Les manifestants ont commencé à affluer ce lundi matin au boulevard Albert II, derrière la Gare du Nord. Les syndicats avaient donné rendez-vous à leurs militants à 10h pour un départ du cortège fixé à 11h.

Juste avant le départ, des représentants syndicaux se sont exprimés sur une grande scène installée au croisement des boulevards Botanique, Émile Jacqmin et Albert II. Thierry Bodson, le président de la FGTB, a évoqué la présence de 80.000 manifestants à Bruxelles -- la police a de son côté rapporté un peu plus tard le chiffre de 70.000 participants. "On n’a plus vu ça depuis 10 ans", a déclaré au micro Thierry Bodson. "Pas touche à l'indexation automatique des salaires", ont également clamé les responsables syndicaux pendant leurs discours.


Sur place, l'ambiance est festive avec beaucoup de musique. Les militants FGTB, CSC et CGSLB se motivent à l'aide de musique dansante et de coups de pétards. "Tous ensemble, tous ensemble", reprennent en choeur certains manifestants.


"Fais ta valise, la loi 96", scandent des membres de la Setca de Liège, présents en masse avec une énorme banderole aux inscriptions : "Si tu touches à mon index, attends-toi à mon poing".

A LN24, une dame confie ses craintes. "Un couple qui travaille à deux ne s'en sort plus", explique-t-elle.

"Ce ne sont pas les primes ici et là du gouvernement qui vont nous permettre de survivre à cette crise", indique un autre participant.

Toujours auprès de nos confrères, un troisième militant assure que "ce ne sont pas des cacahuètes qui vont remplir les caddies".

Un autre lance quant à lui: "Les travailleurs sont en train de crever! On n'en peut plus!"


Un peu plus loin, des bruits de pétards résonnent et un militant ayant dégainé un fumigène est acclamé par d'autres manifestants.

© Elise Legrand
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Place au cortège

Après les discours des six présidents/secrétaires généraux des trois syndicats, le cortège s'est élancé vers 11h35 en direction du Botanique, pour passer ensuite par la Gare Centrale et le Mont des Arts, puis redescendre vers la place Fontainas et se terminer à Bruxelles-Midi.

© Elise Legrand
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Pour rappel, les syndicats avient donné rendez-vous aux militants pour demander une amélioration du pouvoir d'achat, en pleine flambée des prix, et une modification de la loi sur la norme salariale de 1996, qui cadenasse les négociations sur les salaires.

Le cortège gagne la gare du Midi, les manifestants reprennent le train

Le cortège de militants rouge-vert-bleu a atteint la gare du Midi en début d'après midi, lundi. La manifestation nationale se disloque dans une ambiance plutôt bon enfant, a observé Belga. Du personnel soignant aux cheminots en passant par les enseignants, les aides-ménagères ou encore l'industrie... La manifestation a attiré des secteurs variés venant des quatre coins du pays.

Un comité fédéral à la FGTB le 28 juin pour décider de la suite de la mobilisation

Un comité fédéral se tiendra le 28 juin à la FGTB pour décider des prochaines étapes de la mobilisation. C'est ce qu'a indiqué le président du syndicat socialiste Thierry Bodson, alors qu'il quittait la manifestation nationale pour le pouvoir d'achat. "A partir de demain, nous allons retourner voir nos militants et demander qu'ils prennent la température auprès des travailleurs", a indiqué le président de la FGTB. "L'objectif est de déterminer si nous pouvons obtenir la mobilisation nécessaire et jusqu'où nous pouvons aller."

Entre 70.000 et 80.000 personnes se sont rassemblées lundi à Bruxelles, selon les estimations respectives de la police et des syndicats. Ces derniers avaient appelé à manifester pour défendre le pouvoir d'achat et réclamer une modification de la loi sur la norme salariale qui "étouffe" la négociation des salaires, selon eux.

Pour la FGTB, la manifestation est une "réussite absolue" en termes de nombre. La dernière manifestation de cet acabit remonte à 2015, sous le gouvernement Michel.

Pour la secrétaire générale de la CSC Marie-Hélène Ska, il s'agit d'une "belle mobilisation" qui prouve que les revendications des syndicats sont "sérieuses". "Nous attendons désormais une réponse adéquate."

La CSC ne se prononce pas encore sur la poursuite des actions à la rentrée et se concentre plutôt sur l'audition des syndicats au parlement fédéral le 29 juin prochain, a ajouté Mme Ska.