Depuis plusieurs jours, les révélations s'accumulent dans les journaux sur plusieurs fêtes qui auraient eu lieu en novembre et décembre l'an dernier, alors que les Britanniques étaient privés de la possibilité de voir des proches ou de fêter Noël.

Quelques heures après s'être excusé pour la diffusion d'une vidéo dans laquelle une conseillère plaisantait sur la tenue supposée d'une de ces fêtes, Boris Johnson a annoncé mercredi un retour au télétravail et l'instauration d'un passeport sanitaire dans des lieux de grand rassemblement pour contrer l'avancée du très transmissible Omicron.

Mais juste avant les fêtes, il a estimé "OK" de maintenir les "Christmas parties" entre collègues, tradition très britannique, à condition de faire montre de prudence.

Ces annonces passent mal auprès de dizaines de députés de la majorité conservatrice, soucieux de leur impact économique et déjà échaudés par des précédents scandales entourant le gouvernement, en matière de lobbying notamment.

Certains de ces élus estiment aussi que le mauvais exemple donné par le pouvoir est susceptible de mettre à mal le respect des restrictions par la population.

Les nouvelles mesures sont aussi tournées en ridicule dans la presse britannique, qui accuse le gouvernement d'hypocrisie.

"N'allez pas au travail, mais allez à des fêtes", titre jeudi le Daily Telegraph. Le quotidien de droite va même jusqu'à s'interroger si c'est "le début de la fin" pour le dirigeant conservateur, qui en avait été un éditorialiste vedette. Il ressort très affaibli dans les sondages, une majorité de Britanniques étant favorables à sa démission.

"Une règle pour eux, de nouvelles règles pour le reste d'entre nous", titre le Daily Mail. Un autre tabloïd, The Sun, représente Boris Johnson comme le "Grinch": "Une règle pour eux. Faites comme vous voulez jusqu'à ce que vous vous fassiez prendre".

Downing Street a affirmé à plusieurs reprises que toutes les règles anti-Covid avaient été respectées lors du confinement fin 2020.