En soirée, des résidents de Bnei Brak, ville ultra-orthodoxe en banlieue de Tel-Aviv, puis de la localité voisine de Ramat Gan, ont fait état d'un homme circulant en voiture et ouvrant le feu sur des passants.

La police a affirmé avoir abattu l'assaillant sans en révéler l'identité. Mais des médias locaux l'ont identifié comme Dia Hamarshah, un Palestinien ayant passé quatre ans dans les prisons israéliennes et originaire de Yaabad dans le nord de la Cisjordanie occupée.

"Nous avons malheureusement constaté la mort de cinq personnes", a déclaré à la chaîne Kan, Elie Bin, directeur de la Magen David Adom, l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Les policiers étaient présents en force en soirée à Bnei Brak, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett devait réunir en soirée de hauts responsables sécuritaires après les nouvelles attaques qui n'ont pas été revendiquées dans l'immédiat.

A Yaabad, des témoins ont indiqué à l'AFP que des hommes distribuaient dans la soirée des friandises en guise de "célébration" après les attaques.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas au pouvoir à Gaza, a affirmé dans un communiqué que "cette opération est une réponse naturelle aux crimes de l'occupation contre les droits de notre peuple et de notre terre et de nos lieux saints".

Attaques jihadistes 

Dimanche à Hadera, dans le nord d'Israël, deux policiers, dont une Franco-Israélienne, ont été tués dans une fusillade revendiquée par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI). Elle a été saluée par le Hamas, le Jihad islamique, second mouvement islamiste armé palestinien, et le Hezbollah libanais.

Le Hamas a jugé alors que l'attaque avait été "menée en réponse au sommet de normalisation sur notre terre", en référence à une rencontre inédite organisée dimanche et lundi sur le sol israélien entre des chefs de la diplomatie américaine, israélienne et de quatre pays arabes.

La police israélienne a identifié les assaillants qui ont été abattus comme des agents arabes israéliens de l'EI venant d'Umm al-Fahm, ville arabe du nord d'Israël où les autorités ont mené des arrestations dans la foulée.

Le 22 mars, à Beersheva (sud), quatre Israéliens -deux hommes et deux femmes- ont été tués dans une attaque au couteau et à la voiture-bélier perpétrée par un homme inspiré de l'idéologie du groupe EI.

L'assaillant, qui a été abattu, était un enseignant condamné en 2016 à quatre ans de prison pour avoir planifié de se rendre en Syrie afin de combattre au sein de l'EI et pour des prêches faisant son apologie.

Atténuer les tensions

Ces attaques surviennent au moment où des rencontres se multiplient pour tenter d'atténuer les tensions à l'approche du ramadan, mois de jeûne musulman qui doit débuter en fin de semaine.

En 2021, des heurts entre forces israéliennes et manifestants palestiniens pendant le ramadan à Jérusalem, notamment sur l'esplanade des Mosquées, avaient mené à une guerre meurtrière de 11 jours entre le Hamas, au pouvoir à Gaza, et l'armée israélienne.

Le ministre de la Défense Benny Gantz s'est entretenu mardi avec le roi jordanien Abdallah II à Amman, avant une visite similaire mercredi du président israélien Isaac Herzog.

Devant M. Gantz, le roi a appelé "à lever tout obstacle à la prière des musulmans sur l'esplanade des Mosquées (à Jérusalem-Est) et à empêcher les provocations qui pourraient entraîner une escalade", a indiqué le palais royal.

Selon un communiqué de ses services, M. Gantz a discuté avec le roi des "mesures qu'Israël entend prendre en vue de garantir la liberté de prier à Jérusalem" et en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, pendant le ramadan.

Il a par ailleurs souligné "l'importance du maintien de la stabilité régionale et la nécessité de combattre le terrorisme".