Dans un contexte sanitaire toujours très tendu, même si la situation s'est améliorée ces derniers jours, la participation a comme prévu chuté.

A 17H00 GMT, seuls 45,7% des quelques 5,5 millions d'électeurs avaient voté, un chiffre en baisse de 22 points par rapport aux précédentes régionales de 2017.

Selon les enquêtes d'opinion rendues publiques avant le scrutin, la participation pourrait s'établir pour l'ensemble de la journée à moins de 60% contre un record d'environ 80% en 2017.

Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 9H00 (08H00 GMT), doivent fermer à 20H00 (19H00 GMT) après une dernière heure réservée au vote des personnes malades du Covid-19 ou en quarantaine. Une situation exceptionnelle qui obligera le personnel des bureaux à porter des combinaisons de protection intégrale.

Le gouvernement régional avait décidé de repousser le scrutin à fin mai en raison de la pandémie mais la justice est intervenue pour rétablir la date initiale.

"Il est évident que ce n'est pas le meilleur moment pour faire des élections (...) mais on s'expose aussi chaque jour lorsque l'on va travailler en métro", a déclaré à l'AFP Sergi López, un Barcelonais de 40 ans.

Signe du malaise chez les électeurs, environ 35.600 personnes sur les 82.000 tirées au sort pour servir d'assesseurs ont demandé à être dispensées de cette obligation. Bien que 23.300 requêtes en ce sens aient été acceptées, le scrutin a pu se dérouler normalement.

"J'avais peur de venir mais si tu ne viens pas, tu prends une amende. Au final, je n'avais pas le choix", a confié l'un de ces assesseurs, Xavier Navés, un technicien dans l'audiovisuel âgé de 45 ans.

Afin de réduire les risques, des bureaux de vote ont été installés dans des espaces ouverts à l'intérieur du complexe du stade du FC Barcelone ou dans une arène de Tarragone.

Bataille à trois

La chute de la participation accroît l'incertitude sur le résultat du scrutin.

Selon les sondages, trois formations sont dans un mouchoir de poche avec un peu plus de 20% des voix chacune : les deux principaux partis indépendantistes catalans - Ensemble pour la Catalogne (JxC) et Gauche républicaine de Catalogne (ERC) - qui forment l'actuel gouvernement régional et les socialistes de Pedro Sanchez.

Ces élections se déroulent un peu plus de trois ans après l'échec d'une tentative de sécession marquée par l'organisation, le 1er octobre 2017, d'un référendum d'autodétermination interdit par la justice et émaillé de violences policières dont les images avaient fait le tour du monde.

Le chef du gouvernement catalan de l'époque, Carles Puigdemont, est toujours en exil en Belgique et neuf dirigeants indépendantistes ont été condamnés en 2019 à des peines allant de neuf à 13 ans de prison.

Bien décidé à briser la mainmise des indépendantistes sur le pouvoir à Barcelone, M. Sanchez, devenu Premier ministre en 2018, a fait appel à son ancien ministre de la Santé Salvador Illa, la figure de proue de la lutte contre le Covid-19 en Espagne, pour conduire les socialistes à la bataille.

Il s'est même personnellement impliqué dans la campagne avec le risque qu'un échec de M. Illa soit aussi perçu comme le sien.

Même s'ils obtiennent le plus grand nombre de suffrages, les socialistes auront besoin de partenaires pour avoir la majorité absolue de 68 députés (sur un total de 135) au Parlement local et devront pour cela faire éclater le bloc indépendantiste.

Ils comptent sur ERC, un parti ouvert au dialogue avec Madrid et dont l'appui a même permis au gouvernement minoritaire de M. Sanchez de faire voter son programme.

Mais ERC, JxC et trois autres petites formations se sont engagées par écrit à ne contribuer "en aucun cas" à la formation d'un gouvernement avec M. Illa.

Une victoire des socialistes dimanche pourrait donc s'avérer sans suite, l'hypothèse la plus probable pour les analystes étant le maintien au pouvoir de l'actuelle coalition constituée par JxC, partisan d'une ligne dure vis-à-vis de Madrid, et ERC.