Allemagne: plus de 10.000 morts depuis le début de l'épidémie

Le nombre de décès du coronavirus a dépassé samedi les 10.000 en Allemagne, pays jusqu'ici relativement épargné par la pandémie mais désormais frappé de plein fouet par le rebond épidémique.

L'institut de veille sanitaire de référence Robert Koch (RKI) a comptabilisé samedi 10.003 décès depuis le début de la crise sanitaire, soit 49 de plus que la veille.

Au total, ce sont 418.005 personnes qui y ont infectées par le Covid-19, soit 14.714 de plus en moins de 24 heures, un nouveau record quotidien également, même si ce chiffre intègre des cas qui n'avaient pas été enregistrés la veille en raison d'une défaillance technique dans la transmission des données.

Le précédent record avait été établi jeudi, le RKI avait alors comptabilisé 11.287 nouveaux cas en une journée.

Le président de cette institution fortement respectée en Allemagne avait estimé jeudi que la situation dans le pays était "très grave", exhortant la population à respecter les gestes barrières pour contenir la progression des contaminations.

"Le virus peut se propager de manière incontrôlée" dans certaines régions depuis septembre, avait averti Lothar Wieler en expliquant que "les jeunes sont actuellement les plus exposés au virus".

L'Allemagne, qui jusqu'ici avait plutôt été épargnée par la première vague au printemps, fait face depuis plusieurs semaines, comme l'ensemble des pays européens, à une forte augmentation des cas d'infection au Covid-19.

Face au rebond épidémique, les autorités allemandes ont durci les mesures contre la pandémie, adoptant notamment des interdictions de rassemblement.

Des restrictions locales ont également été décidées, comme à Berlin, où le port du masque a été imposé dans certaines rues fréquentées. Un canton alpin du sud du pays en Bavière, autour de Berchtesgaden, s'est vu imposé un quasi confinement en début de semaine.

La chancelière Angela Merkel avait solennellement demandé samedi dernier à la population de réduire au maximum les relations sociales, appelant à "rester à la maison" autant que possible. "Ce que sera l'hiver, ce que sera notre Noël, sera décidé dans les jours et les semaines à venir", avait-elle averti.

L'Europe de l'Est impose de nouvelles restrictions

La situation se dégrade en Europe de l'Est: devant la flambée des contaminations sur son territoire, l'ensemble de la Pologne passe samedi en "zone rouge", une mesure qui ne concernait jusqu'alors que les grandes villes et leurs alentours.

Les restaurants et écoles primaires seront partiellement fermés, et les lycéens et étudiants pratiqueront l'enseignement à distance. Les cérémonies de mariage seront interdites et le nombre de personnes strictement restreint dans les commerces, les transports et les églises.

Par ailleurs, le président polonais Andrzej Duda a été testé positif ce samedi. "Comme prévu, le président @AndrzejDuda a subi hier un test concernant la présence du coronavirus. Le test s'est révélé positif. Le président va bien", a tweeté le secrétaire d'Etat à la présidence Blazej Spychalski.


S'il n'est pas établi à quelle occasion M. Duda a été infecté, ce dernier avait participé lundi à un forum d'investissement à Tallin, où il avait rencontré le président bulgare Roumen Radev, qui avait ensuite dû s'isoler en raison d'un contact avec une personne contaminée dans son pays.

En Slovaquie voisine, un couvre-feu nocturne entre en vigueur samedi, jusqu'au 1er novembre. Et en République tchèque, autre pays limitrophe où le taux de contaminations et de décès est le pire d'Europe sur les deux dernières semaines, un confinement partiel est déjà instauré jusqu'au 3 novembre.

Un confinement partiel s'applique aussi dès samedi en Slovénie, dont le ministre des Affaires étrangères Anze Logar a été testé positif au coronavirus.

Les deux principales villes de Grèce, Athènes et Thessalonique, seront soumises à un couvre-feu nocturne à partir de samedi, et le masque y devient obligatoire à l'intérieur comme à l'extérieur.

France: la barre du million de cas franchie

Sur le reste du continent, la situation est particulièrement préoccupante en France qui a passé vendredi la barre du million de cas de Covid-19 depuis le début de l'épidémie. La situation continue de se dégrader avec 42.032 nouveaux cas enregistrés dans les dernières 24 heures, un nouveau record.

Les autorités sanitaires craignent désormais une deuxième vague "pire que la première" et ont dit envisager des reconfinements locaux.

Face à cette flambée, le gouvernement a étendu le couvre-feu nocturne (21H00 à 06H00), qui concerne depuis vendredi soir 46 millions de personnes à Paris et dans les principales villes, soit les deux tiers de la population, pour six semaines.

Sur une terrasse d'un bar-restaurant de Strasbourg (est), les clients savourent leurs "derniers instants de liberté" avant le couvre-feu, une mesure globalement respectée mais pas toujours bien acceptée. "Ça m'énerve. En plus ça n'aura pas d'effet sur l'épidémie: ce n'est pas comme si le virus commençait à circuler à 21 heures", peste Anne Dobelmann, une étudiante de 22 ans.

Etats-Unis: record de nouveaux cas quotidiens

Les Etats-Unis ont battu vendredi leur record du nombre de nouvelles contaminations au Covid-19 enregistrées en 24 heures, avec près de 80.000 nouveaux cas, selon les données actualisées en continu de l'université Johns Hopkins, qui fait référence. Entre 20h30 jeudi et la même heure vendredi, 79.963 contaminations ont été recensées, portant le nombre total de cas depuis le début de la pandémie à près de 8,5 millions dans le pays.

Les Etats-Unis avaient déjà flirté avec la barre des 80.000 cas journaliers durant le mois de juillet, notamment à cause des nouvelles contaminations dans des Etats du Sud comme le Texas ou la Floride, où le virus était alors hors de contrôle.

Actuellement, c'est dans le Nord et le Midwest que l'on trouve les pires flambées, et quelque 35 Etats sur 50 connaissent une augmentation du nombre de cas.

Le nombre de morts sur 24 heures reste lui globalement stable depuis le début de l'automne, avec entre 700 et 800 décès. Plus de 223.000 personnes sont mortes du Covid-19 dans le pays.

En valeur absolue, les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé au monde par la pandémie, mais pas en valeur relative. Le port du masque, qui, s'il était généralisé, pourrait éviter 130.000 morts supplémentaires selon une étude, y est devenu un sujet de dispute politique. Le président Donald Trump, très critiqué pour sa gestion de la crise sanitaire et qui ne cesse de remettre en question la dangerosité du virus, a promis l'arrivée imminente d'un vaccin, qu'il veut gratuit.

Son adversaire démocrate Joe Biden a également promis vendredi que le vaccin serait "gratuit pour tout le monde" s'il remportait l'élection présidentielle du 3 novembre.

La pandémie a fait au moins 1.139.406 morts dans le monde depuis fin décembre, d'après un bilan établi par l'AFP vendredi.