L'effet d'une bombe. Après la diffusion du reportage "Nicolas Hulot: des femmes accusent", Élise Lucet, la journaliste et présentatrice d'Envoyé Spécial, était l'invitée de BFMTV. L'occasion pour elle d'en dire plus sur les coulisses du documentaire qui a découlé sur une enquête judiciaire.

Pour la journaliste, les femmes qui ont témoigné ne sont pas des cas isolés. "Depuis (la réalisation du documentaire), il y a d'autres conversations qu'on a eues avec des femmes qui n'ont pas encore témoigné parce que ce n'est pas encore le moment pour elles", a-t-elle expliqué. "Elles sont en train de réfléchir à savoir si elles vont témoigner, mais je pense qu'à un moment ou à un autre, elles le feront", a ajouté Élise Lucet.

Bien évidemment, la présentatrice a expliqué qu'elle comprenait ces victimes. "C'est à elles de décider quand elles veulent témoigner et la manière dont elles veulent le faire. (...) C'est à nous (journalistes) de respecter leur décision."

Elle a également tenu à préciser pourquoi elle avait anonymisé certains témoignages. "C'est un contrat de confiance entre elles et nous et (...) de la protection des sources", estime-t-elle. Tout en expliquant qu'elles avaient voulu éviter toutes formes de "pression ou d'intimidation".


Pour se défendre, Nicolas Hulot avait déclaré qu'il vivait un véritable tribunal médiatique. Ce à quoi Élise Lucet rétorque "qu'il s'est lui-même trouvé sur un plateau de télévision pour s'expliquer." Elle revient aussi sur le droit de réponse de l'ancien animateur d'Ushuaia. "Nous ne l'avons jamais convoqué. On lui a proposé de regarder ces témoignages ou floutés ou de les entendre en audio et ensuite de recueillir sa réaction, il a refusé. Une émission de télévision ne convoque jamais personne", a-t-elle raconté.

Attaqué de toutes parts, Nicolas Hulot avait déjà répondu aux critiques sur BFMTV avant la diffusion du reportage. Pour l'ancien ministre de la Transition écologique, toutes ces femmes "mentaient". Le documentaire a également reçu certaines critiques à propos de la prescription des faits. Élise Lucet a tenu à y répondre. "Il n'y a pas de prescription journalistique. C'est comme si je vous disais que nous avions découvert un scandale qui a eu lieu il y a 25 ans et que nous n'en parlerions pas!"

Présente à ses côtés, Virginie Vilar, la réalisatrice du documentaire, a affirmé que la prise de parole de Nicolas Hulot avait été vécue "très difficilement" pour certaines femmes qui avaient témoigné. Notamment le fait d'être qualifiée de "menteuse". "Ça leur rappelle aussi qu'elles affrontent un homme puissant", conclut-elle.