L'agence de presse AP a en effet annoncé mardi soir un vainqueur dans plusieurs circonscriptions électorales, ce qui donne aux démocrates les 218 sièges nécessaires pour obtenir une majorité. Dans environ seize autres, aucun gagnant n'a encore été annoncé. Joe Biden a remporté l'élection présidentielle de mardi dernier, même si l'actuel président Donald Trump ne s'est pas encore déclaré vaincu. Le président élu pourra en tous cas déjà compter sur une majorité démocrate à la chambre basse du Congrès. Il était clair que cette majorité se réduirait. Les démocrates ont en effet perdu un certain nombre de sièges qu'ils avaient arrachés aux républicains deux ans plus tôt. Pour l'instant, le compteur s'est arrêté à 218.

En 2018, les démocrates avaient en effet repris la majorité à la Chambre des représentants. Avant le scrutin, ils disposaient de 232 sièges sur 435. Cette mainmise sera cependant plus réduite car il est possible qu'ils perdent d'autres sièges. Dans de nombreux États, le dépouillement des votes s'achève seulement en raison d'un recours accru au vote par correspondance en cette période de coronavirus.

Selon l'agence AP et la chaîne de télévision conservatrice Fox, les démocrates ont 218 sièges pour le moment. La Fox en attribue déjà 201 autres aux républicains. CNN et d'autres chaînes font, elles, encore état de 217 sièges pour les démocrates et 203 pour les républicains.

Au Sénat

Le parti républicain a conservé un siège supplémentaire mercredi au Sénat américain, avec une victoire en Alaska, qui le place à une voix de la majorité à la chambre haute du Congrès. Le candidat sortant Dan Sullivan a été facilement réélu, avec plus de 57% des voix, selon les projections des chaînes de télévision CNN et NBC.

Les républicains comptent désormais 50 sièges, contre 48 aux démocrates dans cette chambre qui en compte 100. Deux sièges sont encore à pourvoir qui se joueront dans une double-élection partielle le 5 janvier dans l'Etat conservateur de Géorgie. Il faudrait alors que les démocrates remportent ces deux sièges pour rattraper les républicains et offrir plus de marges de manoeuvre à Joe Biden pour mettre en oeuvre sa politique. Car ce serait alors la voix de la vice-présidente Kamala Harris qui départagerait les votes en cas d'égalité 50-50.

Aucune loi ne peut être adoptée aux Etats-Unis sans la chambre haute, qui a aussi le pouvoir d'approuver les nominations du président: ses ministres, ses ambassadeurs, et les juges, notamment à la Cour suprême.

Si le Sénat restait républicain, Joe Biden, qui y a siégé pendant 36 ans, devrait mettre en oeuvre ses talents de dialogue et de négociateur.