Monde Au Portugal, les tenues de nos policiers sont soldées. Elles doivent pourtant être brûlées une fois usagées.

L’uniforme de la police était soldé lui aussi cet été ! Ce n’est pas une plaisanterie mais bien une découverte faite par un policier belge en vacances… au Portugal. C’est là qu’il a découvert que des polos de notre police étaient vendus aux touristes… pour la somme de 10 euros ! Un procédé pourtant totalement interdit puisque les policiers sont en principe obligés de rendre l’ensemble de leurs vêtements usagés à leur chef de corps.

Chemise abîmée, polo trop serré, veste déteinte, tout ce qui ne peut plus être utilisé doit normalement être brûlé. Pas question pour nos policiers de faire don de pièces de leurs uniformes à des associations par exemple. Vous l’aurez compris, mesure de sécurité oblige. Imaginez qu’un voleur ou un terroriste tombent sur ces tenues et les utilisent !

La loi est pourtant très claire : quiconque prête ou vend son uniforme encourt un an de prison et une amende de 50 000 euros. Pareil d’ailleurs pour qui en fait l’acquisition.

La photo prise par le policier belge en vacances à Porto a été postée sur le groupe Facebook Thin Blue Line Belgium. Elle a suscité de nombreuses réactions des membres, pour la plupart issus de la police. "La seule solution avec les vieux vêtements de la police, c’est de les transmettre à son chef de corps qui les envoie alors dans une entreprise spécialisée, où ils sont détruits", réagit Nicholas Paelinck, président de la commission permanente de la police locale. Un avis partagé par le syndicat de police SLFP : "Nous ne pouvons pas laisser les tenues de la police se retrouver dans un circuit noir."

Des directives sont pourtant claires en la matière depuis plusieurs années. "L’uniforme ne peut être échangé, donné, emprunté sans l’autorisation de l’autorité", précise Sarah Frederickx de la police fédérale.

Outre l’interdiction de vendre son uniforme, il est également interdit de le prêter à une personne qui n’est pas autorisée à le porter. Ici, les amendes peuvent grimper jusqu’à 1 000 euros.

Les policiers doivent également prendre au sérieux la perte ou le vol de leurs vêtements. Ils doivent systématiquement en faire un rapport officiel.

Pour Nicholas Paelinck, il est peut-être temps de revoir les règles au niveau des uniformes usagés, compte tenu de la menace terroriste et du nombre de faux agents qui sévissent en Belgique. "Nous devons nous demander si cela doit toujours relever de la responsabilité individuelle des 185 chefs, déclare-t-il à nos confrères de Het Laatste Nieuws. Peut-être que le ministre devrait prendre ses responsabilités de toute urgence avec une directive ministérielle claire."

Côté syndical , Koen Van Parys du SLFP, estime, lui, que les directives actuelles sont claires. "Puisque l’uniforme de base reste la propriété du gouvernement, il doit être responsable de sa collecte si certains objets ne sont plus utilisés. Ce n’est pas au policier à se préoccuper de cela, il a déjà assez à faire."

Du côté du cabinet du ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem (CD&V), on répond que les règles ne peuvent être ajustées en raison des affaires courantes mais que le prochain gouvernement devra tenir compte de l’avis de la commission permanente de la police locale à ce sujet.

Au sein de la police, la porte-parole Sarah Frederickx se dit soulagée de voir que des policiers ont partagé cette photo. "Ce qui prouve qu’il existe une prise de conscience. Les policiers veillent à l’usage de leur uniforme et à ce qu’il ne serve pas à mauvais escient."

Côté portugais, aucune enquête n’a été lancée sur ce polo soldé.