Monde Le journaliste Daniel Pearl a été décapité par ses ravisseurs musulmans

KARACHI Un meurtre `criminel et barbare´, pour le président des Etats George W. Bush. Un `acte de barbarie´, pour la direction du Wall Street, auquel appartenait Daniel Pearl. Reporters Sans Frontières (RSF) a pour sa part exprimé `son horreur et sa révolte´ après la mort du journaliste américain, décapité par ses ravisseurs musulmans qui lui ont fait payer le prix du rapprochement entre le Pakistan et les Etats-Unis à la suite des attentats du 11 septembre.

Le journaliste du Wall Street Journal, âgé de 38 ans, avait été enlevé le 23 janvier dernier alors qu'il enquêtait dans les milieux islamistes pakistanais et sur des liens supposés entre Richard Reid, auteur d'une tentative d'attentat à la chaussure piégée à bord d'un vol Paris-Miami en décembre dernier et le réseau al-Qaïda d'Oussama ben Laden.

Le groupe ayant revendiqué son enlèvement, le Mouvement national pour la restauration de la souveraineté pakistanaise, avait accusé Daniel Pearl d'être un espion - dans un premier temps de la CIA, puis des services de renseignement israéliens -. Il voulait aussi protester contre le traitement réservé par les Etats-Unis aux prisonniers taliban ou membres du réseau de ben Laden.

En Californie, la famille du journaliste américain a réagi à la nouvelle avec chagrin. `Nous sommes choqués et attristés par la confirmation que nos pires cauchemars ont été réalisés. Il y a encore quelques heures, nous étions confiants et pensions que Danny reviendrait sain et sauf, car nous pensions qu'aucun être humain serait capable de faire du mal à une âme aussi douce´, déclaré la famille dans un communiqué. Cette exécution est d'autant plus atroce que l'épouse de Daniel Pearl est enceinte de sept du premier enfant du couple.

Condamné par les principaux partis islamistes pakistanais, le meurtre de Daniel Pearl est perçu comme une vengeance contre le gouvernement du président Musharraf, rallié au camp occidental depuis les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, alors que le Pakistan avait été le principal soutien des taliban.

Véritable cible de cet acte de barbarie, le président pakistanais Pervez Musharraf s'est du reste engagé vendredi à `liquider les terroristes´ responsables du meurtre du journaliste américain. `Je pense qu'avec de tels actes, notre détermination s'accroît à agir plus fermement contre tous ces terroristes et ces organisations qui perpètrent des actes terroristes, à agir contre eux et à les liquider entièrement de ce pays´, a-t-il déclaré lors d'une intervention télévisée.