Les rumeurs qui entourent les départs de Dominic Cummings et de Lee Cain du 10 Downing Street sont nombreuses, mais l'une d'entre elles retient tout particulièrement l'attention des médias. Il se murmure ainsi dans les rangs du pouvoir que la fiancée de Boris Johnson aurait joué un rôle important dans les démissions successives des deux hommes représentant l'aile dure des Brexiters, prête à une sortie sans accord de l'Union européenne. Selon plusieurs médias britanniques, c'est en effet Carry Symonds qui aurait, en partie, déclenché cette guerre interne, en refusant la nomination de Lee Cain comme directeur de cabinet. Un refus auquel se seraient joints plusieurs députés conservateurs. Mais c'est toutefois vers la fiancée du Premier ministre que les regards se sont tournés. Des proches de Cummings se sont exprimés dans la presse britannique estimant que la jeune femme de 32 ans tirait les ficelles. Ceux-ci ont également ajouté qu'elle acquérait de plus en plus d'influence, assurant qu'elle "ne voulait plus exercer son pouvoir derrière le trône, mais bien s'asseoir dessus".

Un parcours sans accroc jusqu'à sa rencontre avec le maire de Londres

Mais c'est précisément grâce à son talent et à sa détermination que la jeune femme a réussi à très vite grimper les échelons. Diplômée avec la mention "très bien" à l'université de Warwick, elle entre au parti conservateur comme attachée de presse en 2009. Elle ne tarde pas à être nommée "seconde attachée de presse la plus influente" par le magazine Week.

C'est dans l'exercice de ses fonctions que la jeune femme rencontre, en 2012, Boris Johnson, alors maire de Londres. Elle participe notamment à sa réélection à la tête de la capitale britannique. Leur rapprochement fera naître des rumeurs qui vont pousser Johnson, marié à Marina Wheeler, à avouer leur liaison, en 2017. S'ensuit un divorce faisant les gros titres au Royaume-Uni, mettant un terme à une union qui a duré 25 ans. Carry Symonds se retrouve sous le feu des projecteurs. Mais cette attention médiatique est loin d'être à son avantage. Dépeinte comme une briseuse de ménage, la nouvelle compagne de l'actuel Premier ministre va se faire discrète pendant le début de leur relation.

Mais la jeune femme que l'on dit très ambitieuse dans les rangs des conservateurs n'en continue pas moins d'oeuvrer au sein du parti. "Elle veut arriver au sommet", confie alors l'un de ses collaborateurs. Cheffe de la communication à l'ère Theresa May, elle partage avec la Première ministre, une vision plus modérée du Brexit, en faveur duquel Carry Symonds s'est malgré tout prononcée. Elle quitte toutefois le parti un peu plus tard dans l'année 2018, pour rejoindre le département communication de l'entreprise Bloomberg.

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Une influence de taille sur Boris Johnson ?

Mais ce qui intéresse avant tout la communicante, c'est l'écologie. Elle a fait de la lutte contre le réchauffement climatique et la protection animale son cheval de bataille. Elle réussirait même à glisser certains points à l'agenda de son compagnon avec qui elle emménage au 10 Downing Street, après son élection en juillet 2019. Ils réalisent ainsi une première dans l'histoire du pays, puisqu'aucun couple non-marié ne s'y était jusqu'alors installé. Ils ne tardent pas ensuite à annoncer la venue de leur premier enfant. Mais testé positif au coronavirus, Boris Johnson doit vivre séparément de sa compagne enceinte et est même hospitalisé plusieurs jours. En avril 2020, naît finalement Wilfred.

Beaucoup estiment que la fiancée du Premier ministre exerce actuellement une importante influence à Downing Street. C'est précisément parce qu'elle tirerait les ficelles dans l'ombre qu'elle aurait évincé Dominic Cummings, qui aurait jusqu'alors manifesté une certaine emprise sur Boris Johnson. Mais ces rumeurs sont vues par l'historienne britannique, Mary Beard, comme le résultat d'une vieille habitude européenne. Interrogée par le Courrier International, elle a ainsi expliqué que "voir la main d’une femme derrière des décisions controversées était un classique en Occident depuis le début de l’Empire romain".