Ce mercredi soir doit se disputer le huitième de finale de Ligue des Champions entre Lyon et la Juventus Turin. Aucune mesure particulière n'a été prise par les autorités. Des voix s'élèvent pourtant face aux risques de contamination.

L'épidémie du nouveau coronavirus qui sévit dans le Nord de l'Italie fait planer une ombre au-dessus du stade de l'Olympiques Lyonnais, où près de 3.000 supporters, venus de toute la Botte, sont attendus dans l'enceinte à guichets fermés.

La rencontre est pour le moment maintenue "dans sa configuration initiale", selon un communiqué du club lyonnais publié mardi après-midi, bien que la Juventus jouera dimanche à huis clos, contre l'Inter, pour éviter tout risque de propagation dans le pays européen le plus touché par le virus.

Mercredi matin, plusieurs figures de l'opposition ont critiqué cette décision "incohérente", selon l'ancienne ministre Ségolène Royal sur France 2, "pas raisonnable" pour la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen sur France Inter.

"Une folie totale"

Christophe Quiniou, maire de Mayzieu, commune située non loin du stade, a quant à lui fait part de son incompréhension sur les ondes de la radio RTL. "Rassembler au même endroit 50.000 personnes et y injecter 3.000 supporters italiens qui peuvent venir de toute la région d'Italie, ça semble présenter un risque qui n'est pas raisonnable", s'inquiète-t-il. "Si on voulait organiser la diffusion du virus, on ne ferait pas autrement".

Invité sur la chaîne Cnews, Jean-Paul Hamon, président de la fédération des médecins de France a lui ausi fait part de ses craintes. "Je pense que c'est une folie totale de laisser venir 3.000 Turinois ce soir à Lyon. D'autant que les Lyonnais n'iront certainement pas à Turin dans quinze jours. C'est prendre un risque inutile."


"Pas de risque"

Un avis qui n'est pas partagé par Bruno Lina, virologue aux Hospices Civils de Lyon, qui a tempéré auprès du quotidien régional Le Progrès. "Il n’y a pas de risque à aller voir le match de foot OL-Juventus", dit-il. "Il faut arrêter de penser que tous les Italiens arrivent en France avec le coronavirus !", insistant sur le fait que les Italiens "ont fait ce qu'il fallait."

C'était aussi la position défendue par Jean-Michel Aulas, le président du club de foot de l'OL, sur BFMTV. "Ce n'est pas utile, dans un moment où on est dans la convivialité, dans le sport, de créer un certain nombre d'angoisses supplémentaires. La crainte pour nous n'est pas liée au virus, mais plutôt à la qualité de cette équipe turinoise.

Olivier Véran, ministre français de la Santé, a une nouvelle fois tenu à rassurer ce mercredi après-midi. "Il n'y a pas de malade identifié à Turin ou dans le Piémont", insiste-t-il. Le match devrait donc bien avoir lieu.