Plus de deux ans après la disparition de Théo Hayez en Australie, y a-t-il vraiment encore un espoir de le retrouver en vie ou, à défaut, de savoir ce qui lui est arrivé ? Si l’on a des raisons de se montrer pessimiste, tant la famille du jeune homme originaire d’Overijse que les autorités judiciaires du comté de Byron Bay, dans l’extrême est australien, espèrent toujours trouver des réponses à leurs très nombreuses questions.

Et l’enquête rouverte ce lundi par le tribunal de Byron Bay devra avant tout répondre à une question cruciale : que s’est-il passé cette nuit du 31 mai au 1er juin 2019, à 1 h 02 ? À cette heure précise, le téléphone du jeune homme de 18 ans a cessé d’émettre sans que Théo, en contact par SMS ou Messenger avec des amis belges peu avant, ait fait mention d’une batterie qui se déchargeait.

Dès les premiers jours de sa disparition, il ne faisait aucun doute, pour les enquêteurs, que le jeune homme avait fait une chute mortelle d’une falaise en se dirigeant vers le phare. Et que son GSM s’était soit brisé sur les rochers tout en restant introuvable par les enquêteurs, soit avait sombré dans l’eau située au pied des falaises. Et que Théo Hayez avait certainement chuté également dans les eaux froides du Pacifique.

Lundi, la première audience de la coroner de Nouvelle-Galles du Sud, Kirsten Edwards, a débuté par un récapitulatif des preuves récoltées dans l’affaire. Le tout appuyé d’images de vidéos de surveillance que les parents de Théo Hayez, présents durant les 12 prochains jours, ont pu redécouvrir.

La magistrate a toutefois noté que les effets personnels du jeune homme n’ont jamais été retrouvés, à l’exception d’une casquette découverte un mois plus tard. Une chose est cependant sûre : le téléphone de Théo Hayez n’a pas sombré dans l’eau comme imaginé dans un premier temps par les enquêteurs : il avait à nouveau émis un signal quelques heures plus tard avant de cesser définitivement d’émettre dans l’après-midi.

Le GSM de Théo Hayez pourrait donc être la clef du mystère. À condition que l’on puisse exploiter ses données. Lundi, la magistrate a déploré le fait que, bien que la police belge soit en mesure d’exploiter certaines données de géolocalisation, elle n’était pas habilitée à en partager les résultats pour des raisons légales internationales. Le parquet belge a rapidement réagi, affirmant "qu’il n’y a aucune information qui ne puisse être rapidement communiquée aux enquêteurs australiens, sur base d’une demande officielle" et que, dès lors, ces démarches allaient être exécutées immédiatement.

Par ailleurs, sollicité par la justice australienne, Google aurait refusé d’indiquer si le signal d’un autre téléphone portable avait été capté sur le chemin emprunté par Théo Hayez le soir des faits. "Ils refusent de divulguer les données des autres utilisateurs, a déclaré Kirsten Edwards. C’est inacceptable, car c’est crucial pour résoudre ce mystère."