La Côte d'Ivoire en pleine effervescence

ABIDJAN Les forces loyales au président ivoirien, Laurent Gbagbo, ont déjoué dans la nuit de dimanche à lundi une tentative de coup d'Etat, qui a fait au moins six morts dans les deux camps à Abidjan, où le calme semblait rétabli dans l'après-midi.

Des assaillants non identifiés et dont le nombre n'était pas connu avec précision ont attaqué de façon simultanée vers 23h30 dimanche, dans une opération apparemment bien planifiée, une série de points stratégiques dans la capitale économique, notamment les sièges de la télévision et de la radio, la résidence présidentielle et le principal camp de gendarmerie de la ville.

Le président Gbagbo ne se trouvait pas à Abidjan, ayant quitté la ville en fin de semaine. Le gouvernement avait été informé de la préparation d'un coup de force, ont indiqué les ministres de la Défense, Moïse Lida Kouassi, et de l'Intérieur, Emile Boga Doudou.

Au prix de combats très intenses, les assaillants ont réussi à prendre la télévision, dans le quartier chic de Cocody, et la radio, dans le quartier administratif du Plateau, qui ont cessé leurs émissions.

Les mutins ont pu faire diffuser un message à la radio, appelant leurs "frères d'armes à les rejoindre ´, mais sans poser de revendication précise.

Après un apparent flottement initial, les forces loyalistes ont réussi à reprendre le dessus, regagnant le contrôle d'abord de la télévision où les affrontements ont été très violents puis de la radio.

Dans la soirée, la peur et la confusion continuaient toutefois de régner dans la capitale économique du pays, encore sous le choc de ce coup d'Etat avorté, le deuxième depuis l'accession au pouvoir du socialiste Laurent Gbagbo voilà deux mois.

Les rues étaient désertes, à l'exception de celles où circulaient des militaires en patrouille.