Après la fusillade qui a touché la rédaction du magazine satirique Charlie Hebdo, de nombreuses personnalités ont réagi. Partout en France, et ailleurs, c'est évidemment l'émoi.

Denis Ducarme: "Nous sommes en guerre totale face aux terroristes, face aux radicalistes. Le terme de guerre n'est certainement pas excessif. N'oublions pas que nous avons été les premiers à être frappés avec la tuerie du musée juif. Aujourd'hui, c'est Paris. Hier, c'était Istanbul. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si notre gouvernement a fixé au sommet de ses priorités la lutte contre le radicalisme. Dans cette optique, le tout nouveau Conseil National de Sécurité dirigé par notre premier ministre en personne permettra d'aborder la question du radicalisme avec le réalisme nécessaire."

"On doit aussi veiller dans le cadre de cette lutte contre le radicalisme à ne pas faire d'amalgame entre musulmans et islamistes. Mes contacts au sein de la communauté musulmane sont horrifiés par ces actes et entendent se porter à nos côtés dans cette guerre totale que nous devons mener contre le terrorisme, le radicalisme."

Le roi Philippe et la reine Mathilde ont présenté leurs plus vives condoléances au Président français. "En ces moments de deuil et de douleur, ils sont en pensées avec toute la nation française, et plus particulièrement avec les familles et les proches des victimes. Le Roi et la Reine leur souhaitent beaucoup de courage dans ces moments très éprouvants", écrit le Palais.

Le président de la République française François Hollande est rapidement arrivé sur les lieux du drame et a pris la parole. "Ces journalistes avaient montré qu'ils avaient voulu agir en France pour défendre leurs idées et pour avoir cette liberté que la République protège. Ces journalistes ont été lâchement assassinés. Nous aurons dans quelques heures le bilan exact. Je réunirai à l'Elysée à 14 heures les ministres concernés par la protection. Nous avons engagé le plan Vigipirate. C'est un attentat terroriste, cela ne fait pas de doute. Un acte d'une extrême barbarie. Ce journal avait déjà attaqué et protégé. Nous devons être solidaires, montré que nous sommes un pays uni. Nous sommes dans un moment extrêmement difficile. Plusieurs attentats avaient été déjoués ces dernières semaines. Nous sommes un pays de liberté. Personne ne peut penser qu'il peut agir en France contre les principes de la République. Je pense aujourd'hui aux victimes. Nous aurons à cœur de trouver les responsables".

Le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy s'est exprimé vers 14 heures.

"Je ressens une profonde émotion après cet acte abject, une attaque directe sauvage. Mes pensées se tournent vers les nombreuses victimes de cet attentat barbare, vers leur famille et la police. Les coupables doivent être poursuivis et châtiés avec la plus extrême sévérité. La fermeté absolue est la seule réponse possible. Nous ne pouvons pas céder le moindre pouce de terrain. Nous devons continuer à dire ce que nous avons envie de dire. Continuer à vivre comme nous voulons vivre. Notre nation est endeuillée, la France est frappée au cœur. J'appelle tous les Français à ne pas faire d'amalgames".

Le Conseil français du culte musulman (CFCM), instance représentative des musulmans de France, a condamné mercredi comme un "acte barbare" l'attentat sanglant d'inspiration islamiste contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo à Paris. L'Exécutif des musulmans de Belgique a également condamné les faits. "Cet acte barbare d'une extrême gravité est aussi une attaque contre la démocratie et la liberté de presse", affirme au nom des "musulmans de France" le CFCM, instance représentative de la première communauté musulmane d'Europe, forte de 3,5 à 5 millions de

Le CFCM exprime sa "solidarité" avec les victimes et leurs familles "face à ce drame d'ampleur nationale". "Dans un contexte international politique de tensions alimenté par les délires de groupes terroristes se prévalant injustement de l'islam, nous appelons tous ceux qui sont attachés aux valeurs de la République et de la démocratie à éviter les provocations qui ne servent qu'à jeter de l'huile sur le feu", poursuit le Conseil.

L'instance appelle en outre "la communauté musulmane à faire preuve de la plus grande vigilance face aux éventuelles manipulations émanant de groupes aux visées extrémistes quels qu'ils soient".

Dans un communiqué distinct, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche des Frères musulmans, a condamné "de la manière la plus ferme cette attaque criminelle et ces horribles meurtres".

Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a pour sa part déclaré à l'AFP: "C'est le temps du deuil, on doit se rassembler tous". "On a besoin de ce temps d'union nationale et de défendre tous ensemble nos libertés, dont la liberté d'expression", a poursuivi le chef religieux de la première communauté juive d'Europe, forte de 500.000 à 600.000 membres.

Les associations anti-racistes ont de leur côté appelé à éviter les amalgames, le président de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) Alain Jakubowicz estimant que "la crainte est grande de voir de nouveau l'Islam désigné comme à l'origine de cette monstruosité".

Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, s'est lui aussi dit "horrifié" par cette "attaque terroriste, sanglante et meurtrière". "Ceux qui lancent ce genre de meurtres sont des gens qui espèrent justement qu'il y aura des amalgames, que cela montera les gens les uns contre les autres, et ce serait leur faire un très beau cadeau que de rentrer dans leur jeu."

Le président de l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), Noureddine Smaïli, a pour sa part indiqué à Belga qu'il "condamnait fort et à haute voix" cet attentat. Il invite à éviter les amalgames et à la prudence, en espérant "que la justice fera son travail". L'EMB a également tenu à présenter ses condoléances aux familles des victimes.

Le Conseil Européen des Ouléma Marocains exprime quant à lui son "profond sentiment de consternation" et de choc. "Nous tenons à exprimer nos sincères condoléances aux familles des victimes et au peuple français, et par la même occasion nous exprimons l'attachement indéfectible de la communauté musulmane en Europe aux valeurs démocratiques qui assurent notre vivre-ensemble dans le respect mutuel, en dépit de nos différences", indique-t-il dans un communiqué.

Marisol Touraine, la Ministre de la Santé a publié un tweet dans lequel elle exprime "sa solidarité aux victimes et aux familles".

Sollicité par le quotidien Le Monde, le porte-parole de l'UMP, Sébastien Huyghe, a quant à lui "exprimé un sentiment d'horreur et de compassion pour les familles des victimes" de l'attaque.

Le président américain Barack Obama a condamné "dans les termes les plus forts" l'attaque.

La chancelière allemande Angela Merkel condamne un "attentat abominable".

"Toute la Maison Blanche est solidaire des familles de ceux qui ont été tués ou blessés dans cette attaque", a déclaré Josh Earnest, porte-parole du président américain Barack Obama, sur la chaîne MSNBC.

Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker condamne "un acte intolérable, une barbarie".

François Fillon (UMP) a réagi sur son compte Twitter.


Bruno Julliard (PS), Premier Adjoint à la Maire de Paris s'est également exprimé au micro de LCI. "Nous sommes évidemment sous le choc. C'est un coup porté à Paris, un choc majeur pour tous les Parisiens".


Elio Di Rupo (PS) a adressé un message de solidarité sur Twitter.

De même, le Premier ministre britannique David Cameron a dénoncé une attaque "révoltante". "Les meurtres commis à Paris sont révoltants. Nous nous tenons aux côtés du peuple français dans le combat contre le terrorisme et pour la défense de la liberté de la presse", a déclaré M. Cameron sur son compte Twitter.


Les rédactions françaises ont également apporté tout leur soutien à leurs collègues.

Mathieu Gallet, président directeur général de Radio France a exprimé dans un tweet "sa solidarité" avec le personnel de Charlie Hebdo "devant l'horreur des faits".

Eric Chol, journaliste à Courrier International.



Le parlement wallon a observé mercredi à 14h00, à l'ouverture de sa séance plénière, un moment de silence en hommage aux victimes de l'attentat meurtrier contre le siège de l'hebdomadaire satyrique Charlie Hebdo à Paris.

Ce geste doit aussi être interprété comme un signe de protestation de l'institution contre un attentat qui vise "ceux qui font aussi vivre la démocratie", a déclaré le président du parlement André Antoine.

"En s'en prenant à une rédaction, les auteurs de la tuerie ont visé la liberté de la presse. C'est la presse libre et indépendante qui est visée, une presse plus que jamais menacée, en Europe", a déclaré mercredi Mogens Blicher Bjerregård, le président de la Fédération européenne des journalistes. La FEJ, principale organisation représentative de la profession en Europe, qualifie cette tuerie "d'horreur absolue" et tient d'abord à marquer sa solidarité avec les victimes et avec leurs proches. M.Bjerregård se rendra à Paris pour rendre hommage aux victimes.

Le cdH a fait part de sa "solidarité avec les victimes, journalistes, policiers et les Français. Plus que jamais, défendons la liberté d'expression".

Par communiqué, les co-présidents d'Ecolo Emily Hoyos et Olivier Deleuze ont fait part de leur "profonde tristesse et de (leur) solidarité envers les journalistes et le personnel du journal Charlie Hebdo ainsi qu'envers les familles et les proches des policiers abattus". "En s'attaquant à un organe de presse, les auteurs de cet acte immonde s'attaquent à des hommes et à des femmes mais aussi à une valeur démocratique fondamentale, la liberté de presse. Cette liberté d'expression chérie est une lueur indispensable pour lutter au quotidien contre toute forme de barbarie et d'obscurantisme."

Le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur est "horrifié et indigné par les meurtres à Charlie Hebdo et l'attentat contre les libertés". "Bruxelles solidaire de Paris", a-t-il indiqué sur Twitter à l'attention de la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Coté flamand, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon "manque de mots face à ces actes de terreur".

"Une attaque contre la presse libre est une attaque contre la démocratie. Inacceptable et choquant. Sincères condoléances à toutes les personnes concernées", a lui déclaré, via Twitter également, le ministre-président flamand Kris Peeters.

Didier Reynders s'est dit mercredi "horrifié" par l'attentat commis contre le siège de l'hebdomadaire français Charlie Hebdo. "Je suis horrifié par un acte barbare commis en plein coeur de l'Europe qui s'en prend à la liberté de la presse et plus largement à la liberté de penser et de s'exprimer", a-t-il déclaré à l'agence Belga depuis Bujumbura où il effectue une visite en compagnie de son collègue de la Coopération au développement, Alexander De Croo.

"Mes pensées vont d'abord aux victimes, à leurs proches, à leurs familles", a ajouté M. Reynders, en adressant ses condoléances aux autorités et à la population françaises.

Il a assuré que des mesures étaient aussi prises en Belgique pour analyser la situation et les risques d'attentat, dans une allusion à la convocation par le Premier ministre Charles Michel de convoquer le "collège du renseignement et de la sécurité".

L'association des journalistes professionnels (AJP) a fait part de son effroi après l'attaque qui a visé l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo mecredi. "Le carnage lâche et abominable dont les journalistes, dessinateurs de presse et policiers ont été victimes est la négation de toutes nos valeurs de démocratie et de liberté d'expression", a déclaré la présidente de l'AJP, Martine Simonis. "Nous sommes profondément choqués", réagit-elle face à un type d'acte qui touche généralement les régions en guerre. "Nous nous pensions préservés jusqu'ici. Je suis abasourdie", commente-t-elle.

L'association invite ses membres à s'associer à la minute de silence qui se tiendra jeudi à 11h dans le hall du Résidence Palace, le centre international de presse, à Bruxelles.

La VVJ, le pendant néerlandophone de l'AJP, a également fait part de son indignation. "L'attaque contre Charlie Hebdo est particulièrement, exceptionnellement tragique", déclare Pol Deltour, le secrétaire national de la VVJ. "Cela va de nouveau faire flamber le débat quant à quelles limites peuvent atteindre les critiques relatives à la religion. Mais cette discussion n'est pas à l'ordre du jour. On ne répond pas de cette manière aux voix critiques. Le débat est la seule manière de procéder dans ce cas." Il a par ailleurs loué un journal "hors catégorie" dans le monde.

Pol Deltour estime par ailleurs que publier les dessins de Charlie Hebdo constituerait un signe de solidarité remarquable avec la rédaction de l'hebdomadaire meurtri. "Une telle décision doit évidemment être prise par chaque rédaction en âme et conscience."

Le Vatican a condamné mercredi "la double violence" de l'attentat contre le siège du journal Charlie Hebdo. Dans une première réaction, le père Ciro Benedettini, vice-directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a fait part à des journalistes de la "condamnation pour l'acte de violence" qu'a constitué la fusillade, et la "condamnation pour l'atteinte à la liberté de la presse, aussi importante que la liberté religieuse".

Selon lui, un télégramme devait être envoyé plus tard dans la journée au nom du pape à Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris.

Le quotidien du Vatican, l'Osservatore Romano, qui parait l'après-midi, a titré en une sur une "stratégie de la barbarie", en observant que "quinze minutes avant l'attaque, l'hebdomadaire avait publié sur un profil Twitter une caricature d'Abou Bakr al-Baghdadi, leader du prétendu Etat islamique".

"C'est dans le cadre d'une horrible représailles que semble s'insérer l'attentat", a-t-il noté.

Le ministre-président wallon Paul Magnette a appris "avec l'horreur qui frappe tout être humain devant la barbarie" qu'un attentat avait été perpétré au siège de Charlie Hebdo. "Après la première pensée due aux victimes et à leurs proches, cet acte appelle une condamnation absolue et unanime."

"Ce crime contre la démocratie rappelle aussi combien la liberté d'expression et la liberté de la presse qui la consacre constituent les fondements de notre démocratie et doivent être défendus comme tels avec la plus grande détermination", a ajouté le ministre-président wallon dans un communiqué.

"Les défenseurs de la liberté d'expression et des droits de l'Homme sont les premiers exposés à la violence aveugle. Nous sommes, plus que jamais, à leurs côtés."

Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Rudy Demotte s'est dit lui "profondément choqué par l'attentat (...) qui vise et attaque, lâchement les libertés fondamentales d'expressions". "C'est un jour noir pour la liberté, un jour noir pour la presse, un jour noir pour toute l'humanité."

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a fait part via Twitter de sa "colère, tristesse et consternation".

La reine Elizabeth II a adressé mercredi ses "sincères condoléances aux familles" des victimes de l'attaque.

"Le prince Philip et moi-même envoyons nos sincères condoléances aux familles de ceux qui ont été tués et (...) blessés dans l'attaque de ce matin à Paris", peut-on lire dans ce communiqué.