Deux semaines après la clôture des votes de l'élection présidentielle américaine, marquée par les accusations de fraude de Donald Trump, les avocats de ce dernier ont tenu une conférence de presse au siège du parti républicain. Ils y ont entre autres affirmé que l'ancien président était victime d'un complot, c'est pourquoi Joe Biden avait été déclaré vainqueur de la la présidentielle. Au cours de leur discours, les avocats en question ont donc développé devant leur public une théorie complotiste, selon laquelle la société qui fournissait les ordinateurs servant à voter lors de l'élection, Dominion Voting Systems, s'était alliée avec la société de logiciels Smartmatic pour truquer le résultat des votes. Le financier américain George Soros et le Vénézuela ont également été cités comme faisant partie du "complot" visant à "voler l'élection".

Cette conférence de presse a eu lieu le 19 novembre. Et d'après de nouveaux éléments dévoilés lors d'un procès en cours contre Donald Trump (intenté par un ancien employé de Dominion Voting Systems, pour diffamation), et divulgués par le New York Times, les conseillers ayant pris la parole savaient parfaitement que ce qu'ils affirmaient était faux. Une note interne, rédigée le 13 novembre par l'équipe de l'ex-chef d'État, montre en effet que les avocats était conscients que leurs accusations étaient sans aucun fondement. Écrite sur demandé du directeur adjoint de la communication de la campagne électorale de Trump, Zach Parkinson, cette note dément notamment une collaboration entre Dominion Voting Systems et Smartmatic lors de l'élection présidentielle 2020 et affirme qu'il n'y a aucun lien direct entre ces sociétés et George Soros ou le Vénézuela.

Et pourtant, les avocats de Donald Trump ont intenté quatre procès fédéraux contre Dominion Voting Systems, accusant l'entreprise de conspirer contre lui.