Une manière pour la candidate RN à la présidentielle de faire oublier sa proximité passée avec Vladimir Poutine, dont elle condamne l'offensive militaire en Ukraine, tout en continuant à critiquer les sanctions décidées contre Moscou, qui ont généré une flambée des prix notamment de l'énergie.

Celle qui se présente comme la "candidate des solutions concrètes" promet, si elle est élue, que le litre du gazole baissera de 44 centimes et celui de l'essence de 34 centimes.

De quoi plaire à son électorat populaire, qui commence à s'intéresser à la présidentielle et qui vit souvent en zones rurales ou périphériques, où la voiture est indispensable pour aller travailler et pour laquelle le litre d'essence ou de gazole coûte désormais plus de deux euros, tandis que les prix de l'alimentaire eux aussi s'envolent.

Pour obtenir cette baisse des prix à la pompe, la candidate d'extrême droite propose de ramener de 20% à 5,5% la TVA sur l'électricité, le gaz, et les carburants. Une idée lancée dès l'automne qui lui a permis de se différencier de son rival Éric Zemmour, accusé de rester focalisé sur l'immigration et qui attire un électorat plus bourgeois.

Gilets jaunes

Coût de cette mesure: 12 milliards d'euros, que la candidate entend financer par des "économies" sur l'immigration, la fraude, ou la contribution de la France à l'UE.

Mais avec le choc énergétique de la guerre en Ukraine, Marine Le Pen a dégainé une autre proposition consistant à annuler, tant que le baril dépasse les 100 dollars, les hausses de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) entre 2015 et 2018.

Celles décidées justement par son adversaire Emmanuel Macron, quand il était ministre puis président, et dont la dernière avait contribué à l'émergence du mouvement des Gilets jaunes, souligne-t-elle.

Marine Le Pen entend ainsi se différencier du président sortant désormais candidat qui, en pleine crise russo-ukrainienne, s'envole dans les sondages au-dessus de 30%, quand elle atteint 18% mais reste en mesure, à ce stade, de se qualifier pour le second tour.

Elle "montre une certaine résilience" face à son rival Éric Zemmour, qui vient pourtant de recruter sa nièce Marion Maréchal, note le sondeur Frédéric Dabi.

Dans l'esprit d'aider les "petits" contre les "gros", la candidate nationale-populiste a aussi promis de "taxer" les groupes pétroliers, qui "font de très bonnes affaires" selon elle avec les hausses de prix des carburants.

Après avoir défendu mercredi son "pragmatisme" devant les patrons de TPE-PME, jugeant que "tout avait été fait pour les grands groupes" au cours du quinquennat d'Emmanuel Macron.

"Où va l'argent ? C'était la question des Gilets jaunes. C'est à cette question que le président de la République doit répondre", a-t-elle lancé jeudi.

"Hara-kiri"

En meeting à Bouchain, dans le Nord, vendredi soir, après un marché à Armentières et avant un autre à Dunkerque, elle vantera ces mesures en même temps que des baisses d'impôts pour les indépendants.

La candidate, qui assume sa rencontre avec Vladimir Poutine en 2017, peut ainsi continuer de critiquer les sanctions décidées contre lui au vu de l'inflation qu'elles génèrent.

Elle s'oppose ainsi à tout embargo européen sur le pétrole russe, qui reviendrait selon elle à "se faire hara-kiri" étant donné le risque de "faire mourir notre économie avant celle de la Russie".

Pour elle, le conflit en Ukraine a fait ressurgir des sujets "essentiels" tels que la "souveraineté énergétique" et la "souveraineté alimentaire".

A ce titre, Marine Le Pen entend sortir la France du marché européen de l'électricité pour bénéficier des prix de production français "plus bas que les importations de gaz russe" choisies par l'Allemagne.