Deux jours après une visite historique du président français, Emmanuel Macron, l'activité diplomatique s'intensifie à Beyrouth pour organiser le soutien international au pays sinistré, à la veille d'une conférence de donateurs.

Pour le quatrième jour consécutif, Beyrouth s'est réveillée au son du verre brisé ramassé dans la rues par les habitants et une armée de volontaires, équipés de balais, mobilisés dès la première heure. L'explosion au port mardi, dont les circonstances ne sont toujours pas élucidées, aurait été provoquée par un incendie qui a touché un énorme dépôt de nitrate d'ammonium, un substance chimique dangereuse.

Toujours sous le choc après cette explosion d'une violence inégalée dans l'histoire du pays, nombre de Libanais demandent des comptes à une classe politique dont ils dénoncent l'incurie et la corruption. Sur la place des Martyrs, épicentre de la contestation populaire depuis octobre dernier et où la manifestation est prévue dans l'après-midi, sous le thème "Le Jour du jugement", des militants ont déjà dressé une potence.

Le président Michel Aoun, de plus en plus décrié, a dit clairement vendredi qu'il s'opposait à une enquête internationale, affirmant que l'explosion pourrait avoir été causée par la négligence ou par un missile. Une vingtaine de fonctionnaires du port et des douanes ont été interpellés, selon des sources judiciaire et sécuritaire.

Deux jours après la visite de M. Macron, qui a critiqué sévèrement la classe politique, une visioconférence des donateurs en soutien au Liban aura lieu dimanche, co-organisée par l'ONU et la France, a indiqué la présidence française à l'AFP. Le président américain, Donald Trump, a annoncé qu'il y participerait.