Vingt ans d’une relation d’amour intense avec son peuple

CARACAS Hugo Chavez s’est éteint ce mardi soir. La fin de vingt années d’une étonnante histoire d’amour entre ce fils d’instituteur catholique et le peuple vénézuélien, qui est tombé sous le charme du militaire en 1992, lors de sa tentative de coup d’Etat avortée contre le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez, soupçonné de corruption.

Chavez n’a que 36 ans. Il est entré jeune dans l’armée où il a fondé le Mouvement révolutionnaire bolivarien 200 (MBR-200), qui prône une nouvelle république socialiste, inspirée des idéaux de Simon Bolivar, le libérateur de l’Amérique latine au début du XIXe siècle.

Le putsch est un cuisant échec. Mais le lieutenant-colonel Chavez est entrée dans l‘histoire de son pays et, plus largement du continent latino-américain toujours prompt à nous offrir des personnages hors normes.

Chavez va passer deux ans deux ans à la prison de Yare 1, près de Caracas. C’est de là qu’il prépare une deuxième tentative de coup d’Etat. Il enregistre une vidéo dans laquelle il appelle à l’insurrection, diffusée dans la nuit du 26 au 27 novembre 1992, au moment où des hommes de son mouvement doivent mener le putsch. Rebelote. Nouvel échec.

En 1994, Hugo Chavez est libéré. El commandante, comme il se fera appeler, est lancé, plus rien ne l’arrêtera. Il fonde le Mouvement pour la Ve République, un parti socialiste à la sauce sud-américaine.

En 1998, il décroche la présidence dans un scrutin surréaliste qui l’oppose à Irène Saez, maire d’une bourgade cossue de la banlieue de Caracas et ancienne Miss Monde.

Dans la foulée de son élection, une assemblée constituante est élue et une nouvelle Constitution “bolivarienne et participative” est adoptée par référendum. Le texte consacre les droits à la santé, à l’éducation, au travail, ainsi que les droits de la minorité indienne. Le pays est rebaptisé “République bolivarienne du Venezuela”.

La nouvelle Constitution porte de quatre à six ans la durée du mandat présidentiel, renouvelable une fois, et autorise le chef de l’Etat à dissoudre le parlement qui n’est plus composé que d’une chambre unique. D’où la crainte des adversaires de Chavez de voir s’instaurer un régime autoritaire.



© La Dernière Heure 2013