Cinq jours après que les médias américains aient annoncé la victoire de Joe Biden à la présidentielle, l'actuel locataire de la Maison-Blanche refuse toujours catégoriquement de reconnaître sa défaite . S'exprimant presque quotidiennement sur le sujet sur Twitter, Donald Trump estime être le "vrai vainqueur" de l'élection et insiste pour que les voix soient recomptées. " Si l'on regarde uniquement les votes légalement introduits, j'ai largement gagné ", a notamment écrit le milliardaire sur le réseau social à l'oiseau bleu . Un discours qu'ont également adopté de nombreux membres de l'administration Trump et du parti républicain, parlant à leur tour de " fraude électorale " et invitant les Américains à dénoncer tout fait suspect observé au cours de ce scrutin. Mais ce comportement n'en finit pas d'interpeller les observateurs, d'autant plus au regard des déclarations de certains membres de l'équipe de Trump au lendemain de l'élection en 2016.

En effet, comme l'a souligné CNN, des hauts responsables républicains de la campagne n'avaient pas hésité à cette époque à vivement fustiger le comportement d'Hillary Clinton et des démocrates, qui n'avaient pas immédiatement reconnu la victoire de Trump. La candidate malheureuse n'avait pourtant pas tardé à finalement admettre sa défaite et à féliciter le 45ème président des Etats-Unis, au lendemain du scrutin. Mais ces quelques heures d'hésitation et le recomptage de voix dans certains bureaux de vote ont suffi à mettre le feu au poudre dans les rangs de celui qui avait alors remporté la présidentielle.

"Du respect pour le processus électoral" 

Ainsi Kellyanne Conway, qui était à l'époque directrice de campagne, avait tenu un discours particulièrement dur à l'égard des démocrates. " Il faut qu'il y ait du respect pour le processus démocratique et la transition pacifique, c'est pourquoi les propos des supporters de Clinton sont si déroutants et décevants , avait déclaré la conseillère du milliardaire en 2016. Barack Obama sera encore en fonction pendant huit semaines. Ils doivent décider s'ils vont l'aider à terminer ce qu'il a entrepris et l'encourager dans la passation de pouvoir avec le président élu, Donald Trump, ou alors se comporter comme un groupe de pleurnichards et de mauvais perdants suite à cette élection qu'ils ne peuvent plus gagner. "

L'actuelle porte-parole du président, Kayleigh McEnany n'avait également pas mâché ses mots à l'époque, jugeant " inexcusable " de remettre en question la légalité du scrutin, après que le président en fonction, Barack Obama ait assuré qu'il n'y avait eu aucune fraude. " Obama a agi comme un héros ", avait-elle estimé, pointant du doigt les démocrates qui n'adoptaient pas la même ligne de conduite. Celle qui ne faisait  alors pas partie de l'équipe de Trump avait également vilipendé la volonté de certains de recompter les voix, sans apporter "aucune preuve" de fraude. 

"Des pleurnichards pourris gâtés" 

Rudy Giuliani, qui est le plus fervent partisan d'un recomptage des voix pour ce scrutin de 2020, avait à son tour fustigé l'attitude des démocrates, qu'il avait qualifiés de " pleurnichards pourris gâtés ". Il avait vivement appelé Obama à réagir aux actions qui naissaient aux quatre coins du pays pour contester le résultat de l'élection. " Ce n'est vraiment pas la bonne façon de faire dans une démocratie ", avait ajouté l'ancien maire de New York, comme le rappelle CNN.

Enfin, Kimberly Guilfoyle, actuelle conseillère de campagne de Trump, avait également taclé " ceux qui refusent d'accepter le résultat de la présidentielle ". " Nous sommes aux Etats-Unis. Nous vivons dans une démocratie. Tous les citoyens, quand ils se sont réveillés le matin, étaient enregistrés pour aller voter. Tout le monde a pu choisir son candidat. Il faut donc maintenant respecter le choix qui a été fait par la majorité ", avait commenté celle qui travaillait alors pour Fox News. Elle s'était ensuite moquée de ce qu'elle estimait être une " minorité d'intellectuels qui pensaient que leur vote comptait plus que celui des autres ".