Plus de 2,5 millions de personnes ont déjà fui la guerre en Ukraine, principalement des femmes et des enfants. Une aubaine pour trafiquants d'êtres humains et autres criminels. L'organisation Payoke, qui se bat contre la traite et l'exploitation des êtres humains, tirait déjà la sonnette d'alarme la semaine dernière : “Pour les personnes mal intentionnées, cette guerre est une occasion rêvée”. Ylva Johansson, commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, s’est dite préoccupée par le fait que “les mineurs non accompagnés deviennent des victimes de la traite d’êtres humains”.

“Nous devons fournir davantage d’aide aux enfants”, a déclaré Mme Johansson. “Nous devons être conscients que les criminels veulent profiter de cette situation et utilisent de faux documents pour faire entrer ces enfants dans l’UE afin de les exploiter.”

Depuis, plusieurs organisations de défense des droits humains ont rapporté différents abus, selon nos confrères de la Gazet Van Antwerpen. Par exemple, aux frontières de l'Ukraine, des travailleurs humanitaires polonais ont signalé que des hommes proposent à des femmes réfugiées de les conduire gratuitement jusqu'en Europe de l'Ouest, avant de leur réclamer de l'argent ou des faveurs sexuelles à mi-chemin.

En visite au poste de frontière de Medyka, la ministre belge de la Coopération au développement, Meryeme Kitir, a directement constaté la vulnérabilité des enfants ukrainiens : "Au cours d'une conversation avec un responsable des Nations Unies, il a été soudainement appelé. A trois cents mètres, une camionnette immatriculée en Allemagne a été arrêtée. À l'intérieur se trouvaient six enfants qui n'avaient aucun lien avec le chauffeur. Ils ont été immédiatement retirés de la voiture et peut-être sauvés des mains de quelqu'un avec des intentions criminelles. Malgré les efforts des organisations humanitaires, il ne peut être exclu que des auteurs passent encore entre les mailles du filet."