La pandémie a fait près de 2,65 millions de morts dans le monde depuis le début de la pandémie, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles dimanche en milieu de journée.

Les Etats-Unis sont le pays comptant le plus de morts avec 534.877 décès, suivis par le Brésil (278.229), le Mexique (194.490), l'Inde (158.607), et le Royaume-Uni (125.464).

Ces chiffres, qui reposent sur les bilans quotidiens des autorités sanitaires sans inclure les réévaluations fondées sur des bases statistiques, sont globalement sous-évalués.

L'OMS à l'épreuve du mystère des origines du Covid

Le virus responsable de la pandémie est passé à l'homme il y a plus d'un an, mais comment? Les experts de l'OMS n'auront qu'un début de réponse dans leur rapport sur fond d'intenses pressions de Pékin et Washington.

Fruit d'une collaboration entre les spécialistes mandatés par l'Organisation mondiale de la santé et des experts chinois, la publication de leurs conclusions - a priori en milieu de semaine - est attendue impatiemment.

Autorisés à mener l'enquête sur le terrain seulement un an après le début de l'épidémie par les autorités chinoises, les experts internationaux sont maintenant rentrés depuis plus d'un mois et la tension devient palpable.

Ce d'autant que le projet de publication d'un rapport préliminaire fin février a été abandonné sans véritable explication de l'OMS.

Dans l'attente du rapport final, diplomates américains et chinois ont multiplié les prises de parole, les uns réclamant plus de "transparence", les autres assurant que les experts de l'OMS ont pu mener à bien leur travail grâce à la "coopération scientifique" de Pékin.

Mais connaîtra-t-on jamais l'origine du Covid-19, qui a fait plus de 2,6 millions de morts depuis qu'il a été signalé pour la première fois fin décembre 2019 à Wuhan, une métropole géante de 11 millions d'habitants au centre de la Chine?

Après un séjour de quatre semaines sur place, dont deux de quarantaine dans un hôtel, l'enquête de la douzaine d'experts internationaux reconnus par leur pairs dans leur diverses spécialités et mandatés par l'OMS s'est achevée sans conclusions définitives.

EUROPE

AstraZeneca: suspensions dans plusieurs pays

Les Pays-Bas ont suspendu dimanche par précaution l'utilisation du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 jusqu'au 28 mars inclus, après que des "effets secondaires possibles" ont été rapportés au Danemark et en Norvège, sans lien avéré à ce stade.

L'Irlande s'est elle aussi ajoutée à la liste des pays européens ayant suspendu par précaution des injections du vaccin anti-Covid-19 d'AstraZeneca après des cas graves de formation de caillots sanguins chez des adultes vaccinés.

La commission irlandaise chargée du programme de vaccination a recommandé cette mesure au nom du "principe de précaution" après un rapport norvégien rapportant "quatre nouveaux cas graves de caillots sanguins chez des adultes".

La Norvège, qui comme l'Islande, le Danemark ou la Bulgarie, avait annoncé la suspension des injections du vaccin d'AstraZeneca, s'est en outre inquiétée samedi de cas d'hémorragies cutanées chez des personnes relativement jeunes ayant reçu une dose du vaccin.

La région du Piémont (nord-ouest de l'Italie) a annoncé dimanche avoir repris les vaccinations AstraZeneca après les avoir suspendues pendant quelques heures, en excluant toutefois par précaution un lot, après la mort d'un enseignant vacciné la veille.

France: effets indésirables avec AstraZeneca chez les pompiers des Bouches-du-Rhône

Les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont suspendu la vaccination de leur personnel contre le Covid-19 avec le vaccin d'AstraZeneca après la survenue d'effets indésirables chez un pompier, ont-il indiqué à l'AFP lundi.

"Par mesure de précaution, nous avons suspendu la deuxième injection du vaccin AstraZeneca", a indiqué une porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) à l'AFP, après qu'un pompier d'Arles a été hospitalisé pour une arythmie cardiaque après sa première injection. Contactée par l'AFP, l'Agence régionale de santé n'était pas disponible immédiatement pour réagir.

Enquête sur un décès en Sicile

Des inspecteurs du ministère italien de la Santé se sont rendus dimanche en Sicile pour mener l'enquête sur la mort d'un militaire de 43 ans décédé le 9 mars dans l'île du sud de l'Italie après l'injection d'une dose du vaccin AstraZeneca. Une autopsie du corps a été réalisée samedi à l'hôpital de Catane (est de la Sicile).

UE: un "passeport vert" pour l'été

Les autorités européennes visent une entrée en service d'un certificat sanitaire, baptisé "passeport vert", pour faciliter les voyages au sein de l'UE, avant les vacances d'été, a annoncé dimanche le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton.

Ce projet de certificat, qui serait "soit sous forme électronique, soit papier", va être présenté mercredi. Il contiendra des informations "qui vont indiquer qu'une personne a été vaccinée contre le Covid-19, ou qu'elle a guéri, ou qu'elle a reçu un résultat négatif au test", a-t-il précisé.

Allemagne: "tolérance zéro" et demande des médecins de soins intensifs pour un retour aux restrictions sévères

Les conservateurs allemands d'Angela Merkel, fragilisés par un scandale financier autour de contrats d'achats de masques anti-Covid, ont promis la "tolérance zéro" face aux malversations, dimanche, après une lourde défaite dans deux scrutins régionaux cruciaux.

Par ailleurs, l'association allemande des médecins de soins intensifs a demandé lundi un retour immédiat à des restrictions sévères pour contenir la troisième vague de Covid-19, alors que les autorités viennent de les assouplir. "D'après les données dont nous disposons et à cause de la diffusion du variant britannique, nous préconisons très fortement de revenir à un verrouillage dès maintenant pour simplement empêcher une forte troisième vague", a déclaré Christian Karagiannidis, directeur scientifique de l'association des médecins de soins intensifs à la radio publique allemande.

Si le gouvernement et les régions ne rétablissent pas immédiatement de sévères restrictions, le nombre de patients en soins intensifs, qui s'élève actuellement à 2.800, pourrait vite atteindre "5 ou 6.000" si "nous donnons l'occasion au virus de se propager", a-t-il prévenu sur la radio RBB.

Italie: reconfinement avant une amélioration espérée au printemps

L'Italie reconfine lundi ses habitants pour éviter la saturation de ses hôpitaux, face à une nouvelle flambée de Covid-19.

Seule l'île de Sardaigne échappe à ce tour de vis. Toutes les autres régions passent en code orange, soit le niveau de confinement intermédiaire, ou rouge, le plus stricte.

La Lombardie et sa capitale régionale Milan, le Latium (la région de Rome), la Vénétie et l'Emilie-Romagne tombent ainsi dans le rouge. Leurs habitants ne sont plus autorisés à se déplacer qu'en cas d'urgence, pour faire leurs courses ou se rendre au travail. Le sport en extérieur doit s'y pratiquer seul, tandis que les écoles ferment leurs portes et privilégient l'apprentissage en ligne.

Ces règles visent une amélioration épidémiologique après les vacances de Pâques et ont été décidées "selon le principe de la plus grande précaution", a déclaré Franco Locatelli, expert auprès du ministère de la Santé, dans une interview accordée lundi au journal Corriere della Sera. Il a ajouté que "la santé prévalait", malgré la grave récession dans laquelle la troisième économie de la zone euro a été plongée par le confinement en 2020.

La semaine passée, l'Italie a passé la barre des 100.000 morts dus à la pandémie de Covid-19 et enregistre une forte hausse des contaminations et des décès, due en grande partie au variant britannique selon les médecins.

Royaume-Uni: les autorités sanitaires britanniques considèrent le vaccin d'AstraZeneca comme sûr

Contrairement à une poignée de pays européens, le Royaume-Uni va continuer d'administrer le vaccin de la firme britannico-suédoise AstraZeneca. "Nous avons examiné les notifications (d'effets secondaires) attentivement. Étant donné l'occurrence naturelle des caillots sanguins et le grand nombre de vaccins inoculés, les éléments ne permettent pas de confirmer que le vaccin en est la cause", a assuré Phil Bryan de l'Agence britannique des médicaments et produits de santé (MHRA). La "commission vaccin" avait récemment plaidé pour la suspension par mesure de précaution de l'administration du vaccin AstraZeneca, développé avec l'Université d'Oxford.

Le Portugal entame un déconfinement qui se veut "prudent"

Avec la réouverture des crèches et des écoles primaires, des salons de coiffure ou des librairies, le Portugal a entamé lundi un plan de déconfinement graduel étalé jusqu'à début mai, afin d'éviter une reprise de l'épidémie de coronavirus qui a durement frappé le pays en début d'année. "Nous entrons aujourd'hui dans la première phase du déconfinement qui doit être très prudent, graduel et au compte-gouttes", a affirmé le Premier ministre Antonio Costa sur son compte Twitter. "Nous ne pouvons pas courir de risques et tout gâcher", a-t-il souligné.

Confronté à une explosion des cas de Covid-19 après les fêtes de fin d'année, qui a provoqué une saturation des hôpitaux du pays, le gouvernement a imposé un deuxième confinement général à la mi-janvier, suivi une semaine plus tard par la fermeture des écoles.

AMERIQUE

New York rend hommage à ses 30.000 morts du Covid-19

New York, qui est la ville des Etats-Unis la plus endeuillée par le coronavirus, a rendu un hommage émouvant à ses 30.258 morts, un an après le début de la pandémie. "Nous avons perdu plus de New-Yorkais que dans la Seconde Guerre mondiale, la guerre du Vietnam, l'ouragan Sandy et le 11-Septembre réunis. Chaque famille a été affectée, et pour tant de familles il y a de la douleur, de la douleur à vif", a dit le maire Bill de Blasio lors d'une cérémonie virtuelle en direct, après avoir demandé d'observer une minute de silence en hommage aux victimes.

L'édile démocrate a notamment mentionné les "héros de la santé" qui "ont sauvé des vie", parfois à leurs dépens, et a également demandé de se souvenir des bons moments. "Quoi qu'il arrive, personne ne peut vous prendre les danses que vous avez déjà dansées !", a dit Bill de Blasio en espagnol, citant ainsi une phrase de l'écrivain colombien et prix Nobel de littérature Gabriel Garcia Marquez, dans une ville où un tiers des immigrés sont d'origine latine.

La cérémonie virtuelle a commencé par un court récital de la Philharmonie de New York, devant des bougies allumées sur l'emblématique pont de Brooklyn par une nuit glaciale et venteuse. De grandes photos en noir et blanc des victimes ont été projetées sur le pont.

Il y a eu des discours de chefs religieux, d'un jeune poète, de témoins, ainsi que la participation d'Hezekiah Walker, pasteur de la grande église de Brooklyn (Love Fellowship Tabernacle Church) et populaire artiste gospel, accompagné de la chorale The Love Fellowship.

USA: Réduire la distanciation ?

Les autorités américaines envisagent de réduire la distance sociale recommandée pour limiter la propagation du Covid-19, de deux à un mètre, ce qui faciliterait la réouverture des écoles, a déclaré dimanche l'immunologue Anthony Fauci.

AFRIQUE

La Somalie reçoit 300.000 doses de vaccin anti-Covid

La Somalie a reçu lundi une première cargaison de 300.000 doses du vaccin d'AstraZeneca contre le Covid-19, destinées à ceux qui travaillent en première ligne à lutter contre la maladie ainsi qu'aux personnes les plus à risque, a annoncé le gouvernement. Ces vaccins, fabriqués en Inde par le Serum Institute of India, sont fournis par le biais de l'initiative Covax qui vise à tenter d'assurer une distribution équitable des vaccins. Ce mécanisme est géré par l'Alliance du Vaccin (Gavi), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (Cepi).

"L'arrivée des vaccins contre le Covid-19 intervient à un moment critique pour la Somalie qui connaît une nouvelle vague de l'épidémie", a déclaré la ministre de la Santé, Fawziya Abikar Nur, dans un communiqué. "Elle ne peut être contenue que si tous les pays font front ensemble, y compris la Somalie".

ASIE

L'Indonésie reporte le lancement de la vaccination avec AstraZeneca

L'Indonésie va reporter le lancement de la campagne de vaccination contre le Covid-19 avec AstraZeneca en attendant une décision de l'Organisation mondiale de la Santé, après le signalement d'effets secondaires possibles, a annoncé le ministre de la Santé du pays asiatique lundi. "Pour être prudents", l'autorité de régulation indonésienne de la Santé "reporte l'utilisation d'AstraZeneca en attendant une confirmation de l'OMS", a déclaré Budi Gunadi Sadikin devant le parlement.

Une dizaine de pays ont suspendu par précaution l'utilisation du vaccin AstraZeneca, après le signalement d'effets secondaires "possibles" mais sans lien avéré à ce stade.

Le groupe pharmaceutique anglo-suédois affirme de son côté qu'il n'y a "aucune preuve de risque aggravé" de caillot sanguin entraîné par son vaccin, tandis que l'OMS avait estimé vendredi qu'il n'y avait "pas de raison de ne pas utiliser" ce vaccin.

Le vaccin développé par AstraZeneca avec l'université d'Oxford est l'un des moins chers sur le marché, et il est crucial pour garantir l'accès des pays pauvres à la vaccination.

L'Indonésie, le quatrième pays le plus peuplé du monde, a reçu 1,1 million de doses d'AstraZeneca en mars, et en attend 10 millions en avril.

Jusqu'à présent, l'archipel avait eu recours au vaccin chinois Sinovac. Il prévoit de vacciner d'ici un an plus de 181 millions de personnes, sur une population totale de quelque 270 millions.

L'Indonésie est l'un des pays asiatiques les plus touchés par la pandémie, avec plus de 1,4 million de cas et près de 39.000 morts, mais le bilan réel pourrait être plus lourd.