Ce mercredi, le remuant Donald Trump quittera la Maison Blanche pour laisser sa place à l’expérimenté Joe Biden. Plus âgé, et certainement plus modéré que son prédécesseur, le démocrate symbolise un nouvel élan pour les États-Unis et un retour espéré à l’apaisement, après les dernières semaines agitées du mandat de Trump. Outre-Atlantique, on s’attend à une cérémonie d’investiture sobre, mais forcément marquée par la pandémie de Covid-19, qui joue les trouble-fêtes. En plus de la crise sanitaire, de nombreuses tensions politiques et sociales agitent le pays. Cette cérémonie restera dans les mémoires. On vous explique en 10 chiffres pourquoi.

25.000 militaires

Dans un contexte politique instable, l’investiture de Joe Biden aura lieu sous haute sécurité. Depuis l’assaut du Capitole par des manifestants pro-Trump le 6 janvier, la ville de Washington s’est muée en terrain de guerre. En plus du FBI et de la police de la ville, 25.000 soldats de l’armée américaine seront déployés pour sécuriser la zone. Lors de l’investiture de Donald Trump en 2017, 28.000 militaires étaient présents, alors que la menace de violences et de débordements était bien moindre qu’aujourd’hui… Le passé des 25.000 soldats a été scrupuleusement épluché par le FBI, qui craint que certains, proches de partisans de Donald Trump, s'en prennent directement au futur président.

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190 millions de dollars

C’est ce que devrait coûter, selon plusieurs médias américains, la semaine d’investiture du nouveau président américain. Un budget très largement destiné à la sécurité, puisque les traditionnels galas, bals et cortèges dans les rues de la capitale seront allégés au vu de la crise sanitaire qui n’épargne pas les USA. Pour rappel, quatre ans plus tôt, l’investiture de Donald Trump avait coûté pas moins de 200.000 millions de dollars. Celle de Barack Obama, en 2009, avoisinait les 160 millions.

2.000 personnes sur place

Selon le Washington post, environ 2.000 personnes, seulement, seront présentes pour la cérémonie d’investiture de Joe Biden. Ce chiffre comprend "les familles du président élu et de la vice-présidente élue, la direction du Congrès, le président de l'Association nationale des gouverneurs, un diplomate de haut niveau, des membres du Congrès et autres dignitaires", précise le journal américain. Un tel événement, qui attire traditionnellement des centaines de milliers de personnes (on en comptait près de 900.000 pour la cérémonie de Donald Trump en 2017), sera donc bien particulier cette année. D’ailleurs, quand un journaliste américain a demandé à Joe Biden à quoi allait ressembler son investiture, le président élu a répondu : "Je n’en sais rien", en souriant.

200.000 drapeaux américains

Covid-19 oblige, la maire de Washington, Muriel Bowser, a appelé les citoyens à rester chez eux, pour éviter tout risque de contamination à grande échelle. Pour pallier l’absence des citoyens américains sur place, le comité en charge de l’organisation de la cérémonie a décidé de planter 200.000 drapeaux américains sur la pelouse de National Mall, l’esplanade située entre le Congrès et la Maison Blanche. Une initiative symbolique qui a pour but de représenter l’unité des 50 territoires des États-Unis.

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1 show virtuel XXL

Habituellement, le président dresse sa fameuse "A list ", ses invitations VIP. Artistes, comédiens, sportifs, présentateurs de télévision, etc se réunissent autour du président qu’ils ont soutenu durant sa campagne. Cette année, la situation sanitaire ne le permettant pas, les vedettes choisies par Joe Biden lui-même donneront une émission spéciale diffusée sur toutes les grandes chaînes du pays. Le présentateur, un certain Tom Hanks, animera ce spectacle assuré par plusieurs artistes tels que Justin Timberlake, Bruce Springsteen, Kerry Washington ou encore Eva Longoria. Sur place, Lady Gaga chantera l’hymne national américain sur les marches du Capitole, et Jennifer Lopez offrira une prestation musicale.

35 mots

35, c’est le nombre de mots que devra prononcer Joe Biden lorsqu’il prêtera serment, une main sur la Bible. Comme le veut la tradition, inchangée depuis l’élection du premier président américain George Washington en 1789, tous les présidents ont répété ces paroles : "Je jure solennellement que j'exécuterai loyalement la charge de président des États-Unis et que du mieux de mes capacités, je préserverai, protégerai et défendrai la Constitution des États-Unis".

3 anciens présidents attendus

Après quatre années d’une présidence isolée de l’administration Trump, le nouveau locataire de la Maison Blanche veut mettre l’accent sur l’unité. Il sera donc entouré de trois anciens présidents américains, et de leurs compagnes : George W. Bush, Bill Clinton et Barack Obama. Seul Jimmy Carter n’a pas répondu positivement à l’invitation de Biden, étant en petite forme physique (il a 96 ans). Donald Trump ne sera pas présent, comme son dernier message à ce sujet l'indiquait. Mike Pence, son vice-président, sera quant à lui bien présent.

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50 États sous surveillance

Selon la police fédérale américaine (FBI), des manifestations de groupes armés pro-Trump sont prévues autour des capitoles des cinquante États du pays. Les autorités craignent ainsi de nouveaux débordements, quinze jours après l’émeute meurtrière du Capitole de Washington. Le FBI redoute même la présence d’engins explosifs, de drones, de voitures béliers et même de tireurs d’élite aux abords des institutions fédérales. La Garde nationale sera donc fortement mobilisée, et ce dans tous les États-Unis.

2 billets par législateur

Cette année, le nombre de participants est largement revu à la baisse. D’habitude, les 535 législateurs de Washington obtiennent près de 200.000 billets du Congrès pour assister à l’inauguration depuis les gradins installés devant le Capitole. Avec les restrictions liées au coronavirus, ces mêmes législateurs n’ont droit qu’à deux billets par personne.

100 premiers jours de l’ère Biden

Dès mercredi, Joe Biden deviendra officiellement le 46e président des États-Unis. Les 100 premiers jours d’un mandat sont symboliquement ceux qui donnent la tendance de la gouvernance d’un président. Pour l’administration Biden, la priorité est la gestion de la crise sanitaire. Port du masque obligatoire dans le plus d’États possible, 100 millions de doses de vaccins injectées, le retour des USA dans les Accords de Paris… autant dire que la tâche est grande pour les premiers pas de Biden à Washington.