Depuis son passage sur BFMTV, Jawad Bendaoud est devenu la risée des réseaux sociaux. Cet homme, qui a fourni un logement aux terroristes qui ont frappé à Paris le 13 novembre, déclarait alors tout ignorer du profil de ses locataires. 

"J'étais pas au courant que c'était des terroristes. On m'a demandé de rendre service, j'ai rendu service. On m'a dit d'héberger deux personnes pendant trois jours et j'ai rendu service normalement", s'était-il justifié.

Des explications qui avaient beaucoup amusé les internautes. Les parodies et détournements s'étaient multipliés.

L'Obs révèle ce vendredi des extraits d'une lettre de 18 pages que Jawad Bendaoud a adressée, mi-décembre, à un juge en charge du dossier des attentats parisiens. Depuis la maison d'arrêt de Villepinte, il explique notamment ne pas avoir demandé à être filmé par "ce foutu cameraman". "Il m’a entendu dire aux policiers que j’étais le loueur de l’appartement, il a allumé sa caméra si j’avais su ce qu’aurait causé cette interview je n’aurais jamais parlé (...) Je suis passé d’une vie normale à une vie d’enfer en une fraction de seconde. Mon nom de famille a été sali, je fais l’objet de parodies, de blagues."

Celui qui est soupçonné notamment de participation à une association de malfaiteurs terroristes criminelle indique que "A aucun moment je n’ai senti une ambiance terroriste ou dangereuse dans la location de l’appartement (...) Je suis conscient d’avoir hébergé les pires assassins que la France n’a jamais connu, mais à aucun moment je me suis associé je n’ai vu de mes yeux des armes".

Dans cette missive, il répète qu'il ignorait tout de l'identité des personnes hébergées. Il soutient qu'entre les attentats et le moment de son interpellation, il n'a regardé la télévision qu'une seule fois. "Je mangeais des lentilles au bœuf dans le salon avec mon père, à aucun moment le mot 'Belgique' n’a été évoqué (...) Il y avait une pancarte de Paris, une carte avec des dessins d’explosion (...) Je ne savais pas que des Belges avaient participé à des attentats. Si j’avais su oui, j’aurais pu tilter."

Celui qui se présente comme "marchand de sommeil à mes heures perdues" déclare qu'il a vu Abaaoud quelques heures avant que les forces de l'ordre n'interviennent dans l'appartement. Il le décrit de la sorte : "Abaaoud était habillé comme un jeune normal, il était rasé, il n’avait pas de barbe, il portait un bob et son complice une casquette bleue de basket ball américain".

Jawad Bendaoud précise encore qu'il n'a "rien à voir avec Daech, ni de loin ni de près".