L'enquête sur la disparition de Delphine Jubillar, il y a un an jour pour jour, a connu mercredi un nouveau rebondissement avec l'interpellation et le placement en garde à vue de la nouvelle compagne de Cédric Jubillar.

Employée d'une entreprise de logistique cette femme est entendue depuis 07h00 sur commission rogatoire des juges d'instruction pour "recel de cadavre", dans une gendarmerie du Tarn, selon une source proche de l'enquête.

Agée de 44 ans, elle a été interpellée à son domicile près d'Albi, situé à 5 km de Cagnac-les-Mines, le village où vivaient Delphine et Cédric Jubillar avec leurs deux enfants.

Elle avait indiqué à un correspondant de l'AFP avoir fait la connaissance de Cédric Jubillar en avril, lors d'une battue de recherche d'indices sur la disparition de Delphine Jubillar.

Rencontre en avril

Elle était la compagne de Cédric Jubillar au moment de son incarcération en juin. Depuis six mois, ils correspondent par lettres chaque semaine.

Cédric Jubillar avait révélé leur liaison en diffusant une photo d'eux sur Facebook, qui avait choqué nombre de proches de la disparue.

Delphine Jubillar a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Pour les gendarmes de la section de recherche et les magistrates en charge de l'instruction, le principal suspect est son mari, dernière personne à l'avoir vue dans leur maison, et qui a signalé sa disparition le 16 à l'aube.

Le 18 juin, il a été mis en examen pour homicide volontaire et écroué à la maison d'arrêt de Seysses, près de Toulouse. Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir tué sa femme et d'avoir fait disparaître le corps.

Elle se disait convaincue de l'innocence de Cédric Jubillar et s'étonnait d'un "acharnement" judiciaire et médiatique contre lui.

4e garde à vue

C'est la 4e personne placée en garde à vue dans cette affaire. La mère et le beau-père de Cédric Jubillar avaient été entendus par les gendarmes, en juin, pendant la garde à vue du mari.

Le peintre-plaquiste de 34 ans en instance de divorce avec son épouse clame son innocence. Les trois avocats du mari affirment que rien ne justifie le maintien en détention de leur client, estimant que les enquêteurs ne disposent d'aucune preuve de sa culpabilité.

Il est détenu à l'isolement depuis sa mise en examen pour meurtre voici six mois. Il a présenté le 7 décembre une nouvelle demande de remise en liberté, après plusieurs tentatives vaines.

Dans cette enquête sans corps, ni aveux, ni preuves irréfutables, les gendarmes de la section de recherches de Toulouse ont entendu plus de 200 personnes, notamment les possesseurs de tous les téléphones qui ont borné dans les environs au moment de la disparition.

"L'enquête bouge, on est loin de l'immobilisme. Il n'y a pas d'erreur judiciaire, les indices convergent vers lui. Pour l'instant, le mari reste une piste crédible", avait affirmé en début de semaine Philippe Pressecq, l'avocat d'une cousine de Delphine Jubillar, constituée partie civile.

Selon la version du mari, le 15 décembre vers 23H00, en plein couvre-feu, Delphine Jubillar est sortie de la maison pour promener leurs deux chiens qui sont revenus sans elle. "Alors qu'elle ne promenait jamais les chiens", observe une source proche de l'enquête.

Une marche blanche en hommage à Delphine Jubillar, organisée par ses proches, aura lieu dimanche à Cagnac-les-Mines.