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Et si le pilote de la Malaysia Airlines s'était suicidé?

Ghyslain Wattrelos a perdu sa femme et deux de ses trois enfants, tous à bord du vol MH370 de la Malaysia Airlines. Cela fait plus de cinq ans, depuis le 8 mars 2014 exactement, qu'il cherche désespérément à comprendre ce qui est arrivé à sa famille.

Toutes les recherches pour retrouver l'appareil ont été abandonnées depuis longtemps. Il n'y a que les enquêteurs français, compétents car 4 victimes parmi les 239 personnes à bord sont françaises, qui sont toujours en train d'éplucher une quantité gigantesque de documents pour trouver l'élément qui pourrait faire basculer l'enquête.

Ces enquêteurs français ont justement récupéré auprès des responsables de Boeing des données cruciales pour la suite des investigations, a indiqué Ghyslain Wattrelos, confirmant une information dévoilée par Le Parisien. Le constructeur leur a transmis de multiples documents, dont les données satellites Inmarsat, en leur faisant toutefois signer un accord de confidentialité, ce qui signifie notamment qu'ils ne pourront verser ces pièces à la procédure en cours en France.

Le pilote "a piloté l'avion jusqu'au bout"

Ces données permettent d'écarter plusieurs hypothèses (terrorisme, sabotage) mais surtout, d'en privilégier une: le suicide du pilote. En clair, il a pu être démontré que le pilote "a piloté l'avion jusqu'au bout". Et jusqu'à preuve du contraire, rien ne laisse penser que l'avion aurait pu être piloté par quelqu'un d'autre. "Certains virages anormaux réalisées par le Boeing 777 ne peuvent avoir été réalisés qu'en manuel. Quelqu'un était donc aux commandes", précise un proche de l'enquête.

© D.R.

Les affirmations du Parisien sont toutefois nuancées par les enquêteurs, qui assurent que "rien n'accrédite la thèse du suicide". Auparavant, la Malaise avait elle aussi balayé cette thèse. "Ce n'est pas étonnant. La Malaisie n'a aucun intérêt à incriminer la compagnie aérienne nationale", poursuit une source dans Le Parisien.

Mais si le pilote Zaharie Ahmad Shah ne présentait aucun signe suicidaire, l'enquête a pu démontrer qu'il était un opposant farouche au pouvoir malaisien. De là à délibérément accidenter son appareil? "C'est très complexe et intime, la cause d'une suicide", souffle ce proche du dossier. Si bien que désormais, c'est la piste qui tient la corde du côté des enquêteurs français. Il reste encore beaucoup de travail pour espérer enfin percer le mystère. Mais "l'enquête avance", s'est félicité Ghyslain Wattrelos, saluant "le travail de fourmi" des enquêteurs.