", 700 personnes se sont également rassemblées à Ratisbonne (sud), et d'autres manifestations sont prévues dimanche.

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé que l'épidémie allait a minima "nous occuper tout l'hiver".

Même son de cloche en France, l'un des épicentres de la deuxième vague (359 morts supplémentaires depuis vendredi): il va falloir "vivre avec le virus sur le temps long", a averti le Premier ministre Jean Castex, qui a dit travailler à de nouvelles "règles" jusqu'à l'arrivée d'un vaccin.

Là aussi, des manifestations contre les restrictions se sont tenues samedi, notamment 1.500 personnes à Nice (sud-est) et plusieurs centaines à Marseille (sud).

Des manifestations contre les restrictions liées à la pandémie ont été organisées dans plusieurs pays samedi en Europe, au moment où l'explosion des cas de coronavirus aux Etats-Unis force New York à refermer ses écoles.

Nouveau record quotidien de morts en Pologne

La Pologne a annoncé samedi un nouveau record quotidien de 548 morts du Covid-19, le bilan total dépassant les 10.000 décès, quelques jours après la décision du gouvernement de ne pas imposer un confinement national. Ces nouveaux décès annoncés par le ministère de la Santé portent le bilan total de la pandémie à 10.045 morts dans le pays de 38 millions d'habitants.

Le ministère a également recensé 25.571 nouveaux cas sur les dernières 24 heures, un peu moins que le record quotidien annoncé le week-end dernier. Au total, près de 700.000 cas ont été signalés dans le pays.

Depuis le mois dernier, les masques de protection sont obligatoires dans les espaces publics, les restaurants ne peuvent que vendre de la nourriture à emporter et l'enseignement se fait à distance en Pologne, où la seconde vague de la pandémie submerge le système de santé.

L'Autriche durcit les restrictions

Le gouvernement autrichien a annoncé samedi la fermeture des écoles et des magasins non essentiels, deux semaines après la mise en place d'un confinement partiel qui n'a pas permis de ralentir la fulgurante propagation du coronavirus dans le pays. "De nouvelles restrictions" s'imposent, a déclaré le chancelier Sebastian Kurz lors d'une conférence de presse à Vienne. "A partir de mardi et jusqu'au 6 décembre, sera instauré un confinement comme celui du printemps".

Détaillant les mesures, il a précisé que les contacts devront être limités au maximum. Les sorties à l'extérieur ne seront autorisées que dans des circonstances bien précises (courses, motifs professionnels et médicaux, sports et balades).

Les commerces devront aussi baisser le rideau, à l'exception des magasins d'alimentation, pharmacies, banques, Postes et autres activités jugées essentielles.

Du côté de l'éducation, les écoles primaires et les collèges assureront les cours à distance. Seules les classes supérieures (lycées et universités) étaient fermées jusqu'à présent.

Un confinement partiel avec la mise en place d'un couvre-feu nocturne avait été mis en place début novembre. Les restaurants, musées, salles de concerts, espaces sportifs avaient été fermés mais les cas ont continué à exploser.

Le nombre moyen de contaminations quotidiennes se situait à 831 par million d'habitants sur les sept derniers jours, selon le site "Our World in Data", ce qui place l'Autriche en tête dans le monde devant la Suisse ou la République tchèque.

Relativement épargnée par la première vague, l'Autriche, qui compte 8,8 millions d'habitants, a de fait enregistré vendredi près de 10.000 contaminations en 24 heures et samedi encore 7.000, contre seulement 1.000 début octobre, et le système hospitalier arrive à saturation.

A l'heure actuelle, 567 lits sur 2.000 en soins intensifs sont occupés par des malades du Covid-19. Plus de 1.660 décès ont été recensés depuis l'émergence de la pandémie

Stabilisation en Europe

Avec 284.000 nouveaux cas quotidiens, l'Europe est toujours la région enregistrant la plus forte progression, même si les nouvelles contaminations semblent désormais stabilisées (+1%), après l'adoption généralisée de mesures de confinement et de couvre-feux.

Les autorités écartent cependant presque partout l'idée d'un assouplissement de ces restrictions.

La Belgique a vraisemblablement atteint cette semaine le pic de la deuxième vague de la pandémie avec près de 1.500 malades hospitalisés en soins intensifs, un chiffre désormais en léger recul, ont indiqué les autorités sanitaires.

Le Premier ministre Alexander De Croo a écarté à ce stade tout assouplissement des restrictions dans le pays où un nouveau confinement avait été décidé le 30 octobre pour six semaines: "Compte tenu de la réouverture des écoles ce lundi 16 novembre, une extrême prudence reste de mise".

Malgré des signes de ralentissement en Allemagne, la chancelière Angela Merkel a ainsi estimé que l'épidémie allait a minima "nous occuper tout l'hiver".

Le gouvernement français a exclu tout assouplissement des restrictions, quinze jours après la mise en place d'une mesure de confinement au niveau national: "le problème n'est pas d'aménager les règles d'aujourd'hui, le problème c'est de les respecter afin de ne pas prolonger l'état de confinement", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Le nombre de patients atteints du Covid-19 en réanimation se stabilise cependant, légèrement en dessous de 4.900, selon les chiffres publiés vendredi par Santé publique France, faisant état de 467 morts à l'hôpital en 24 heures.

Le nombre de nouveaux cas de coronavirus Covid-19 a diminué pour la première fois depuis mardi aux Pays-Bas. Entre vendredi matin et samedi matin, 5.941 tests positifs ont été enregistrés. Vendredi, 6.108 cas ont été signalés, 5.651 nouveaux cas avaient été signalés jeudi, 5.417 mercredi et 4.681 mardi, selon l'Institut national de santé publique et de l'environnement. Le nombre de décès a augmenté de 86 aux Pays-Bas ces dernières 24 heures, ce qui ne signifie pas que toutes ces personnes sont mortes au cours des dernières 24 heures. 54 morts ont été recensés entre jeudi matin et vendredi matin.

En Italie, la situation s'aggrave dans plusieurs des 20 régions du pays. Hôpitaux débordés, patients traités dans leur voiture ou agonisant dans les ambulances: Naples et sa région, la Campanie, sont durement frappées par la nouvelle vague de Covid-19.

"La Campanie est à genoux", s'est alarmé le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, originaire de la région. Les images amateur montrant le corps d'un octogénaire retrouvé mort dans les toilettes de l'hôpital Cardarelli de Naples avaient fait le tour des médias et des réseaux sociaux.

L'Islande a annoncé un "allègement prudent" de ses mesures en place contre l'épidémie, dont la nouvelle vague est sur la pente descendante ces derniers jours.

Cet assouplissement inclura, à partir de mercredi, une réouverture des salons de coiffure et de beauté, la reprise des leçons de conduite, ainsi que la reprise des activités pour les moins de 15-16 ans uniquement.

La Grèce connait quant à elle une recrudescence des cas de Covid, obligeant les autorités à fermer les écoles primaires, les jardins d'enfants et les crèches jusqu'à la fin du mois. "Le gouvernement grec a décidé de suspendre le fonctionnement des écoles jusqu'au 30 novembre", a déclaré le ministre de la Santé, Vassilis Kikilias, soulignant qu'il s'agissait de limiter "les mouvements" des parents, enseignants et des grands-parents pour obtenir "avec les autres mesures en place, la diminution des cas de virus".

"La fermeture des écoles primaires était ce que nous voulions éviter. C'est un message qui montre la gravité de la situation", a-t-il ajouté.

Accélération de l'épidémie en Afrique, Amérique latine et au Moyen-Orient

Océanie mise à part, la tendance est aussi à l'accélération de l'épidémie au Moyen-Orient (+12% de nouvelles contaminations par jour), en Afrique (+10%), en Asie (+2%) et en Amérique latine/Caraïbes (+12%).

Dans ce contexte, la décision du gouvernement chilien de rouvrir ses frontières aériennes aux ressortissants étrangers - avec l'espoir d'accueillir 300.000 touristes pendant l'été austral - a été immédiatement dénoncée comme "peu judicieuse" par l'Association médicale chilienne.