Selon la presse locale mexicaine, c'est le Five-seveN qui, en mars 2013 dans l'Etat de Chihuahua, aurait fait feu à 18 reprises sur Jaime Guadalupe González Domínguez, journaliste et directeur du média en ligne Ojinaga Noticias.

Un Five-seveN fut aussi retrouvé en novembre 2012 sur les lieux d'une fusillade qui, opposant des soldats et des membres du cartel de Sinaloa, avait coûté la vie à un militaire et cinq civils.

Dans les 9.000 documents relatifs aux achats d'armes par l'armée mexicaine obtenus par l'association américaine Stop US Arms To Mexico, il apparaît que la FN Herstal a envoyé au moins 8.367 armes vers le Mexique entre 2008 et 2019. Il semble qu'au mépris des textes légaux plus de 200 armes à feu belges aient été délivrées aux polices municipales et fédérale du Mexique sans l'approbation du gouvernement wallon.

Les cartels quant à eux parviennent à se procurer l'arsenal en principe réservé aux militaires grâce au trafic transfrontalier avec les Etats-Unis.

L'analyse de près de 6.500 mises en accusation pour trafic d'armes prononcées aux Etats-Unis entre 2006 et novembre 2020, partagée par l'association US Violence Policy Center (VPC) avec Forbidden Stories et ses partenaires dont Le Soir, établit que près d'une arme sur dix figurant dans ces dossiers a été produite par la FN Herstal. Et parmi celles-ci, 393 FN Five-SeveN.

Contactée par Le Soir, la FN Herstal a répondu qu'il n'était pas dans sa politique de "commenter ses activités par voie de presse" et qu'elle veille "au strict respect et à la mise en œuvre des réglementations en matière de contrôle des exportations".

Le cabinet du ministre-président wallon, Elio Di Rupo, en charge de la délivrance des licences d'exportations d'arme, a pour sa part signalé par écrit qu'il restait "particulièrement attentif aux licences à destination du Mexique". "Elles font l'objet d'analyses de la Commission d'avis sur la base des différents critères de la Position commune de l'Union européenne. Les licences qui ont été octroyées par le ministre-président ne sont destinées qu'à l'armée mexicaine et non à la police".