Au total, 50.376.020 cas, dont 1.255.803 décès, ont été officiellement détectés dans le monde depuis le début de la pandémie, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles lundi. Après les États-Unis, les pays les plus touchés sont le Brésil (162.628 morts), l'Inde (126.611), le Mexique (95.027) et le Royaume-Uni (49.044).

Situation tendue en Italie

La situation épidémique en Italie est hors de contrôle ont jugé des médecins qui demandent au gouvernement un "confinement total" pour endiguer la deuxième vague.

Des contrôles plus stricts devraient être mis en œuvre dans plusieurs régions italiennes à partir de mercredi, alors que le pays s'efforce de maîtriser la pandémie de coronavirus. Les Abruzzes, la Basilicate, la Ligurie, la Toscane et l'Ombrie devraient être reclassées en zones "orange" et non plus "jaunes", et ainsi être soumises à des règles renforcées.

Il sera notamment interdit d'entrer et sortir de ces régions "orange", mais également de circuler entre les villes au sein de ces régions - excepté pour se rendre au travail ou à des rendez-vous médicaux. Les bars et restaurants seront par ailleurs fermés, sauf pour les services de livraison à domicile et à emporter.

Ces mesures ont été annoncées par plusieurs dirigeants locaux, dont le président des Abruzzes, Marco Marsilio, qui a déclaré avoir reçu les informations du ministre de la Santé Roberto Speranza. Ce dernier n'a pas fait de commentaire officiel, mais il devrait publier mardi un décret, valable à partir de mercredi, qui pourrait également inclure une partie de la Campanie, région du sud-ouest de l'Italie dont Naples est la capitale.

Il a été question de reclasser la Campanie en région "rouge", ce qui implique un confinement. Cette mesure plus stricte est déjà d'application en Lombardie, au Piémont, dans la Vallée d'Aoste et en Calabre.

L'agence de presse Ansa a annoncé que M. Speranza placerait également le Tyrol du Sud en zone "rouge", mais cela ne changerait pas grand-chose dans la pratique, car le territoire autonome est déjà en confinement depuis lundi de sa propre décision.

Le gouvernement italien a divisé le pays en trois zones: "rouge", "orange" et "jaune". La catégorie "orange" ne comprend actuellement que la Sicile et les Pouilles. Les régions en "jaune", relativement moins infectées, doivent uniquement se conformer aux mesures nationales. Elles ont donc instauré un couvre-feu, la fermeture des musées et l'enseignement à distance pour les lycées et les universités.

Le gouvernement a adopté un régime différencié afin d'éviter un confinement à l'échelle nationale, qui aurait causé de nombreux dommages à l'économie. L'efficacité de cette stratégie suscite néanmoins certains doutes.

L'Italie enregistrait 25.271 nouvelles infections lundi, contre un pic de près de 40.000 samedi. Les chiffres ont cependant tendance à être plus bas le lundi en raison de la diminution du nombre de tests effectués le week-end. Le nombre de décès quotidiens s'élevait à 356, soit 25 de plus que dimanche. Quant au nombre de patients Covid-19 en soins intensifs, il est désormais passé à 2.849, soit une augmentation de 41% par rapport à la semaine précédente.

Dix millions de cas aux USA

Les Etats-Unis ont franchi lundi la barre des 10 millions de cas détectés de contamination au nouveau coronavirus depuis le début de la pandémie, selon le comptage de l'université Johns Hopkins, qui fait référence. Il n'aura fallu que dix jours au pays, le plus endeuillé au monde par le Covid-19, pour passer de 9 à 10 millions de cas confirmés après avoir enregistré la semaine dernière plusieurs records de nouvelles infections journalières. La maladie a entraîné la mort de 238.053 personnes dans le pays

Deux nouveaux cas ont par ailleurs été diagnostiqués à la Maison Blanche parmi lesquels le ministre du Logement et du développement urbain, Ben Carson.

L'OMS appelle à ne pas fermer les yeux

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé à "ne pas fermer les yeux" face à la pandémie de Covid-19 et "félicité le président (américain) élu Joe Biden et la vice-présidente élue Kamala Harris" lors de l'assemblée générale annuelle de l'OMS. La communauté internationale doit retrouver "d'urgence le sens du bien commun", a martelé Tedros Adhanom Ghebreyesus.

M. Biden qui a annoncé la mise en place dès lundi d'une cellule de crise aux Etats-Unis, a assuré de sa volonté de rejoindre l'OMS, prenant le contrepied de l'actuel président Donald Trump.

Russie: record de contaminations

La Russie a enregistré lundi un nouveau record de contaminations quotidiennes avec près de 22.000 cas de Covid-19, Moscou dépassant notamment pour la première fois le pic du mois de mai.

Etat d'urgence et couvre-feu au Portugal

Le Portugal est entré lundi en état d'urgence qui sera assorti de périodes de couvre-feu pour la majeure partie de sa population, une mesure jugée "catastrophique" par les restaurateurs et les commerçants.

Dans la soirée, 7,1 millions de Portugais résidant dans les 121 municipalités considérées "à risque élevé" seront pour la première fois soumis à un couvre-feu en vigueur de 23H00 à 05H00 et pendant au moins deux semaines.

Contrôles supplémentaires en Tunisie

Le pays nord africain va appliquer davantage de contrôles sur le port du masque et des tests pour les touristes étrangers afin d'éviter un nouveau confinement malgré un pic de contaminations et une grave crise économique.

Reconfinement au Liban

Le gouvernement libanais, chargé des affaires courantes, a annoncé mardi un confinement "total" du pays assorti d'"exceptions" durant deux semaines pour faire face à une importante hausse des cas de la maladie Covid-19. Depuis le début de l'épidémie en février, ce petit pays du Proche-Orient a recensé 95.355 cas, dont 732 décès.

Après avoir réussi à endiguer la première vague du virus entre mars et juin derniers grâce à une fermeture générale précoce, le Liban connait progressivement depuis juillet des records de contaminations, malgré l'isolement de dizaines de villes et de villages.

Tirant la sonnette d'alarme, le Premier ministre démissionnaire, Hassan Diab, a averti que le pays avait désormais atteint la "ligne rouge" et les hôpitaux leur capacité maximale. "Nous sommes aujourd'hui au stade de danger grave en raison de l'incapacité des hôpitaux publics et privés à recevoir des patients dans un état critique", a déclaré M. Diab.

"Nous craignons d'atteindre le stade où des gens meurent dans la rue", a-t-il ajouté. "Par conséquent, nous avons pris aujourd'hui la décision de fermer complètement" le pays du 14 au 30 novembre, a-t-il indiqué, évoquant des "exceptions (...) pour le secteur de la santé et d'autres secteurs vitaux" sans plus de précisions.

Selon des médias locaux, la décision exclura l'aéroport ainsi que les boulangeries, les banques, la compagnie nationale d'électricité, les deux sociétés de communication ainsi que les usines.

L'organisation mondiale de la Santé (OMS) indiquait fin octobre que 88% des 305 places en soins intensifs étaient occupées au Liban.

L'explosion dévastatrice du 4 août au port de Beyrouth, qui a fait plus de 200 morts et 6.500 blessés, a nettement amplifié le phénomène de contagion sociale.

Les responsables craignent d'autant plus l'effondrement du système de santé alors que plus de 1.500 membres du personnel médical sont eux-mêmes atteints par le virus.

La crise sanitaire vient s'ajouter à un débâcle économique sans précédent depuis des décennies, ayant doublé le taux de pauvreté, poussant les organismes économiques à s'opposer à une fermeture totale.

"Je connais très bien l'ampleur des dégâts économiques dus à la fermeture", a déclaré mardi M. Diab. Mais "sans protection sanitaire, les moyens de subsistance ne sont pas garantis", a-t-il prévenu. AVD