Le juge Matthew Brann a beau être républicain, la décision qu’il a publiée samedi sur les allégations de fraudes électorales en Pennsylvanie s’est révélée particulièrement cinglante pour l’équipe de Donald Trump.

Le président des États-Unis réclamait rien moins que l’invalidation de presque sept millions de votes dans cet État remporté par Joe Biden. "On aurait pu s’attendre à ce que le plaignant, en recherchant un résultat aussi surprenant, soit venu formidablement armé d’arguments juridiques convaincants et de preuves factuelles d’une corruption répandue, de façon à ce que cette Cour puisse n’avoir aucune autre option" que celle d’accéder à sa demande. Mais "ceci ne s’est pas produit", poursuit le juge, citant les "arguments juridiques de qualité médiocre" et les "accusations spéculatives […] non étayées de preuves" qui lui ont été présentés. Pas de quoi, donc, écarter le moindre électeur. "Notre peuple, nos lois et nos institutions méritent mieux." En conséquence, "je donne raison à la Défense et rejette le recours des plaignants considérant qu’ils causent un préjudice".

Le sénateur républicain de Pennsylvanie, Pat Toomey, a dans la foulée estimé que "le président Trump devrait accepter le résultat de l’élection et faciliter le processus de transition présidentielle".

Selon les médias américains, le verdict en Pennsylvanie constitue un sérieux revers pour le camp du président Trump, qui espérait - malgré un dossier monté "comme le monstre de Frankenstein", dixit Matthew Brann - être entendu par la justice de l’État. Le président sortant, après avoir attaqué le juge et crié à une "chasse aux sorcières sans fin", a annoncé qu’il ferait appel de la décision, d’un "… WILL APPEAL !" en lettres capitales sur Twitter.

Mais le temps presse et, après avoir perdu ses recours dans plusieurs Swing States - Michigan, Géorgie, Nevada, Arizona et Wisconsin -, Donald Trump n’a, malgré ses déclarations, plus aucune chance de renverser les résultats de l’élection. Joe Biden a recueilli près de 80 millions de voix et le nombre de grands électeurs nécessaire à son investiture.

L’équipe Trump s’est efforcée d’empêcher les États les plus disputés d’officialiser les résultats du scrutin. Le jugement en Pennsylvanie est intervenu quelques heures après la demande formulée par les représentants du Comité national républicain et du parti de Trump dans le Michigan de retarder la certification du vote dans cet autre État remporté par Joe Biden avec 155 000 voix d’avance. Ils y ont exigé un délai de deux semaines, réclamant un audit des résultats électoraux dans le comté de Wayne (dont Detroit est le chef-lieu). Ce que Bob Bauer, avocat de l’équipe de Joe Biden, a dénoncé vendredi comme "une tentative délibérée d’intimider des responsables électoraux".