De prime abord, ce qui frappe le plus les esprits, c’est le taux record d’abstentions lors de ces élections régionales : 66 % des Français ont préféré rester chez eux en ce jour de vote régional. Est-ce dû à une campagne électorale qualifiée de particulièrement anesthésiante ? Ou plutôt un inquiétant divorce qui s’amplifie entre les électeurs et la politique ? " Le niveau de l’abstention est particulièrement préoccupant, a déclaré dans un tweet le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin à propos de ces élections régionales. Notre travail collectif doit être tourné vers la mobilisation des Français pour le second tour ", a-t-il ajouté. En une semaine, la tâche s’annonce plus que compliquée.

Le politologue français Bruno Cautrès n’a pas hésité à parler d’un " effondrement de la participation électorale ". " Nous sommes devenus une démocratie électorale par intermittence. Un lever de rideau tous les cinq ans (lors de la présidentielle) et après les spectateurs quittent la salle… ", a-t-il ajouté avant de conclure : " l’ambition d’Emmanuel Macron de redonner aux Français la confiance dans la politique n’a pas fonctionné ".

LE RN battu

À 20 h, à la fermeture des bureaux de votes, les premiers sondages Elabe et Ipsos indiquaient que les Républicains (entre 27,2 % et 29,3 %) arrivaient en tête de ce premier tour de ces élections sur l’ensemble du territoire, devançant le Rassemblement National (entre 19,1 % et 19,3 %), la gauche (entre 16,5 % et 17,6 %) et le parti du président Emmanuel Macron, La République en Marche (10 % à 11 %).

Les sondages avaient prédit une forte poussée du RN. Elle a finalement été contenue puisque le parti a enregistré 9 % de voix en moins qu’en 2015. Il semble que le parti d’extrême-droite ne soit nulle part en position de l’emporter au second tour ce qui constitue évidemment une défaite pour Marine Le Pen et lui donne un très mauvais signal avant les présidentielles prochaines. Ce qui a fait dire au secrétaire du PS Olivier Faure, sur France 2 : " Il n’y a rien de fatal, il y a une espérance qui peut se lever contre la prédiction d’un second tour de la présidentielle 2022 opposant Le Pen à Macron ".