La Commission européenne est particulièrement irritée cette semaine par la récente annonce de la firme pharmaceutique, selon laquelle les livraisons de son vaccin à l'UE ne seront pas aussi importantes qu'attendu dans un premier temps. Cela est dû à une "baisse de rendement" dans un site de production européen, selon l'entreprise. Son vaccin contre le coronavirus n'est pas encore autorisé sur le marché européen, mais le feu vert (de l'EMA puis de la Commission) est attendu sous peu et les États membres comptent sur ce nouveau produit pour accélérer leurs campagnes de vaccination.

Après deux réunions lundi avec des responsables de la firme, la Commission européenne a jugé les justifications d'AstraZeneca insuffisantes, et a prévu une nouvelle discussion mercredi.

Interrogée par des journalistes, Dana Spinant, porte-parole de l'exécutif européen, confirmait cependant vers midi que l'entreprise n'y participerait finalement pas. "Nous avons ce soir une réunion du steering board sur la stratégie de vaccination, mais AstraZeneca nous a dit ce matin que la participation de son représentant n'était pas confirmée, que cela ne se ferait pas", a-t-elle indiqué.

Une porte-parole de l'entreprise a démenti dans la foulée, auprès de Belga, cette information. AstraZeneca sera, selon elle, bien représentée lors de la réunion, qui rassemble des responsables de la Commission et des 27 États membres.

Dans des entretiens avec la presse, le CEO d'AstraZeneca, Pascal Soriot, avait répliqué mardi aux critiques européennes. Il a par exemple expliqué à La Repubblica que l'entreprise n'était "pas engagée" contractuellement envers l'UE sur un calendrier précis de livraison. "On s'est engagé à faire de notre mieux", indique-t-il, rappelant que le contrat européen a été signé trois mois plus tard que celui avec le Royaume-Uni.

La Commission attendait 80 millions de doses du vaccin d'AstraZeneca d'ici fin mars, mais l'UE n'en recevrait finalement que 31 millions sur cette période.

Par ailleurs, pour Pascal Soriot, les difficultés de "rendement" n'ont rien d'anormal. Les partenaires du groupe devaient "apprendre" le processus de production et "n'étaient pas aussi efficaces que les autres (...) Ce n'est vraiment pas de chance. Rien de mystérieux là-dedans".