Nos confrères de TF1 ont obtenu une interview exclusive du président français après son arrivée à Kiev.

Près de quatre mois après le début de l'invasion, Emmanuel Macron s'est rendu sur les terres du conflit . Peut-on interpréter cette visite comme une sorte de soutien aux Ukrainiens ? : "C'est une manière claire et nette d'apporter le soutien de la France et de l'Europe à l'Ukraine. Les combats sont terribles avec des centaines de morts chaque jour. Le peuple est dans une situation difficile. Notre devoir était de venir en apportant une aide financière, humanitaire et militaire. Nous sanctionnons la Russie pour qu'elle arrête cette guerre mais le message est clair".

Le président réélu souhaite-t-il une défaite militaire russe? " Je souhaite que l'Ukraine retrouve la liberté car elle défend sa souveraineté territoriale, son indépendance et nos valeurs. C'est le sens du soutien que nous apportons."

"Nous n'avons pas à décider des conditions de la fin de cette guerre à la place des Ukrainiens"

Selon Emmanuel Macron, personne d'autre que l'Ukraine n'a à décider des conditions de la fin du conflit. "Notre devoir, c'est de nous tenir du côté du droit international et donc de l'Ukraine. Cette guerre va durer mais nous n'avons pas à décider des conditions de la fin de cette guerre à la place des Ukrainiens. Soit il y aura une victoire militaire, soit des négociations qui s'ouvrent".


Le président est ensuite revenu sur ses rapports avec son homologue ukrainiens, Volodymyr Zelensky, que certains voyaient tendus. "Ils ne se sont pas refroidis. J'ai d'ailleurs été le premier dirigeant du monde à le recevoir quand il était candidat entre deux tours. Certains ne comprennent pas que je puisse continuer à discuter avec Poutine. Je l'ai fait parce que je pense que c'est le rôle de la France. Me rendre en Russie ? Cela supposerait des conditions préalables et donc des gestes de Poutine. Je continuerai à lui parler en transparence avec le président ukrainien et à condition que ce soit utile".

L'Ukraine peut-elle adhérer à l'Union Européenne ? Aucun doute pour Emmanuel Macron, même si la démarche prendra du temps. " Nous n'avons pas le droit de dire aux Ukrainiens de revenir plus tard. Nous sommes prêts à leur reconnaitre maintenant ce statut de candidat à l'adhésion à l'UE. Ce processus va cependant prendre du temps. Ils ne seront pas membres demain. Il y a beaucoup de chemin à parcourir mais c'est un signal d'espoir".

Le président français est également revenu sur son discours polémique avant son départ en Ukraine. " Je ne vais pas faire de commentaires politiques ici. Je veux que nous mesurions tous le moment où nous avons à faire ce choix démocratique (les élections législatives en France, NDLR). A deux heures et demi de Paris, il y a la guerre. Ce n'est pas une abstraction, toute la région est déstabilisée".

Avant de conclure. "Cette guerre, nous ne savons pas quand et où elle s'arrêtera. La déstabilisation, nous la vivons dans nos vies. Etre ici, c'est protéger notre pays. Les prix de l'essence, du gaz ou des courses qui augmentent sont liés à ce conflit. La Russie nous met la pression. Il faut prendre des décisions exceptionnelles dans des temps exceptionnels".