Le djihadiste avait emprunté 6.000 € un mois avant l’attaque de l’Hyper Cacher.

La question du financement des réseaux terroristes issus du djihadisme reste ouverte. Sont-ils soutenus par l’État islamique ou Al-Qaïda, d’où les ordres seraient venus pour le double attentat à Paris ?

Ce que l’on sait avec certitude, en revanche, c’est qu’Amédy Coulibaly a contracté un crédit personnel auprès de Cofidis le 4 décembre 2014. Pour un montant de 6.000 €. Troublant lorsque l’on sait que les armes retrouvées sur le djihadiste lors de l’assaut mené par le Raid porte de Vincennes ont une valeur de 6.000 €, précisément, sur le marché noir.

Cela peut paraître étonnant au premier abord qu’il ait obtenu ce crédit, mais il faut savoir qu’en matière de crédit personnel, aucune justification quant à l’utilisation des fonds n’est demandée.

Amédy Coulibaly a donc introduit un dossier classique, demandant à ce que les fonds soient disponibles huit jours plus tard, ce qui réduisait son droit de rétractation (14 jours normalement), afin d’avoir l’argent plus rapidement.

Plus étonnant, il a également souscrit une assurance décès !

La durée du prêt s’étale sur 60 mois, pour un montant total, intérêts inclus, de 8.316 €, avec une première mensualité prélevée le 5 janvier, d’un montant de 138 €.

Pour souscrire ce prêt, Amedy Coulibaly a joint toutes les pièces nécessaires. On retrouve donc dans son dossier : la copie de sa carte d’identité, sa dernière facture téléphonique, un relevé d’identité bancaire du Crédit Agricole de Paris et d’Ile-de-France, son avis d’imposition (où il déclare 33.714 € de revenu imposable pour l’année 2013), ainsi qu’une fiche de paie d’une entreprise de la région parisienne (Naxos) qui indique qu’il a touché, pour le mois de novembre 2014, 2 978 €.

Naxos n’est autre qu’une filiale télécom du groupe Telcité/RATP, domiciliée dans un bâtiment de la régie autonome des transports parisiens. Petit détail : elle n’a aucun salarié et ce n’est pas la première fois que des organismes de crédit reçoivent des demandes de personnes se disant employées par Naxos. Ce qui étonne certains car la technique commençant à être connue, comment Cofidis a pu s’y laisser prendre… D’ailleurs, la filiale de crédit du groupe PSA Peugeot Citroën, avait refusé quelques semaines auparavant un crédit d’un montant identique à Coulibaly, sur base d’un dossier identique, avec fausse fiche de paie de Naxos.

Pour Cofidis, la procédure a été respectée, les pièces justificatives étant suffisantes pour un emprunt d’un montant qu’elle qualifie "d’assez faible".